‹ Les Chants secretsChapitre 49 sur 51 · ÉQUILIBRE · texte numérisé non relu

ÉQUILIBRE

Ah ! ce qui serait beau, ce qu'il faudrait pouvoir, C'est dompter l'éternel vertige de son être, Ses éblouissements comme son désespoir, Et conduire sa vie harmonieuse en maître !

Contempler ses bonheurs en s'en émerveillant Et pleurer quand le sort en balaye la cendre. Mais toujours, d'un esprit lumineux et vaillant, Goûter la volupté suprême de comprendre.

Sentir en soi vibrer l'instinct supérieur ; Savoir trouver, car tout au monde se relie, Le rayon clair au fond de la pire douleur Comme en chaque délice une mélancolie.

Etre homme, mais devant les rages du destin Garder une cadence égale dans son torse. Et la lucidité de son regard hautain.

Et la stabilité nerveuse de sa force.

Soumis à la douceur, soumis à l'âpreté Des vents capricieux qui vous prennent pour cible, S'affranchir fièrement d'un seul coup d'œil jeté Sur la perpétuelle aurore du possible.

Et sans regarder fuir l'espace ni le temps, Ni les tourbillons fous dont on croise les voies. Fendre d'un front serein, sans troubles haletants, Le houleux infini des peines et des joies.

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