‹ Les Chants secretsChapitre 7 sur 51 · AUX JEUNES ÉCRIVAINS · texte numérisé non relu

AUX JEUNES ÉCRIVAINS

TOMBÉS SUR LE CHAMP DE BATxVILLE

Après une lecture du Bulletin des Écrivains.

Ah ! ce n'est pas ainsi que vous deviez mourir ! Il fallut donc, fronts lourds de l'œuvre commencée, Que le meurtre hagard vînt sur vous s'assouvir Et que le plomb brisât tant de jeune pensée !

Il fallut donc, beaux fronts que l'on vit, lumineux.

Incliner vos ferveurs pensives sous la lampe,

Vous évoquer soudain fracassés et hideux

Dans des champs infernaux où l'horreur blême rampe !

Tous nos morts sont égaux, d'une âpre égalité ; Mais votre sort est grand de ce qu'il symbolise : Vous êtes l'art saignant sous la brutalité, Le rêve aux pieds du crime et de la convoitise !

Adieu! Du corps glacé l'âme éternelle sort. Et vous vous évadez de la fureur humaine... O Seigneur ! conduisez le doux poète mort Dans un astre où l'amour a dévoré la haine !

Janvier /yij.

A J. M. RENAITÔUR

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