DERNIER RAYON
Lorsqu’il eut pleinement vécu sa large vie,
Et que, tranquille, heureux, sans honte, sans envie. Il sentit le couchant de son être venir.
Il monta sur le mont afin de mieux mourir.
Et tendant ses deux bras vers le foyer de l’Astre, Vers le cœur du Soleil qu’il aimait, Zoroastre Ouvrit sur l’infini plus largement ses yeux.
Et les arbres tremblants, les rocs silencieux,
Les sources des vallons et les blés des campagnes Virent un long rayon tomber sur les montagnes,
Une invisible main de lumière et de paix
Écarta brusquement les nuages épais
Qui cachent aux voyants l’âme éparse du monde,
Et Zoroastre entra dans la clarté profonde,
Le Mage redevint un rayon de soleil.
LE COUCHANT
0 cœur, cœur soucieux de ton dernier sommeil, Ce soir, tu te souviens de cette étrange histoire, Et tu vois sans terreur s’avancer la nuit noire Sur ta lente pensée et ton sang obscurci, —
Car râme de tes chants est le soleil aussi.