‹ Les chants séculairesChapitre 48 sur 62 · VÉNUS OFFERTE · texte numérisé non relu

VÉNUS OFFERTE

Sur le lit de satin, Delphique, où tu reposes,

Au milieu des coussins d’où tu me tends les bras, Titien a secoué sa corbeille de roses,

Et Manet a tassé les dentelles des draps.

Le ruisseau de cheveux où ma volupté joue. Ces yeux où les Plaisirs allument leur brasier. Le marbre de ce front, la fleur de cette joue Boivent tous mes désirs sans se rassasier.

Quand ton corps ruisselant des torrents de la joie S’empourpre comme au soir les vallons de Paros, Au bord du lit défait, dans son long bas de soie Ta jambe balancée est le jouet d’Éros.

LK COUCHANT

Mais voici qu’au reflet des flambeaux que J’allume Vénus a promené sa torche sur tes seins,

Et c’est l’Olympe entier qui t’orne et te parfume Sous les rideaux froissés, sur les larges coussins.

D’autres évoqueraient les coupes et l’amphore,

Te jetteraient les noms de ta divinité...

Titien, Vénus, Paros, vanités! Métaphore!

Je ne crois qu’aux splendeurs de ta réalité.

Je sais quand je te vois, je sens quand je te touche Que l’immortalité ne vaut pas tes baisers.

Quand les fruits de ta chair me fondent dans la bouche Le firmament descend dans mes sens apaisés.

Mais toi, ton long regard humide me supplie.

Et de ton cœur gonflé les larmes vont jaillir.

Au fond extasié de ta mélancolie Je vois le monde défaillir.

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