‹ Les chants séculaires. Préf. de Louis BertrandChapitre 47 sur 63 · NOCTURNE · texte numérisé non relu

NOCTURNE

Le crépuscule lentement Descend sur ma petite ville. Sous les feuilles, un long moment.

L'eau des vieilles fontaines brille.

C'est l'heure, au pied des vieux remparts, Quand Fanirélus sonne aux églises.

Où sous les pins des boulevards Les ménagères sont assises.

Alors, dans les derniers rayons Empourprant le mur des usines, Le lourd marteau des forgerons Uépond au rire des voisines.

Mais tous les bruits sont étouffés Par le charme de la soirée.

Sur la terrasse des cafés Tombe l'ombre lente et dorée.

Les grands platanes, sur le cours, Parlent entre eux des gens qui passent. Les jets d'eau meurent dans les cours, Dans l'ombre les balcons s'effacent.

Sur la mousse des murs vieillis Les marronniers traînent leurs branches, Et les clédas à fleurs de lys Fleurissent les façades blanches.

Le bon Dieu dore le blason Des hôtels qili lui sont fidèles, Mais moi, le toit de ma maison .

Est tout plein de nids d'hirondelles.

Le soir tombe sur les jardins, Les boutiquiers mélancoliques A leurs vieux rêves citadins Mêlent de verte? bucoliques.

Mille parfums (rainent épais, Le vent caresse la campagne.

On peut voir du pied des remparts Le couchant rosir la montai^ne.

Des chèvres courent dans les prés, Les Journaliers gagnent la ville.

Sous les rosiers et les cyprès Là-bas rôde TAmour tranquille.

Vénus se montre à l'horizon.

La campagne est pleine de brume.

La nuit vient. Dans chaque maison Une étoile, un Uambeau s'allume.

Le clair de lune lentement Fait le tour de chaque charmille, Les jardins tremblent, par moment Une statue, un jet d'eau brille.....

Et sur la place du Marché La nuit est à ce point sereine Qu'on voit au pied du vieux clocher La lune boire à la fontaine. • *

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