E. — LES SPICULBS DE SPONGIAIRES
Le schiste du Bois d'Asson contient de nombreux spicules de spongiaires qui sont très visibles sur les coupes verticales et sur les coupes horizontales. Ces organites sont bien plus faciles à voir que les Diatomées; ce sont eux qui frappent tout d'abord quand on examine les coupes. J'ai relevé cinq sortes de spicules, savoir :
(i) Entre le {çrand Orthosira du schiste du Bois d'Asson et notre Orthosira arenaria il y a des difTérences d'ornementation des valves et des bords qui ne permettent pas dUdentifier les deux espèces. La plante tertiaire représente une autre forme spécilique du genre Orthosira L'identité générique est certaine, notre O. arenaria est la forme actuelle qui se rapproche le plus de la Diatomée fossile. ~ Ce grand Orthosira tertiaire a des valves très robustes qui n'ont pas été brisées avec l'action du retrait.
LES CHARBONS HUMIQUES ET LES CHARBONS DE PURINS rj
Des spicules en navette à canal axial étroit, a (fig. 68, PL VI) ;
Des spicules en navette à canal axial large, <r v (fig. 68, PI. VI);
Des spicules haltériformes (fig. 69 A et B, PL VI) ;
Des spicules longs à surface hérissée de pointes saillantes;
Des spicules sphérulaires à coque mince, <sa (fig. 68, PL VI).
Les spicules en navette sont de grands spicules légèrement arqués, pointus aux deux bouts, avec une coque épaisse et un canal axial étroit. La surface de ces spicules ne présente pas d'épines, elle est souvent comme légèrement rugueuse ou corrodée. Ces spicules sont relativement lourds. On les voit couchés à plat, orientés en tous sens dans le plan, avec une majorité d'éléments placés parallèlement aux grandes fractures longitudinales du schiste. Il en résulte que les coupes verticales transverses montrent la grande majorité des spicules coupés transversalement. Ces spicules sont isolés ou réunis par petits groupes. Le canal de ces spicules est rempli par la gelée jaune pâle que j'ai signalée dans la cavité des disques d'Orthosira. Ck>mme celle-ci la gelée jaune des spicules est presque toujours dépourvue de bactérioîdes, le bitume y a pénétré quelquefois par diffusion (i). Je n'ai jamais vu le bitume entourer directement ces spicules. Les spicules lourds sont très abondants. La blancheur de leur paroi, leur canal central et leur grande taille, en moyenne 4^0 u X si5 [ji, les rendent très visibles (fig. 68, PL IV). Ils correspondent aux spicules en navette du parenchyme général de la Spongilla fluçiatilis. La manière dont ces spicules sont posés montre qu'ils ont été soutenus par la gelée fondamentale. Celle-ci les arrêtait dans leur chute.
Les spicules en navette à coque mince ont la même forme que les précédents. Par suite de la minceur de leur coque le canal est extrêmement large et le spicule est léger. Ces spicules
(i) Je dis que le bitume a pénétré en ces points par diffusion et non • par injeetion parce qu'il s'y présente beaucoup moins colore que dans les gouttelettes et dans les lames bitumineuses.
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ont lisses, lenr surface n'est pas corrodée. Leur cavité est omblée par de la gelée jaune clair. Ces spicules sont rares. *eut-£tre ne sont-ils qu'une forme des spicules lourds.
Les spicules haltériforraes (fig. 69, PI. VI), présentent un lorps central k caaal étroit terminé à ses deux extrémités par me sorte de petit fuseau légèrement arqué. Il n'y a ni verrue d pointes sur le corps médtan ni sur les fuseaux transverses. 1 s'agit là de spicules comme ceux qui sont localisés au pourour des grands canaux de la Spong-illa fiuviatilis. Les spicules laltériformes de l'éponge tertiaire étant beaucoup plus simples [ue ceux de notre éponge d'eau douce, les spicules haltériormes de la Spongilla sont beaucoup moins nombreux que es spicules en navette. De même les spicules haltériformes ont beaucoup moins nombreux que les spicules de la première niégorie. Ce sont aussi des spicules lourds que la gelée bndamentale a retenus en suspension.
Je n'ai rencontré que deux fragments de spicules longs à »nal étroit, à paroi épaisse couverte extérieurement de forts ubercules coniques. Je n'ai pas vu las extrémités de ces spiniles. Il y a là l'indication de spicules particulièrement denses, ^s fragments ont été observés sur des coupes horiEOOtales.
Les spicules sphérulaires sont très nombreux (fig. 68, PI. VI), eur taille est très variable, les plus petits exemplaires deviennent liflicilement visibles. Ils sont uniformément répartis à travers onte la masse. Les plus petits d'entre eux, d'une légèreté txtréme, ont été entraînés dans la gelée de remplissage des léchirures horizontales avec les Diatomées légères. Ces spicules iphérulaires ont une forme sphérique, une paroi très mince, ragile, lisse. Us sont remplis de gelée jaune claire. Le bitume r a souvent pénétré par diffusion. Le bitume ne les enveloppe amais directement. Un grand nombre de ces spicules sphémaires sont elTondrés.