LE SCHISTE BITUMINEUX DE L'ALLIER
HOMMAIRB :
§ 1 — O qu'est le schiste bitumineux de TAIlier. — 11 représente un nouveau type de charbon : les charbons de purins. — Origine des échantillons étudiés. — La composition chimique du schiste dans le banc des Têtes -de- Chats.
§ II. — Caractères macroscopiques du schiste des Tétes-de-Chats diaprés la roche vue en morceaux et d'après les coupes minces vues par transparence.
§ m. — Description de la gelée fondamentale.
a. — La gelée fondamentale non contractée ou très faiblement contractée d'après l'aspect qu'elle présente dans les parties siliciiiées.
6. — La gelée fondamentale d'après ses parties contractées et solidifiées.
c — La contraction de la gelée fondamentale.
d. — La rétention du bitume par la gelée fondamentale.
. — La rétention de la matière minérale par la gelée fondamentale.
§ IV. — Les corps accidentels du schiste des Tètes-de-Chats.
a. — Les diverses catégories de corps accidentels qui se
rencontrent dans le schiste des Tétes-de-Chats.
b. — Les grains de pollen.
c . — Les spores.
d. — Les fleurs d'eau.
e. — Les thalles de Zoogleites elaverensis.
/. — Les menus débris humiliés.
g. — Les lamelles micacées.
h. — Les coprolithes.
i . — Les os et les écailles isolés.
§ V. — L'intervention bitumineuse.
§ VI. — Les matières minérales tardives.
§ Vil. — Conditions géogéniques de la formation des schistes bitumineux de l'Allier.
§ Vlll. — Caractéristiques du schiste bitumineux de l'Allier.
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§ I. — Ce qu'est le schiste bitumineux de F Allier. Il représente un nouveau type de charbon : les charbons de purins. — Origine des échantillons étudiés. — La composition chimique du schiste dans le banc des Tétes-de-Chats,
La roche de Ceara nous a fait connaître an charbon humiqne dont la gelée brune s'est précipitée dans une eau contenant une petite quantité de matières animales. L'existence des matières animales a été établie par la présence des Cypris. La puissance nutritive plus grande de cette eau génératrice a été indiquée comme conséquence de la présence d'une Mucédinée. Dans le schiste bitumineux de l'Allier, la gelée fondamentale, chargée d'une proportion sensible de matières stercoraires provenant de coprolithes éparpillés dans toutes ses parties, a sa capacité de rétention du bitume fortement accrue. Elle se contracte davantage. Il en résulte un nouveau type de charbon. Gomme les .eaux brunes génératrices de cette nouvelle classe de charbons ressemblent à Feau rousse de nos purins par leur charge en matières organiques d'origine animale, je les ai désignés sous le nom de charbons de purins. Les coprolithes n'étant pas la matière dominante je ne pouvais aller jusqu'à dire charbons de coprolithes ou charbons guamfères. Chaque fois que l'eau génératrice du schiste de l'AUier se diluait suffisamment les Ostracodes y apparaissaient.
Je prendrai comme type du schiste de l'Allier, la roche du banc des Têtes-de-Chats au puits du Méglin. C'est au moment de la formation de ce lit que l'eau génératrice a présenté son maximum de concentration. Tout en conservant les mêmes caractères essentiels dans les autres bancs, le schiste montre une série de petites modifications secondaires qui dénotent une dilution plus grande. La charge en matières minérales s'y accroît
LES CHARBONS HUMIQUBS ET LES CHARBONS DE PURINS l33
beaucoup. On passe ainsi insensiblement à des schistes organiques à Ostracodes, c'est-à-dire à des roches qui ne diffèrent du charbon de Ceara que par leur charge plus grande en matières minérales.
Le schiste des Tôtes-de-Ghats est de la gelée brune chargée de matières stercoraires solidifiées et fossilisées en présence du bitume. Cette gelée est fortement chargée de corps accidentels. Les plus importants sont des coprolithes entiers fossilisés en présence du bitume qui ont donné dans la masse de nombreux nodules de charbon coprolithique pur. La gelée fondamentale est aussi très chargée de pollen et de menus débris végétaux humifiés. Elle est fortement déchirée. Dans sa masse et dans ses déchirures la matière minérale s*est abondamment localisée. Dans ce banc des Têtes-de-Chats le schiste bitumineux de TAllier doit être regardé comme un charbon parce que la matière organique prédomine encore optiquement sur la matière minérale et qu'elle donife à la roche ses caractéristiques essentielles. Toutefois il y a 77,1a pour cent de matières minérales, et dans les régions où ces matières sont encore plus abondantes, ce sont elles qui deviennent facilement rélément prédominant de la roche. On est donc près de cette limite où la roche cesse d'être un charbon pom' devenir un schiste organique dans lequel la trame organique joue un rôle très important.
Le schiste bitumineux de l'Allier est exploité à Buxière-les- Mines, à St-Hilaire et dans la concession des Pla mores, c'està-dire de part et d'autre de la petite ligne de chemin de fer qui va de Cosne-sur-l'Œil à Moulins. Ce schiste est permien (i). J'ai pu disposer pour cette partie de mes études de très nombreux et de très beaux échantillons. Les deux premiers spéci-
(i) Fuchs et Launay. — Traité des gUes minéraux et métallifères, in-8« Paris, 1893. Vol. I, p. 194*
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mens que j'ai analysés m'ont été donnés par M. B. Renault. M. A. Duchet, propriétaire des mines de Buxière, et M. Tingénieur G. Roux, ancien directeur de Texploitation, ont bien voulu, à ma demande, faire prélever dans le puits du Méglin de grands spécimens donnant les divers bancs du schiste dans toute leur épaisseur. On avait même reporté sur ces spécimens Forientation de leurs faces. Ce prélèvement d'échantillons et leur repérage avaient été faits avec un soin extrême par le chef mineur de l'exploitation, M. Dumas. De même M. l'ingénieur Castaignier, ancien directeur des mines de Saint-Hilaire, et M. Laurent, chef mineur, m'ont fait parvenir en grands exemplaires toute l'épaisseur du schiste bitumineux rencontré dans les puits Saint-Charles et Saint-François. J'adresse à tous ces Messieurs l'expression de ma vive gratitude. A leurs noms je dois joindre encore celui de M. l'ingénieur Héliot, directeur actuel de Buxière, et celui de M. l'ingénieur Faibie, directeur actuel de Saint-HilairCi» qui ont mis à ma disposition tous les échantillons dont j'avais besoin lors de la visite que j'ai faite aux gisements de l'Allier.
Grâce à ces conditions exceptionnellement favorables, il m'a été possible d'examiner tous les lits de la formation schisteuse de l'Allier. Je résumerai les détails de ces observations dans une monographie spéciale. Il me suffit dans le présent mémoire où je me propose surtout de donner la notion d'un charbon de purin, de prendi-e les caractéristiques de cette classe de charbons dans le banc où elles sont le plus accusées. Les autres lits me donneront quelques compléments quand il y aura lieu ; ainsi les nodules siliceux du haut de la Grosse Couche nous montreront la gelée fondamentale non contractée. Le haut de la Grosse Couche nous présentera le passage du charbon de purin aux schistes à Ostracodes.
J'ai consigné dans les deux tableaux ci-contre les coupes stratigraphiques des schistes bitumineux de l'Allier.
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