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Ces eaux ont nourri des Mucédinées et des Ostracodes

5. — La présence de ces êtres implique des eaux chargées de matières organiques nutritives et en particulier de matières d'origine animale. La gelée brune n'est donc plus ici cette gelée humique presque pure du schiste du Bois d'Asson ou du Brown Oilshale. A cette gelée humique s'est associée une certaine pro portion de matières animales. La capacité i*étentrice de la gelée brune pour le bitume est ainsi augmentée.

6. — La matière humique précipitée a fait prise en une gelée consistante qui pouvait arrêter la chute des coquilles. Cette gelée relativement concentrée s'est coupée par des fissures obliques

convergentes. De petits glissements locaux s*y sont produits. La gelée continuant de se rétracter, les coquilles ont été brisées. C'est à ce moment que le retrait horizontal a été le plus fort. Plus tard, postérieurement à la formation des oolithes, des fentes horizontales se sont produites. Il ne s'y est pas produit d*exsudat dans retendue des coupes que j'ai observées. Ultérieurement, la matière s*est contractée comme une masse solide. La contraction relative de la gelée par rapport aux coquilles est de 4*87 en volume.

7. — I^ masse organique a été soumise à la fossilisation en présence du bitume. La pénétration de ce bitume a été tardive. La gelée fortement consistante n*était pas encore complètement solide.

8. — La minéralisation a été faible. Elle s'est faite par des eaux calcaires. La calcite s'est localisée successivement dans la gelée fondamentale, dans la matière de remplissage des coquilles entières et dans le bitume ; puis, quand la masse a été solidifiée, à travers toute la masse.

Comme conditions géogéniques nouvelles, nous trouvons donc d'une part une gelée humique additionnée d'une certaine quantité de matières d'origine animale, et d'autre part une faible minéralisation de la masse organique. La première permet à la gelée brune de condenser plus fortement le bitume. La seconde laisse à la roche un faciès de charbon.

§ VIII. — Les caractéristiques du charbon de Ceara

I. — Le charbon de Ceara est encore de la gelée brune humique solidifiée et fossilisée en présence d'un bitume. Cette roche est donc un charbon humique.

3. — La gelée brune de la roche brésilienne diffère de celle du schiste du Bois d'Asson et de celle du Brown Oilshale par

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une addition de matières organiques d'origine animale. Par ce fait la capacité rétentrice de la gelée pour le bitume s'est trouvée augmentée.

3- — La minéralisation de la roche a été faible. Ses principaux agents sont la calcite et la pyrite. L'analyse accuse 4o,65 pour cent de matière minérale dont an^^o pour cent de carbonate de calcium. La plus grande partie de ce carbonate est individualisée dans les oolithes. 11 reste environ i8,a5 pour cent de matière minérale incorporée à la masse. La roche esl carac* térisée conmie charbon à la fois microscopiquement et macroscopiquement par suite de la prédominance de la matière organique. La roche de Ceara nous montre l'aspect du charbon produit par une gelée fondamentale imprégnée de bitume. C'est le faciès type des charbons humiques ou schistes bitumineux.

4- — La roche de Ceara ne mérite pas le nom de boghead qu'on lui donne parfois dans le commerce. La gélose n'intervient pas dans sa masse. Les organismes gélosiques y sont à l'état de rareté. Ainsi j'ai trouvé un seul thalle dans un ensemble de sections couvrant une surface de 54 centimètres carrés.

5. — La gelée fondamentale a une structure uniforme dans toute sa hauteur. Elle est très finement et très nettement stratifiée. Elle était à un état d'humification assez avancé, le même pour tonte la masse. Elle est donc plus colorée que la gelée du schiste du Bois d'Asson. Elle n'a pas les zones orangées du Brown Oilshale. Elle n'a pas donné de coi*ps jaunes dans ce charbon.

6. — En se déposant la matière humique s'est prise en une gelée consistante. Les lambeaux végétaux eflilochés y sont bien étalés et largement soutenus. Les coquilles d'Ostracodes ne s'y enfonçaient pas. La gelée n'a pénétré qu'à l'embouchure de ces coquilles. Cette gelée n'est pas réticulée. Consistante comme la gelée du Brown Oilshale, elle s'est coupée par des fentes obliques convergentes et très localisées. De faibles déplacements

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se sont produits. Après le glissement, la plupart de ces coupores sont demeurées exactement fermées et ces dislocations ne sont pas perceptibles macroscopiquement sur les petits échantillons. Ils ne sont visibles que sur les coupes minces.

7. — Ultérieurement, le retrait de la gelée a déterminé la rupture des coquilles d*Ostracodes. Cest dans cette période que le retrait horizontal a eu son maximum d'intensité. La partie médiane des valves brisées a été ondulée, les bords ont été redressés ou infléchis. Plus tard encore, postérieurement à la formation des oolithes, de petites déchirures horizontales se sont ouvertes. La matière était déjà suffisamment ferme dans les parties que j'ai étudiées pour ne pas émettre d' exsudât dans ces nouvelles déchirures. Elles ont été comblées par le bitume. Après la consolidation du bitume, la matière du charbon de Ceara, complètement solidifiée, n'a reçu de l'action du retrait que quelques petites fentes horizontales où la pyrite a pénétré massivement. Ces dernières fentes ont ouvert de nouveau quelques coupures primitives, mais la plupart se sont locedisées dans les lits les plus chargés en menus débris humifiés.

8. — Par rapport aux coquilles d'Ostracodes demeurées entières, la contraction de la gelée fondamentale a été trouvée de a,5 sur la verticale et de i,5 à i,3 sur le plan horizontal. Cest une contraction relative de 4*^7 ^^ volume. En multipliant 4*87 par le coefficient de contraction absolu des coquilles qui est inférieur à a, 5, cette contraction est tout à fait insuffisante pour expliquer l'accumulation de matières hydrocarbonées que l'analyse accuse dans la masse et qui s'élève à 58, i a pour cent. L'enrichissement de la matière humique résultant de la pénétration et de la rétention d'un bitume dans sa masse est donc évident.

9. — Comme dans les gelées plus fortement htimifiées, l'opposition de couleur d'une part, et d'autre part une réfrin-

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gence plus faible de la gelée mettent particulièrement en évidence les corps jaunes qui y sont enfouis. Le pollen, les spores, les thalles s'y détachent très nettement. Les corps jaunes sont rares dans le charbon de Ceara. Ce sont des grains de pollen composés tétracellulaires comme ceux de Bicornes (Erica, Rhododendron, etc.), quelques spores fuselées et costulées, des spores tétraédriques et une algue gélatineuse rarissime. Il y a 80 grains . de pollen par millimètre cube. Ce pollen tétracellulaire fournit une caractéristique très commode du charbon de Ceara sur les coupes minces.

10. — La charge de la gelée fondamentale en corps bactérioîdes est faible. Elle concorde avec la faible charge de la masse en menus débris végétaux humiliés. Ce sont surtout den microGoccoîdes de taille variable, o (jl ti à o ;jl 8, très brillants. Les plus gros sont buUaires et passent aux macrococcoïdes. Les micrococcoïdes sont parfois groupés en amas aplati» ou discoïdes. Souvent les micrococcoïdes sont entoui*és d'un petit ciistal de calcite. Il y a ainsi des amas cristallins zoogléiformes. Les baoilloides sont rares, inclinés ou dressés. Les bactérioîdes sont répartis ii*régulièrement dans la masse. Ils sont rares et par petites plages à l'entrée des coquilles et' dans les fentes horizontales tardives. Ce dernier caractère contraste fortement avec ce que nous a montré la matière de remplissage des fentes horizontales renconti*ées dans le schiste du Bois d'Asson.

11. — La gelée fondamentale du charbon de Ceara ne présente pas de matière argileuse individualisée.

la. — Les débris humifiés y sont très peu abondants. La plupart sont de grands lambeaux de parois cellulaires végétales noir brun, très altérées, ellilochées. 11 y quelques petits lambeaux chitineux et de rares cuticules animales.

i3. — Ce charbon contient de petits pelotons aplatis composés de spores et de filaments mycé liens d'une Mucédinée. Ces restes fournissent une caractéristique commode de la roche

de Geara. Ce caractère n'est facile à lire que sur les coupes horizontales. Sur les coupes verticales, ces corps pourraient être confondus avec des coprolithes ou avec des pelotes de bitume.

i4- — Le charbon de Geara contient de nombreuses coquilles venant d*un Ostracode voisin des Cypris. Les parties chitineuses et les parties molles de l'animal ont disparu. Il s'agit de coquilles flottées. Elles sont réparties à travers toute la masse. Elles sont couchées sur le flanc, très rarement placées de champ avec la charnière en haut. Les valves sont couplées. Les vedves isolées sont extrêmement rares. La plupart des coquilles ont été brisées. Les valves opposées sont rapprochées, mais elles ne se touchent pas. Dans les coquilles demeurées entières la calcite s'est localisée en oolithes à structure radiée. Ces oolithes et ces coquilles fournissent un caractère commode pour le diagnostic macroscopique du charbon de Geara.

iS. — La Mucédinée de Geara indique une eau génératrice chargée de matières nutritives. Les Gypris impliquent une eau chargée de matières animales. Ges êtres prospèrent en été dans les mares dont les eaux sont souillées par le trop plein des fosses à purin. La gelée brune du charbon de Geara s'est précipitée dans une eau chargée d'une certaine quantité de matières animales.

i6. — La masse organique du charbon de Geara a subi une imprégnation bitumineuse qui l'a enrichie en matières hydrocarbonées. Le bitume est arrivé tout formé. Il a pénétré par diflusion. G est un bitume brun clair peu condensé. Il a été plus fortement retenu par la gelée fondamentale que dans les schistes précédemment étudiés. L'intervention du bitume a été tardive. On le voit isolé dans les fentes horizontales tardives et entre les valves. Le bitume s'est contracté plus fortement que la gelée fondamentale.

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17. — Ce charbon ne contient ni Diatomées, ni spicules, ni parcelles élastiques.

18. — La masse a été minéralisée par de la calcite et par de la pyrite. La calcite s*y présente sons quatre formes principales : i^ En micro-cristaux imparfaits localisés dans la gelée fondamentale ; n® En cristaux allongés disposés radialement dans les oolithes; 3» En cristaux lamellaires parallèles ou bien encore en lamelles formant coque au pourtour des amas bitumineux ; 4° En gros cristaux rhombiques. Les deux premières séries correspondent à des localisations électives de la calcite. Les cristaux de la dernière série se sont faits pendant le retrait de la masse solidifiée. La pyrite est uniformément répartie à travers toute la gelée en petits cristaux dodécaédriques et en amas microcristallins. La pyrite a pénétré massivement par les dernières fissures de la masse solidifiée.

19. — La roche de Geara est un charbon humique dont la gelée fondamentale s*est déposée dans une eau chargée de matières animales. La gelée fondamentale, très légèrement modifiée, a i*etenu plus fortement le bitume. Les conditions locales n'ayant permis qu'une faible minéralisation par des eaux calcaires, la matière nous présente le faciès type des charbons humiques ou schistes bitumineux. La très légère modification des conditions géogéniques indiquée par la présence de matières animales de l'eau brune génératrice va nous permettre de comprendre maintenant la genèse des charbons de purins.

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