B. — LA RÉTENTION DE LA MATIÈRE MINÉRALE PAR LA GELÉE FONDAMENTALE
Je n'ai pas observé de localisation de la matière argileuse en grands cristaux dans la gelée brune des Têtes-de-Chats.
Dans les parties finement fissurées la matière fondamentale est criblée de petits cristaux. Il ne s'agit là probablement que d'une localisation tardive très indirecte de la matière minérale. Celle-ci vient combler un retrait de la gelée brune. Cest cer-
l5o G. KG. BERTRAND
tainement le cas poar tous les cristaux développés dans les régions plus largement réticulées.
La gelée brune a cependant subi dans le schiste de TAUier deux sortes de minéralisation qui dénotent Tune et l'autre une action élective spéciale de cette gelée pour la matière minérale.
Dans les grandes fentes, comblées par l'exsudat à bactérioïdes, j'ai indiqué déjà que la matière minérale est localisée en quantité suffisante pour se montrer au microscope polarisant. Elle y est uniformément répartie. Les cristaux y sont horizontaux. La disposition en colonnettës rayonnées, constatée dans le schiste du Bois d'Asson, ne se retrouve pas ici. Cette première localisation est extrêmement nette. Elle établit une différence précise entre Texsudat des grandes fentes et la gelée à bactérioïdes déchirée en grandes mailles des régions à grands cristaux (voir le bas de la fig. io5, PL X).
L'autre localisation est celle qui a donné les nodules siliceux. Dans la Grosse Couche la silice s*est localisée sur certaines portions de la gelée brune. Cette localisation a été hâtive, antérieure à la réticulation de la masse voisine, puisque dans les nodules il n'y a aucune trace de tassement ni de réticulation de la gelée. Cette localisation de la silice dépend-elle uniquement des caractères propres de la gelée brune? Je ne le pense pas. Il me semble que nous avons là des faits analogues à ceux du schiste d'Autun. A la suite de fissures dues au retrait de la gelée, la région qui touche les fissures a été modifiée et la matière a acquis une capacité d'absorption de silice très remarquable, de là ces nodules siliceux fissurés d'Autun. Dans la Grosse Couche de Buxière, à part la fissure initiale qui frappe peut-être moins parce qu elle est plus hâtive, il me parait y avoir un fait analogue, c'est-à-dire des modifications locales de la matière fondamentale à la suite desquelles elle devient capable de localiser la silice. A Buxière comme
LES CHARBONS HUMIQUES ET LES CHARBONS DE PURINS l5l
à Autan ces parties siiicifiées nous présentent la matière oi^nique étalée non contractée. Vers la périphérie des nodules de la Grosse Couche, on voit nettement qu'ils résultent de la confluence de points silicifiés isolés.
Dans la couche des Têtes-de-Ghats, la localisation de la silice porte surtout sur la gelée comprise entre les amas d'écaillés provenant d'une même peau de poisson. Ce sont plutôt les résidus du corps de l'animal que la gelée entourante qui ont localisé la silice.
On doit très probablement regarder comme une des caractéristiques de la capacité rétentrice de la gelée fondamentale du schiste de l'Allier pour la matière minérale, la manière dont elle a retenu la pyrite de fer. La matière particulièrement riche en produits sulfurés, chargée de coprolithes éparpillés dans toutes ses parties est criblée de très petits cristaux de pyrite qui ont tendance à s'agglomérer en boules. Ces cristaux sont encore plus abondants au voisinage immédiat des grands coprolithes et dans les parties les plus chargées de débris fortement humifiés.
§ IV. — Les corps accidentels du schiste des Têtes-de-Chats
A. — LES DIVERSES CATÉGORIES DE CORPS ACCIDENTELS QUI SE RENCONTRENT DANS LE SCHISTE DBS TÊTES-DE-CHATS
Les corps accidentels qui chargent la gelée fondamentale sont très nombreux dans le schiste des Têtes-de-Chats. Ils interviennent d'une façon sensible dans la composition de ce charbon. Mais à cause de la structure réticulée que prend ici la matière organique, les coeflicients d'intervention de chaque catégorie de corps accidentels, calculés d'après les méthodes ordinaires, se trouvent fortement abaissés et abaissés d'autant plus que la réticulation est plus forte.
l5a C. E6. BERTRAND
Les diverses catégories de corps accidentels que j*ai rencontrées dans le schiste des Tètes-de-Ghats sont :
Des grains de pollen ;
Des spores ;
Des thalles provenant de flenrs d*eaa ;
Les thalles d'une Bactériacée ou- d'une Cyanophycée : le Zoogleites ela^erensis ;
Des menus débris végétaux humifiés très nombreux ;
Des coprolithes entiers et éparpillés ;
Des écailles ganoîdes et des os isolés ;
Des lamelles micacées.
J'ai recherché, mais sans succès, si dans cette masse très chargée de matières organiques, on ne trouverait pas quelques traces d'Infusoires ou d'organismes analogues à ceux des purins. Je n'ai pas pu montrer l'existence de tels êtres. D'ailleurs on ne doit pas oublier qu'à côté de faits indiquant des liqueurs génératrices riches en matières organiques la masse présente des faits de fixation très remarquables qui dénotent un arrêt brusque des phénomènes de fermentation qui avaient pu s'accomplir antérieurement.
B. — LBS GRAINS DB POLLRN
Les grains de pollen sont extrêmement nombreux dans le schiste des Têtes-de-Ghats. Ces organites y sont couchés à plat, complètement affaissés, les faces opposées étant rapprochées au contact. Ils se présentent comme de très minces lames jaune d'or ou orangé, non différenciées en intine et exine. Leur cavité est difficilement visible. Sur quelques-uns seulement on distingue la partie libre de l'intine qui sépare la cavité cellulaire de la chambre à air. Il s'agit donc de grains de pollen construits comme ceux des Cordaîtes. Très souvent le contour de ces grains paraît légèrement diffiuent. Des grains
voisins adlièrent entre eux. Sur les coupes verticales, il est impossible, de reconnaître s'il s*agit d*une ou de plusieurs espèces de pollen. Sur les coupes horizontales, les grains de pollen échappent à peu près complètement.
Dans les nodules siliceux de la Grosse Couche, j*ai reconnu que les grains de pollen semblables à ceux des Têtes-de-Ghats appartiennent au genre Cordàites, et qu'on en trouve trois espèces très différentes par leurs dimensions. G*est le beau pollen à chambre aérifère coiffant largement une cellule pyriforme que je n'ai vue cloisonnée dans aucune des trois espèces. L'exine était ornée d'épaississements réticulés vers les deux pôles de la chambre à air dans la grande espèce et de perles saillantes dans la petite. On ne peut dire que les petits grains et la forme moyenne sont des états moins développés du pollen de la grosse forme. On rencontre les uns et les autres avec leurs dimensions aussi bien libres qu'enfermés dans des sacs polliniques affaissés. Les dimensions des grains de pollen étalés sont :
Pour la grande forme. .
Pig. lia, PI. IX.
Pour la forme moyenne .
Fig. ii4, Pi. IX.
Pour la petite forme . .
Fig. ii8, PL X.
Diamètre longitudinal.
Diamètre transversal .
Epaisseur du grain (i)
Diamètre longitudinal.
Diamètre transversal .
Epaisseur du graih. .
Diamètre longitudinal.
Diamètre transversal .
Epaisseur du grain
75 à 85 ;jL-
8oà 3o À 35 à
ao {X.
ao (1.
90 |JL-
35|JL.
40 |JL.
lia petite forme échappe complètement sur les sections verticales. Les grains de pollen de la grande forme, complètement étalés et affaissés dans la gelée fondamentale, mesurent 190 (X de longueur et une épaisseur de 6 (i. Si on ne tient pas compte de la réticulation de la gelée, on trouve Q7000 grains de pollen par millimètre cube en moyenne. Les grains sont
(i) Cette épaisseur est comptée du bec saillant au centre de la lame externe de la chambre à air.
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alors nettement isolés, mais par places ces grains deviennent très nombreux. Ils sont juxtaposés et forment des filets jaune d'or qui tranchent nettement sur la gelée rouge-brun. Dans ces filets, le nombre des grains de pollen s'élève à 540000 par millimètre cube. Ce sont de minces lamelles de charbon pollinique.
On trouve quelques masses de pollen provenant d*un même sac sécréteur et assez souvent des sacs polliniques entiers (fig. ii3, PI. IX). Ces sacs sont très affaissés. Autour du pollen on reconnaît la paroi du sac, dont les cellules ont été humifiées. Leurs parois sont à Tétat de corps brun -rouge difficiles à délimiter dans la gelée fondamentale.
Il y a en moyenne 8 à g grains de la petite espèce pour 3 à 4 grains de la forme moyenne et pour un seul de la grosse espèce.
Dans les nodules siliceux de la Grosse Couche les coefiicients d'intervention du pollen sont les suivants :
Coefficient ^vertical o.oaS
Coefficient horizontal o.oaS
Coefficient en volume 0.006
Il y avait d'abondantes pluies de soufre émises par une végétation de Gymnospermes arborescentes.
Sur quelques grains seulement, observés dans un nodule siliceux, j'ai eu occasion d'observer de petites sphères fixées à la paroi de l'intinc par un très petit bec. Ces corps rappelaient des Chytridiacées, toutefois leur contenu protoplasmique, coloré en brun, est muni d'un gros noyau polaire. — Les corps protoplasmiques fixés localisaient le bitume à Buxière comme les protoplastes de Pilas le localisaient à Autun.
LES CHARBONS HUMIQUES BT LES CHARBONS DE PURINS l55