C. — LES SPORES
Les spores sont extrêmement peu nombreuses dans le schiste des Têtes-de-Chats, ^ k ifi par millimètre cube. Dans la gelée contractée elles sont couchées à plat, affaissées. Leur paroi est jaune d'or ou rouge vif avec bordure centrale plus foncée. La cavité de la spore est indiquée par un trait. Ces spores paraissent provenir d'une seule espèce de Cryptogames vasculaires. Sur les sections horizontales elles se détachent nettement. Elles sont tétraédriques. Elles mesurent en moyenne 80 (JL de long et 8 (i d'épaisseur.
Dans les nodules siliceux de la Grosse Couche j'ai trouvé des spores tétraédriques à parois épaisses isolées ou groupées par quatre, à surface légèrement mamelonnée ou rugueuse. Elles mesuraient 60 [jl de long sur 5o d'épaisseur. Elles sont bien étalées sans intine plissée ou cloisonnée, ce qui exclut tout rapprochement avec un pollen à grains agrégés (fig. ii5, PI. IX). Dans ces mêmes nodules j'ai observé d'une façon sporadique quelques spores de Thallophytes.
D. — LES FLEURS d'EAU.
Les fleurs d'eau sont extrêmement rares dans le schiste de l'Allier. Il n'y en a guère que i à 4 P*r millimètre cube. C'est en section verticale qu'elles sont le plus facilement visibles (fig. 106, PI. X). Elles sont représentées par des thalles libres et isolés. Ce sont des corps dont la couleur varie du jaune d'or au rouge vif, ce qui les rend très visibles. Ils sont affaissés couchés à plat. Ils mesurent 75 ^ de long sur i3 fi d'épaisseur. Ces corps sont discoïdes, à cellules rayonnantes affaissées. Leurs parois sont très épaisses, à couches concentriques. Sur la section verticale on aperçoit l'indication des cavités cellulaires sous l'aspect de traits un peu plus sombres
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en forme de virgules irrégulièrement posées les unes sur les autres. La partie renflée de la cellule est extérieure. Il s'agit d'un être paucicellulaire à cellules convergentes. Les cavités cellulaires sont très étroites. Les parois cellulaires sont épaisses, striées, mais sans lamelles moyennes différenciées. Elles sont à rétat de corps jaunes. Je ne connais pas encore suffisamment les caractères spéciaux des sections horizontales de ces êtres pour leur assigner dès maintenant un nom générique. 11 me suffit pour le moment de constater que Tétat de concentration relative des eaux brunes génératrices du schiste des Têtes-de- Chats n'était pas incompatible avec la présence de fleurs d*eau. D'ailleurs, comme on le verra au paragraphe suivant. Pila bibractensis a pu vivre à côté du Zoogleites elaçerensis.
B. — LB8 THALLES DBS ZOOGLEITBS ELAVBRBNSIS.
Les êtres ayant vécu dans les eaux brunes génératrices du schiste des Têtes-de-Chats sont indiqués par une autre catégorie de thalles dont j*ai fait un genre nouveau sous le nom de Zoogleites elaverensis (fig. 107, PL X). Ils diffèrent profondément des fleurs d*eau ordinaires, comme Reinschia, Pila, Thylax, par la nature de leurs parois cellulaires. La gelée interposée entre leurs masses plasmiques^ fossiliflée dans la matière humique en présence du bitume, n'a pas donné, par localisation des carbures éclairants, ces corps jaune d'or si caractéristiques des bogheads. Le contraste est d'autant plus frappant que la gélose des thalles des fleurs d'eau et la membrane des grains de pollen donnent à côté des Zoogleites les corps jaunes ordinaires des bogheads. Il y a donc une différence chimique très nette et très tranchée entre la composition de la paroi des Zoogleites et celle des algues gélosiques flottantes des bogheads.
La présence du Zoogleites est liée à celle d'eaux généra-
LES CHARBONS HUMIQUBS ET LBS CHARBONS DE PURINS iS;
triées chargées de matières stercoraires. Zoogleites disparaît dès que la dilution devient plus forte. Vers le haut du banc, par exemple, lorsqu*on passe au schiste à Ostracode, les Zoogleites disparaissent. D'autre part, j ai trouvé le Zoogleites à Autun, dans un lit de faux boghead, particulièrement chargé de coprolithes. CSe dernier fait montre incidemment que les Pilas, comme nos Eûglènes, prospéraient encore sur des eaux riches en matières organiques d'origine animale.
Le faciès de la plante est celui d'une Zooglée à petites cellules brun-noir très foncées, noyées dans une abondante gelée brun-clair, « café au lait. Ces petites masses sont posées à plat, peu affaissées. La gelée du Zoogleites était donc particulièrement rigide. Ces thalles ellipsoïdes mesurent en moyenne : grand diamètre horizontal, 45 {i; petit diamètre horizontal, 36 p.; diamètre vertical, qo {&. Ces dimensions varient du double à la moitié. Les protoplastes cellulaires sphériques, de i |ji à i j^. a de diamètre, sont uniformément répartis dans cette masse.
L^întense coloration des protoplastes du Zoogleites indique que le bitume y a été localisé par action élective. Il y est arrivé par difiusion à travers la gelée cellulaire. Celle-ci a faiblement retenu la matière bitumineuse. Elle est très peu colorée, brune, et non pas rouge ou jaune d'or. Sa teinte s'écarte donc beaucoup de celle du bitume libre.
Les Zoogleites sont peu abondants, isolés. Là où ils sont le plus nombreux, leur nombre n'atteint pas une douzaine par millimètre cube. Leur intervention dans le volume de la masse est donc inappréciable. Ce corps nous fournit pourtant une caractéristique très commode pour différencier le banc des Têtes-de-Chats des autres lits de la formation. On les ti*ouve dans tojate la hauteur du banc. Sur des coupes imparfaites, Zoogleites peut être confondu avec des fragments alimentaires finement granuleux, tombés de coprolithes éparpillés. La répartition uniforme des éléments cellulaires dans la gelée du Zoo-
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gleites, leur yolume et leur coloration permettent avec quelque habitude de distinguer ces deux sortes de corps. La vague ressemblance que je viens de signaler m'a fait rechercher si Zoogleites ne représenterait pas un état de développement d'une bactérie zooglée existant dans les coprolithes. Je n'ai trouvé aucune indication confirmant cette origine.
Je n'ai pas observé de cellules brillantes comparables aux spores des bactéries dans les thalles de Zoogleites.