‹ Les charbons humiques et les charbons de purinsChapitre 5 sur 52 · OB POLLEN · texte numérisé non relu

OB POLLEN

Les poussières végétales enfouies sans humificatîon préalable dans le Brown Oilshale sont des spores, des grains de pollen, et quelques lames cuticulaires. Comme ces corps sont très peu nombreux et fort minces, ils n'interviennent que pour une part inappréciable dans la masse du charbon de Broxburn, moins de o,ooi. Par contre ces corps sont très variés et témoignent de rintervention de plusieui*s espèces végétales dans les pluies de soufre. Les spores et les grains de pollen du Brown Oilshale sont très isolés, couchés à plat, aflaissés, la face supérieure touchant la face inférieure Ces organites sont vides. Ils sont entier, ou du moins, ils n'ont pas été fendillés par un retrait plus fort de la substance qui les forme. En généi*al ces poussières végétales non humifiées sont à l'état de corps jaunes. Pour quelques-uns la partie interne de leur paroi est plus foncée et brune. Une seule catégorie de spores a ses parois complètement colorées en rouge brun, ce qui dénote une humification antérieure assez intense. Les spores de cette sorte devraient être étudiées avec les poussières humifiées. Je donne ci-dessous une description abrégée des principaux organites que j'ai pu reconnaître dans ces poussières végétales non humifiées.

I. — Grosses spores tétraédriques à parois épaisses. Elles mesurent 83 a sur 80 a. KUes portent une fente tri radiée difficile

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à voir parce qu'elle est ordinairement cachée par les grosses crêtes qui revêtent la surface (PI. IV, fig. ai). Les crêtes sont parfois épineuses. Ces spores sont toujours entières. La zone

profonde de la paroi est colorée en terre de sienne ou en brun

clair, la partie externe plus épaisse est jaune d'or. A cause de leur forme et de leur structure on doit les considérer comme des macrospores de Cryptogames vasculaires. Ces grosses spores sont relativement fréquentes. Elles sont faciles à voir. Ce sont elles que Ton remarque tout d'abord. J'ai vu quelques spores présentant les mêmes ornementations,, mais sensiblement plus petites. S'agit-il des spoi*es incomplètement développées, ou bien s'agit-il des spores d'une autre espèce du même genre?

3. — Gi*osses spores tétraédriques moins volumineuses que les spores i, à parois épaisses mais lisses, sans trous et sans crêtes. Elles sont toujours déchirées, incomplètes. Cette seconde sorte de spoi^es est très rare. J'y vois une autre espèce de macrospores, de Cryptogames vasculaires.

3. — Spores tétraédriques à fente triradiée, ayant un diamètre de 5o [X. Elles n'ont pas de crêtes. Elles portent des trous très profonds (fig. aa, PI. IV). La paroi de ces spoi*es est orangée ou légèrement brune, elle a subi un commencement d^humification. Ces spoi*es sont rares, elles viennent d'une troisième Ci*yptogame vascuLaire à macrospores très petites.

4. — Spores à surface fortement chagrinée se présentant comme un disque par le fait de leur affaissement (fig. o3, PI. IV). Elles n*ont pas de fente. Elles mesurent 5i {x sur 4^ fi. Elles sont à l'état de minces lames jaune d'or. Ces spores sont fréquentes. Ce sont encore des macrospores affaissées d'une quatrième Cryptogame vasculaiin;.

5. — Spores à parois minces portant à leur surface un très (in réticulum. Elles mesurent 3i [t. sur a8 fi. Elles consistent en très minces lames jaune d'or. Elles sont ti*ès rares (Og. 24* PI. IV^. Je les considère comme des microspores ou comme les

spores d'une Ptéridophyte homosporée. Ces cinq premières sortes de spores pi*o viennent des pluies de soufre. Il en est de même des grains de pollen.

6. — Il y a une sixième sorte de spores très difféi^ente des autres. Elle provient peut-être d'organismes ayant vécu dans Teau génératrice du Brown Oilshale. Ce sont de petits corps arrondis ou ovoïdes mais déprimés d*un côté. Ils mesurent seulement ao (i. sur iq à i5 (jl. Ils ont un trou rond ouvei*t ((ig. a5 A et B, PI. IV). La paroi rigide est lisse sans saillie ni ponctuation. La paroi est brun clair. Elles rappellent Tenveloppe des kystes géants des Chytridinées, mais leur grande taille me paratt s'opposer à cette attribution. Ces corps sont assez fréquents.

Les grains de pollen se présentent dans le Brown Oilshale sous Tapect de membranes rouge brun, très minces, chiflbnnées. Chaque membrane est un sac affaissé. On ne voit ces corps que sur les sections verticales. Par suite de leur extrême minceur ils échappent à V observation dans les coupes horizontales. Leur réfringence et leur coloration propres ne suffisent pas à souligner leur présence dans la matière fondamentale où ils sont noyés (i). Ces corps constituent de minces écailles brunes. La taille de ces organites parait très variable, cela tient surtout à la manière dont ils sont coupés par la section. Ces grains de pollen sont fréquents. Ils représentent aussi un apport éolien.

Je regarde comme des lames cuticulaii*es, peu ou pas humi^ fiées, de longues lames orangées ou brun clair rencontrées par les sections verticales. Elles se présentent comme des filets

(i) Il arrive beaucoup plus souvent qu'on ne le pense que des organismes relativement gros et bien diirérenciés érhappent ainsi a l'observation sur Tune ou sur l'autre série de sections par suite de la très faible épaisseur sous laquelle ils se présentent dans la gelée fondamentale où ils sont noyés. J'aurai occasion de rappeler ce fait en étudiant les Diatomées et le pollen du schiste du bois d'Asson.

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ondulés, les uns nettement homogènes, sans structure, les auti*es oflTrant une région médiane plus sombre et discontinue comme si dans Tépaisseur de la lame il y avait des cellules épidermiques plates vues par la tranche. J'ai représenté une de ces lames (lig. 14, PI. 4)* ^*^^ recherché si je ne me trouvais pas en présence d'hyphes d*algues filamenteuses ou bien de lames comme celles des Monostroma ou des Enteromorpha, Je n*ai rien vu qui confirmât ces deux hypothèses sur les sections horizontales. C'est en procédant par élimination que j'arrive k rapporter ces membranes à des cuticules. Elles sont lisses, sans dessins ou impressions cellulaires. Bien que ces cuticules ne soient pas nettement humifiées, comme le fait de leur isolement indique une macération prolongée, je considère ces membranes comme des corps accidentels pn)venant probablement du fiottage. Le vent a pu cependant jeter dans les mares anthracigènes des lames aussi minces.

Les organites précédents se rapportent avec certitude aux végétaux. Il n'en est plus de même de celui qui me reste à décrire ; c'est pourtant le plus répandu des organismes sporiformes. Je ne le laisse près des spores et des grains de pollen que faute de savoir à quoi l'attribuer. Cet organite cimsiste en disques circulaires ou elliptiques mesurant 3o à 40 (iL de long sur 25 à 3o {X de large. Ces corps ne sont probablement discoïdes que par affaissement. Ils sont souvent déformés d'un côté, avec un pli ondulé de position variable (W^, j6, PI. 111). La paroi très mince est jaune d'or, parfaitement lisse, sans ornementation en creux ou en relief. Elle est rigide mais fragile, fréquemment brisée, la rupture étant très nette. Il n'y a pas de ligne de déhiscence. (^es disques sont vides, isolés, plus nombreux dans les zones orangées de la gelée fondamentale. Bien que ces parois à l'état de corps jaunes rappellent les coi»ps donnés par la transformation des enveloppes des spores cryptogames vasculaii'es, je doute beaucoup que ces disques soient des

LES CHARBONS HUMIQUES ET LES CHARBONS DE PURINS 3g

spores. Je doute même que ce soit des organes végétaux. Serait-on en présence de cuticules d'infusoires ? L'aspect lisse et la grande variabilité de taille s'accorderaient avec cette attribution, mais je suis surpris de trouver la paroi à l'état de corps jaune si semblable à ceux que donnent les lames cellulosiques. A cause de ce caractère j'ai laissé provisoirement ces organites près des poussières végétales.

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