‹ Les Charmettes et Jean-Jacques RousseauChapitre 17 sur 18 · LI-:S CIIAl'.MKTTKS · texte numérisé non relu

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par les déinocralics cl les Uépiibliques, liiinièie de l'avenir.

D'ailleurs, tousle savent, il agardéle charme. Xi Voltaire, ni Diderot, ni Montesquieu, ni Bulïon ne nous apparaissent avec la magie de sa parole, la force de sa logique, la chaleur conimunicative de sa pensée, l'éclat de son génie, et surtout l'attrait de ses malheurs.

Tous sont grands, mais ils furent heureux ; lui, connut l'infortune: de là, un rayon de gloire, qui lui est propre et qui nous attire, nous retient, nous émeut. Buffon nous éblouit par sa magnificence, Montesquieu nous étonne et nous confond par sa profondeur, Diderot par sa science. Voltaire par son bon sens et son esprit. Seul, Rousseau nous conquiert par les cris de son cœur aimant.

Comme je l'ai dit ailleurs, il éclaire l'intelligence, et, en même temps, il réchauffe l'àme. Il instruit et il console, c'est à la fois un maître et un ami ; sa pensée est profonde, sa parole est mélodieuse.

Revenez donc à lui, esprits inquiets, cœurs avides, âmes désemparées I II vous apprendra

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à ressaisir la vie, à comprendre, à sentir, à vouloir, à agir, à aimer, c'est-à-dire à être heureux !

M. le sénateur Perrier, et M. le maire de Chambéry avaient bien voulu m'inviter aux fêtes du 4 Septembre. Empêché de m'y rendre, je tins cependant à y prendre part dans ma modeste mesure, j'envoyai de Paris les strophes qui suivent : le Patriote Républicain de Chambéry les puljlia.

CoiHiHc lin libcrafciir, rajoiiiiaiit de gcnic, Qui vient pour accomplir d'héroïques travaux, Jean-Jacques^ sans trembler devant la calomnie, Avide de beauté, de gloire, d'harmonie.

Apparaît, et se dresse au seuil des temps nouveaux H

De ses mâles accents, de ses combats sans trêve, (Qui pourrait oublier le fécond souvenir ? Quelle âme n'a senti sa chaleur et sa sève ? Quel regard, fasciné par V éclat de son rêve. N'a vu plus lumineux les Jours de l'avenir ?'

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Q^iiaiid le peuple, courbé sous un vil esclavage,

Résolut de briser sa longue oppression,

C'est au nom de Rousseau, c'est devant son image

Qu'il proclama la fin de l'antique servage,

Ht que, stoïque, il fît la Révolution !

Son ardente pensée activa les colères

De la France éblouie, entrevoyant ses droits,

Et, par elle inspirés, les tribuns populaires

Surent anéantir les abus séculaires

Qui nous avaient, hélas ! écrasés sous leur poids !

Il fut, il est encor, il restera sans cesse L'ami des justiciers et des réformateurs ! Tel le divin Platon, enseignant la sagesse, Il possède à jamais l'immortelle jeunesse. Qui charme les esprits et qui séduit les cœurs !

Ce n'est point seulement par sa raison puissante.

Elevant des autels au droit ressuscité,

Que Jean-Jacques Rousseau, lumière éblouissante,.

S'impose à notre race, à peine renaissante

Des manxqu'elle a soufferts, du Joug qu'elle a porté T

Il est ii/issi l'iJ/ni fervent Je la Nature,

Le peintre sans rival Je ses mille trésors,

De ses champs, de ses bois à la frêle verdure ,

De ses caiix arrosant avec un frais murmure

Les arbres et les fleurs répandus sur leurs bords !

Qui chanta, mieux que hii, les grâces de V aurore,

La joie ctlc frissondu jour, à son réveil.

Les splendeurs qu'une nuit de printemps fait éclnre,

Tonte la vie enfin d'un rivage sonore

Lllnminé d'amour, et rempli de soleil ?

L'amour ! — Ah ! qui /a mais, ivre de sa folie, A su mieux le décrire, et l'a mieux célébré Dans ses fougueux transports, et sa mélancolie, Dans son espoir, tremblant comme un roseau qui plie Dans ses aveux naïfs, et son trouble adoré ?'

Que de fois j'ai relu la page incomparable

Où d'une main baisée il dit la volupté,

Et peint si noblement le bonheur ineffable

Dont frémit l'être entier, quand une femme aimable

S'attendrit de nous voir admirer sa beauté !. . .

Et pourtant, o grand homme, ctincclant génie, Maigre tes généreux et b/en/a/sants labeurs, Quelques esprits chagrins conservent la manie De ne parler de toi qu'avec ignominie, Et de te reprocher l'aveu de tes malheurs !

Ecrivains malveillauts, sans idée et sans style.

Femmes poussant des cris de lugubre impudeur.

Ils espèrent troubler de leur rage stérile.

Le temple vénéré, le poétiqtic asile,

Où la foule pensive évoque ta grandeur !

Mais leur fureur expire au pied de la statue Dont Genève et Paris ont voulu f honorer ! Le peuple, enorgueilli de Ventrave abattue, Te donne, chaque jour, la gloire qui fest due, En ne cherchant ton nom qnaftn de V admirer !

Les lieux où tu vécus, la campagne et la ville. Ont par des monuments témoigné leur amour Au puissant créateur t/'Héloïse et J'Emile. . . Après Montmorency, ce fut Ermenonville, Et voici Chambérv qui f honore à son tour !

Nous sommes tons les fils de ton intelligence ! Nonsnons reconnaissons dans tes récits charmants, Et retrouvons e)i eux, avec sjirahondance. Nos désirs les pins cliers, tios vœnx d'indépendance. Nos faiblesses sans nombre, et nos secrets tourments !

Nous t'aimons, d Ronsseau, du meillenr de notre âme, Et ne comprenons point qu'on ose t'outrager, Parce que ton destin fut pareil à la flamme. Et qiien toi tant nous dit, nons révèle et proclame Qne fa mais rien dlmmain ne te fnt étranger !

HippoLYTE BUFFENOIR

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