‹ Les Charmettes et Jean-Jacques RousseauChapitre 8 sur 18 · I.i:S CIIAlîMl/l IKS · texte numérisé non relu

I.i:S CIIAlîMl/l IKS

plus tn admiialioii vl vu conlcniplation qu'en (l(.'maiuk's,t't je. sa vil is qu'an près dudispensateur (les vrais l^iens, le meilleur moyen d'obteniiceux qui nous sont nécessaires, est moins de les demander que de les mériter. Je revenais en me promenant, par un assez grand tour, occupé à considérer avec intérêt et volupté les objets champêtres dont j'étais environné, les seuls dont l'œil et le cœur ne se lassent jamais. Je regardais de loin s'il était jour chez maman : quand je voyais son contrevent ouvert, je tressaillais d'aise et j'accourais; sil était fermé, j'entrais au jardin en attendant {{u'elle fut léveillée, m'amusanl à repasser ce (|ue j'avais appris la veille, ou à jardiner. Le contrevent s'ouvrait, j'allais l'embrasser dans son lit, souvent encore à moitié endormie; et cet embrassement, aussi pur que tendre, tirait de son innocence même un charme qui n'est jamais joint à la volupté des sens. »

Dans ma visite aux (-harmettes, j'ai lait à mon tour la promenade matinale du philosophe. Le verger, la vigne, le chenn'n sont

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toujours lîi, comnic la maison, la chambiL' de la baronne, le eontievenl si amoureusement surveillé par Rousseau, la (errasse, le jardin, toute l'habitation en un mol. (".'est un site vraiment plein de poésie par lui-même, et le voyageur, (pii s'y arrête, ne peut (pie l'admirer, même s'il ignore le roman d'amour (pii s'y développa en 173G et 17.37.

Pour eelui qui sait l'hisloire du passé,, le eharme redouble. La [)ensée cpi'un grand homme, (pi'un éeiivain, un i)hiIosophe illustre a véeu sur ee eoteau, ré])and dans l'âme je ne sais (pielle fermeté bienlaisanle et donne à tous les vestiges des jours lointains une signilicalion touchante

(k'rtes, j'étais ému en IVanchissant -le seuil de la demeure, en visitant, au rez-de-chaussée, la salle à manger el le salon ; au premier étage, la chambre de Madame de NVarens, la chambre" de liousseau, et, enli'e les deux, l'oratoire où un autel est dressé encore, car on disait la, messe à certains jours, et les amants s'y agenouillaient.

Oui, ces lieux consacrés, ces souveuiis m'in-

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