‹ Les Charmettes et les portraits de Mme de WarensChapitre 4 sur 4 · I . /It'i iw Suisse, I · texte numérisé non relu

I . /It'i iw Suisse, I

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un colportour iK- |)a>s.ijix>, i-t (lu'ellc n'a jamais rien fii ili' cuinnimi avec M"'" lU' Waiens. Quant au lahlcau représentant Aiiniile, il .-si point dans Icf-enrc de l'école do Castiglione, ol bien pins ancien ipic M" (II' Waiens. ajoute V.U. liciliiuiul.

.M. .Mn^niera pnhiié dans son ouvrage un portrait iin'il croit èlre celni de l'amie de Jean-.iacques. C'est la reproduction d'une miniature orii^inale du musée do Cluny, où elle est cataloguée sous le n" 17811 (sullo dos ivoires . IMle lut ofTerte an musée on ISlil, par le professeur .1. (Hoquet, qui la tenait du comte de Lenzé ; elle était parvenue à celui-ci par une famille .lurine. de Genève. Le IC Louis .luriuo, médecin et naturaliste, était né dans cette ville en 17ul : " Il a donc pu. dit M. Mugnier. apprendre de la bouche même de ses parents le nom du modèle dont le médaillon reproduit les traits et dunt la physionomie répond bien à ce qui a été dit de M""" Warens : yeux expressifs, gorge trop (h'veloppée, taille un peu courte. Los cheveux de la dame sont gris ou poudrés, avec une coilTure dont les barbes descendent un peu sur le dos. Llle porte au cou un ruban de velonis noir: elli? a une veste ou corsage de soie jaune auqmd s'assortit un nœud de la même couleur au sommet de la tète, dans l'échancrure du bonnet. Ce peut fort bien être la châtelaine des Charmettes, vers IT'tT. au trmps de ses vastes entreprises, de ses grands espoirs. » Ce porirait n'ollre aucune analogie comme ressemblance avec ceux de Lausanne et de Boston : la physionomie est plutôt commune et n'a pas la distinction et la finesse qu'on retrouve dans les antres, concordant bien mieux avec la description de ,lian-.la(i|ues.

Le Cabinet des estampes de Paris ne possède que cinq exemplaires des portraits de .M'"" de Warens. Ce sont : celui de Batoni. gravé par Lebeau; celui de la Bibliothèque du Corps législatif, en double exemplaire; un médaillon ovale représentant grossièrement celui ilc l'acini, mais liiurn(- en sens inverse, il porte comme sous-liii'o : « M'"" de Warens, d'après une ancienne gravure, dessin et gravure de George .leannorets, Paris, Imp. .\. Quantin » : celui (l'.Vmbroise Tardieu ; enlin celui de Devéria, gravé par Chollel.

On vend encore à Chambéry, comme purlrait de M'"" dr \\ aiens, la photographie d'un pastel attribué à La Tour, ([ni n'ollre (|ue peu de ressemblance avec les portraits précités. Celte pliolographie a élécnmmuniqnée à .\l. Mel/ger par lady IMayfair. fille de feu Kussell : ( 1 -l la reproduction d'un pastel exposé en ISHi aux Grafii'U Galleries, à Londres, sous u" 22.S. Liidy l'Iaylair i iiil y recunnaiire une ccriaine ressemblance avec le pnrlrail de Bii?lun et en cimcluf,

12 Li;S POKTIiAITS F)E MADAME DE WAlîENS

un peu hàliveraenl peut-être, que c'était bien un portrait de l'héroïne des Charnicttes. Nous ne pouvons partager cette opinion.

lùifin, nionlionnons une gouache figurant dans la collection d'un amateur chamhérien, M. Faga, qui la découvrit chez un brocanteur de la ville. Elle représenterait, selon lui, M""^ de Warens vers l'âge de soixante ans et elle ofTre. en eiïel, une certaine ressemblance avec les autres portraits dans la forme de l'espace interorbitaire: mais, en l'absence de tout document, on ne peut que s'en tenir aux suppositions.

En ces matières, il est permis de penser ([ue l'opinion publique est le seul critérium possible, si aucun fait probant ou aucun document aiitlH-nlique ne vient la contredire. La concordance des dates avec la tradition est également un commencement de preuve suffisante pour lixer l'opinion. Ces deux facteurs se trouvent ici réunis en ce qui concerne les portraits de Lausanne et de Hoston.

On peut conclure, de ce que nous savons sur ces origines, que le premier est bien celui de M""' de Warens.

It'aulre jiart, selon les anthropologistes, il y a dans la ligure humaine une série de caractères anatomiques ipie le peintre reproduit pour ainsi dire malgré lui, et d'autant plus exactement qu'il est plus habile. Ce sont ces caractères qui constituent l'individualité du modèle, (l'est ainsi que le D*^ Pa])illaull. le distingué professeur à l'école d'anthropologie, à qui nous avons soumis ces deux portraits, nous a fait remarquer que l'ensemble de l'apophyse zygomatique et de la pommelle forme une saillie ([ue ciia(|ue artiste a rendue dune façon identique. Cette conformité de l'ossature serait déjà une présomption en faveur de leur identité avec un mi'nie modèle. Le portrait de Boston offre donc avec celui de Lausanne, tant dans l'ensemble que dans les détails, des points de ressemblance tels, qu'on peut affimer qu'il représente la môme personne, plus jeune. La signature de Largillière n'est point apocryphe et les dates concordent assez pour qu'on puisse admettre que le célèbre peintre y a bien rej)roduit les trails de la célèbre » maman » de Jean- .lacques Kousseau.

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