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Les Charmettes; Jean-Jacques Rousseau et Madame de Warens

Ami lecteur, *— tu diras que ceci n'est pas un livre. Et tu auras raison. J’étais aux Char mettes par la neige, j’y ai retrouvés si vivants encore Jean-Jacques et madame de Warens que , sans préméditation, j’ai conté mon pèlerinage dans la Presse. Mais George Sand m’a écrit que mes portraits s’étaient détachés de leurs cadres pour aller lui parler; mais un éditevr a vu un livre là où je n’avais vu qu’une page per-

Il r R K V A C K.

due; c'est là mon tort d'avoir écouté cette voix d or et cette voix d’argent.

j'ai pensé qu’ après tout il ri g avait peut-être pas grand mal à parler de Jean- Jacques et de madame de Warens, à traverser cette jeunesse poétique , a secouer avec eux l’arbre de la science, à respirer une dernière fois la pervenche dans la chevelure au vent de la blonde amoureuse. On, dira que ce volume est un peu beaucoup l’œuvre de Jean- Jacques luimême, puisque j’y ai réimprimé les meilleures pages des Confessions. On dira aussi qu’il est l’œuvre de madame de Warens dont je publie les lettres et les pensées. L’historien bien inspiré avait-il mieux à dire qu’ci les faire parler eux-mêmes ?

Ce que j’ai voulu, — ami lecteur , — c’est que, si tu vas aux Charmettes , ou si tu

PRÉFACE. in

n’y vas pas, tu trouves dans ce volume tout le roman, toute l’h istoire, tout le poème de Jean-Jacques et de madame de Warens.

Ami lecteur, les vraies Charrnettes pour toi , c’est le pays, c’est la montagne, c’est la forêt, où tu as aimé ; car nous avons tous nos Charrnettes, — moins Claude Anet, — nos Charrnettes, une part de paradis sur la terre, — où nous ne savons pas rester ! — Quand, vient l’enfer de la vie, nous nous retournons avec des larmes vers le paradis perdu, mais la porte est fermée à jamais.

On ne rouvre ni la porte de la jeunesse ni la parle du paradis!

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