‹ Les Charmettes; Jean-Jacques Rousseau et Madame de WarensChapitre 60 sur 91 · BERNARDIN DE SAINT-PIERRE · texte numérisé non relu

BERNARDIN DE SAINT-PIERRE

Rousseau, élevé à la vertu par madame de Warens, et frappé par l'adversité au contact de Thérèse Levasseur, devint supérieur à la fortune. Vous le taxez d’orgueil, mais ce sont les orgueilleux qui taxent d’orgueil. L’orgueilleux est celui qui cherche à subjuguer, et Rousseau, solitaire, sans ambition et sans fortune, ne voulut que vivre libre. Il était fier, mais il l’était également avec tous les hommes, n’y trouvant de différence que la vertu. Partout on le voit oublier ses propres maux, pour ne s’occuper que de ceux du genre humain. Partout il est le défenseur de ses droits et l’avocat des malheureux. Il n’y avait pas d’homme plus conséquent avec ses principes ; mais souvent un homme passe pour inconstant par la raison que tout change autour de lui, et qu’il ne change pas lui-même.

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