‹ Les Charmettes; Jean-Jacques Rousseau et Madame de WarensChapitre 61 sur 91 · LORD BYRON · texte numérisé non relu

LORD BYRON

C’est ici que Jean-Jacques Rousseau commença une vie de malheurs, Rousseau, sophiste sauvage, auteur de ses tourments, apôtre de l’amour, qui revêtit la passion d’un charme magique, et puisa dans ses douleurs une irrésistible éloquence. Il sut

embellir jusqu’à la folie, et répandit sur des actes et des pensées coupables un céleste coloris; ses paroles éblouissaient comme les rayons du soleil, et arrachaient des larmes d’attendrissement. Son amour était l’essence delà passion. Comme l’arbre embrasé par la foudre, qui, après avoir brûlé d’une flamme céleste , reste flétri et consumé; ainsi fut son amour. Mais ce n’était pas l’amour des femmes vivantes, ni des mortes qu’évoquent nos songes ; c’était l’amour d’une beauté idéale : ce sentiment était devenu sa vie ; il déborde dans ses pages brûlantes, quelque insensé qu’il puisse paraître. Cette beauté idéale, c’était Julie, c’était madame de Warens, non telle qu’elle fut, mais telle qu’il la rêvait.

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