PENSEES DE DE WA UE N S
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Ce sont les cultivateurs qui nourrissent l'Etat. Cependant les campagnes se dépeuplent : le peuple, las de défricher, de peur de mourir de faim, déserte sa chaumière et il accourt dans les villes.
Pourquoi faut-il que celui dont les bras demandent à la terre la nourriture des autres hommes soit le plus misérable? N’est-il pas du devoir de l’homme d’Etat de l’encourager ? Au lieu d’aller chercher au loin des trésors incertains et inutiles, je pense qu’il vaudrait mieux porter ses vues du côté de l’amélioration des terres. En faisant quelques avances à un pauvre paysan, on verrait bientôt que l’agriculture est un des plus sûrs et des meilleurs commerces.
Le laboureur qui est sans avances est forcé de se faire mendiant dès qu’il essuie une mauvaise saison : n'ayant pas le moyen d’attendre une heureuse récolte, il laisse tout; et voilà des bras de moins.
Si le paysan jeûne quelquefois, c’est que notre luxe engloutit tout. Chaque fois qu’une petite-maîtresse se poudre, ne consume-t-elle pas au moins une livre de pain? J’aime mieux les perles de sueur qui parent le front du moissonneur. 1