‹ Les chartes coloniales et les constitutions des États-Unis de l'Amérique du NordChapitre 7 sur 50 · a; Murray, I, ]3A-i · texte numérisé non relu

a; Murray, I, ]3A-i

la veille de la lutle suprême qui fit rémancipation, plaidant un procès qu'il gagna , où la partie adverse invoquait le veto opposé par le roi à un acte récent de rassemblée coloniale, un jeune avocat destiné à devenir célèbre, Patrick Henry, ne craignait pas de 8*écrier : t^ Un roi qui annule ou désavoue des lois d'une nature aussi salutaire, de père de son peuple dégénère en tyran, et perd tout droit à l'obéissance. » Puis, il conjurait le jury de donner au demandeur, et aux gens portés à imiter ce dernier, une leçon, qui leur enlevât l'audace c^ de contester la validité de lois revêtues du seul caractère authentique, propre à donner force au droit pour le gouvernement de cette colonie, l'adhésion des représentants légitimes de celle-ci, unis au conseil et au gouverneur ^^l»

Cependant, malgré les actes tyranniques ou arbitraires que le gouvernement de la métropole se permit parfois contre elle, et en dépit des divisions intestines qui parfois la désolèrent, la Vir* ginie ne cessa de voir sa population s'accroître, d'étendre ses établissements « même de développer son agriculture et son commerce. Dans la seule année 16^7, 1,000 émigrants arrivèrent. Au début de la guerre civile, dont l'exécution de Charles I*^ fut le plus tragique incident, les colons étaient près de 220,000. Ils furent 3o,ooo avant la restauration des Stuarts. Leur nombre, après avoir atteint  0,0 00 en 1671, dépassa 5o,ooo en 1688,60,000 en 1 708 , sans doute de beaucoup 1 00,000 en 1 7 69. Il atteignit, en 1755, 168,000 pour les blancs seuls, 1 16,000 pour les noirs, et dut s'élever fort au-dessus, avant la déclaration d'indépendance. Dès 16^9, les établissements agricoles couvraient un espace de 100 milles ^'^^ sur les bords du fleuve James, et s'étendaient, pour la plupart, à 300 yards ^^^ du fleuve ^*^ En 1 782 , tout le pays était

^*J Bancroft,V,i7i-i75.Wirl,L^co/' W Le yard angiats vaut 91 centimè-

ParWcit ff«iry,éd.de 1873 (35'), /i 1-/18. Ires.

^*^ Le mille anglais vaut 1 kilomèlre ^* Murray, I, 1 a 8. L'un des ouvrages

f)o inèti-es. cilés par cet auleur est : Le voyage d'un

habité, entre les fleuves James et Potomac, jusqu'au monts Alléghanys. En 17&/1, la colonie n'hésitait pas k acquérir des Indiens des Six Nations, à Touest et au nord-ouest de ces monts, toutes les terres sur lesquelles ils prétendaient avoir droit, à vrai dire, une région d'une étendue indéflnie ^^K

Les luttes politiques dont la métropole était le théâtre sanglant, en particulier celles où Charles P et Montmouth perdirent la vie, contribuèrent singulièrement, à coup sûr, à cette augmentation constante du nombre des colons et k l'extension du territoire de la colonie. Mais rien n'y servit autant que la facilité relative avec laquelle les terres, après la dissolution de la compagnie de Londres, furent données ou vendues, l'admirable fécondité du sol pour la culture du tabac, et l'accroissement ininterrompu, en Europe, du nombre des fumeurs et des priseurs. Dès 16/19, ^^ colonie produisait du blé en abondance ; le tabac y était et y demeura cependant la culture prépondérante, continuant toujours d'y occuper presque tous les colons, malgré les essais que le gouvernement de la métropole fit, à diverses reprises, d'y développer la recherche du fer, la production des mûriers, des vers à soie, et de la soie elle-même. La Virginie et sa voisine, la colonie du Maryland , fournissaient, ou peu s'en fallait, tout le tabac que demandait la consommation de l'Europe. De 17^4 à 17&6, elles en envoyèrent à la métropole lio millions de livres, dont 3o furent réexportés. De 1766 k 1769, les envois qu'elles en firent, atteignaient une valeur annuelle et moyenne de 768,000 livres sterling, tandis (|ue celle de tout le tabac venu de l'Amérique du Nord ne dépassait pas 783,000 ^^^ Dans les deux colonies, la précieuse plante

Françaiê exilé pour iarelifpon,iJn-^o, — lailles, âoo chevaux cl jumeiiU de race

Au même temps, on voyait, paratUil, excellcnle. — /Wrf., I, 128. dans la colonie, 90,000 léles de bétail, '^ Bancmll, III, /i55.

3,000 moulons, 5,ooo cfaèvi^, une ^' Muiray, 1, 33â-333.

quantité innombrable de porcs et de vo-

était la monnaie légale qui servait à payer les dettes privées, les amendes, les frais de justice, les impAts, les traitements des fonctionnaires ^^\ Si parfois l'excès de la production créa des crises par la baisse immodérée des prix, et si l'application presque générale des habitants à un seul mode de culture les obligeait à faire venir de la métropole un nombre trop grand d'objets de consommation, cependant le tabac fut presque toujours la source de richesses considérables. La Virginie laissait le commerce proprement dit aux mains des représentants de maisons anglaises, et elle n'avait ni dettes, ni banques, ni papier monnaie ^*^^

Telle est, réduite à ses traits essentiels, l'histoire de la Virginie. Aucun des détails qui viennent d'être rapportés, ne doit sembler indigne d'attention, car cette première colonie fut véritablement le modèle sur lequel les autres se formèrent ^^^. Elles virent, par son exemple, combien d'efforts la colonisation pouvait exiger pour devenir efficace , les dangers qu'offrait la recherche de l'or, l'utilité que présentaient le régime de la propriété privée et l'exploitation des richesses naturelles du sol, les services indispensables que rendrait une milice habilement organisée, le prix qu'il convenait d'attacher aux libertés publiques, et, en particulier, à l'usage des assemblées de représentants du peuple, enfin la prospérité durable, qui devait, après peu d'années, couronner l'activité de tout un peuple de colons, ordonnée avec sagesse, et maintenue avec persévérance, sous un gouvernement bien adapté aux vœux et aux besoins du pays. Ainsi, avant de leur fournir, à l'heure du péril commun, dans la guerre de l'indépendance, quelques-uns

(>' Bancroft, III, 896; Wirt, loc. cit., année, la vaieurde i,o4o,ooo livres sler-

i^t-A8;Laboa)aye, I, 77-78. ling, tandis que leurs imporlalions ne

^*) Murray, 1,33»; Bancroll, III, 396. dépassaient pas 860,000. Murray, I,

De 1766 a 1769 notamment, les expor- 333, extrait de VAmerican traveller,

talions de la Viipnie et du Maryland pa- Londres, in-6% 1769. raissentavoir atteint, en moyenne, chaque ^^^ Story, 1, 31.

de leurs défenseurs les plus habiles^'), la Virginie avait révélé aux autres colonies la plupart des institutions, des coutumes et des lois, où elles trouvèrent la force et l'abondance.

Page 1