LA LIBERTÉ DE LA PRESSE
allemand, dans la Pensylvanie, le sixième à New-York, et les cinq derniers à Boston. Rarement furent-ils publiés alors plus d’une fois par semaine, ou avec plus d'une demi-feuille, où composés d'autre chose que de faits divers. Peut-être était-ce déjà pourtant, eu égard au nombre différent des habitants, un succès que la métropole elle-même ne dépassait pas. Bientôt, du reste, l’ardeur des discussions agitées entre le gouvernement anglais et ses colonies, pendant les dernières années de la période coloniale, dut multiplier, en Amérique, les organes de la publicité périodique. varier leurs articles, en accroître la fréquence, en grandir la portée, et développer, au moins contre les agents de la couronne, l'indépendance des rédacteurs.
Il faut le dire, la liberté reconnue n’alla pas plus dans les colonies que dans la métropole jusqu'à laffranchissement de tout frein. Suivant la doctrine acceptée sur lune et l’autre rive de l'Océan, elle ne donnait guère que la faculté de publier sans autorisation préalable, et l'œuvre librement imprimée demeurait soumise au contrôle de la justice. Si, dans les colonies, le jury compétent, comme il l'était dans la métropole, pour statuer sur les procès de presse, méconnaissait peut-être plus volontiers la théorie restrictive bien connue, par l'application de laquelle les magistrats arrivaient à lui enlever, en Angleterre , avant le célèbre libel act de Fox, toute appréciation des desseins de Pauteur, il n'était pas moins appelé à y défendre contre les excès de la presse et les pouvoirs publies et les simples particuliers. Déjà les lois jointes à la charte de la Pensylvanie de 168%, qui visaient sans doute tout mode de diffusion, prescrivaient de punir avec sévérité, comme des ennemis de la paix publique, les auteurs et les propagateurs de propos mensongers, scandaleux, diffamatoires, soit contre les
lonctionnaires, soit contre les personnes privées (, Il ne fut pas
DK 3o: Poore, IF, 1596.
sans exemple que les lois ordinaires elles-mêmes réprimassent toute diffamation.
À peine est-il besoin de faire observer que les progrès combinés de la presse et de l'instruction publique grandirent les forces el accrurent les moyens d'action des colons dans la erise qui se
dénoua par l'émancipation des Etats-Unis!)