‹ Les chartes coloniales et les constitutions des Etats-Unis de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 190 sur 225 · LA PRESSE · texte numérisé non relu

LA PRESSE

la publication de ces lois, par exemple, ne fut pas toujours permise. En 1640, dans le Massachusetts, le gouvernement ne l'iulorisa pas, sous la pression de l'opinion publique, sans protester contre une expérience «si hasardeuse». Elle ne devint libre qu’en 1719, dans la Virginie, où, en 1682, le fait de lavoir entreprise déterminait au moins l'arrestation de limprimeur, C’est l'assemblée législative elle-même qui, dans le Massachusetts, en 1660, supprime le livre d'Éliot sur État chrétien. Cest elle qui, en 166, y nomme deux examinateurs , sans l’examen et la permission préa lables desquels rien ne peut être publié, C’est elle qui intervient. lorsqu’en 1668 ils ne prohibent pas l'impression de lAmitation de Jésus-Christ, «cette œuvre d’un prêtre papiste», où elle découvre, étrange perspicacité, «certaines choses que la prudence ne permet guère de laisser répandre dans le peuple». C’est encore elle qui, en 1729, soumet à la censure, dans la même colonie, un journal qu'elle juge injurieux pour le clergé, et détient incarcéré, un mois durant, l'éditeur coupable de taire le nom de l'auteur désagréable au pouvoir. Vers 1640, le Massachusetts n'avait qu'un seul imprimeur. Vers 1692, la Pensylvanie er chassait un pour avoir publié un écrit où un quaker reprochait, comme une inconséquence, à ses coreligionnaires lexercice de autorité politique; ce fut ce banni qui introduisit le premier appareil dans la colonie de New-York. Mais à la liberté de la presse Popinion. la coutume, se rendait peu à peu plus favorable que le droit écrit et les fantaisies du pouvoir, bientôt réduits par elle à n’être que lettre morte. De fait, presque partout, dès le début du xvrr° siècle, des auteurs et des édneurs assez nombreux bénéficièrent d’une grande tolérance, dont les brochures ou les écrits non périodiques semblent avoir profité d’abrd plus que les autres. En 1791, les colonies n'avaient pas plus de quatre journaux proprement dits. Le nombre ne dépassait pas onze vers 17/0, lun paraissant dans la

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