RECHERCHES SUR GUILLAUME, ALAIK ET JEAN CHARTIER
en cuivre, fixée à l'un des piliers de cette église (1), Le curé Hermant, qui écrivait en 1704, rapporte que, de son temps, l'on faisait encore, dans la cathédrale de Bayeux, le 7 janvier, l'obit de Guillaume Chartier. « Et le dimanche d'après l'Epiphanie, ajoute-t-il, la messe du chœur se chante avec les orneniens qu'il y a donnés, qu'on nomme des papillons, à cause qu'ils sont semés de têtes d'anges avec des ailes (2). » Enfin, au milieu du XVIII" siècle, le clergé de la cathédrale était encore tenu, dans la station qu'il faisait à l'église de St-Malo, le troisième lundi de Carême, de chanter un libéra pour le repos de l'âme du prélat (3).
§ i<=^ RÉSUMÉ DES BIOGRAPHES.
Alain Chartier, né en Normandie, et, suivant quelques-uns, à Bayeox, en 1386, fit ses études en l'Université de Pai'is, et fut secrétaire des rois Charles VI et Charles VII, qui l'envoyèrent en ambassade vers plusieurs souverains. Honoré , ainsi que le rapporte Pasquier , d'un baiser de la danphine Marguerite d'Ecosse, il fut, dit-on, archidiacre de Paris et conseiller au Parlement. II est l'auteur d'une Histoire de Charles VIL H
(1) Elle disparut peu de temps après, Observalions sur Guill. Cliarlier, par Bes\ers( Journal île Verdun, 1. c, p. 39, 40^. — Voir, sur la sépulture de Guillaume Chartier, un mémoire de M. l'abbé Laflela; sur les sépultures de la cathédrale, dans le Bull. île In Soc. il'Agr. , Se., Arts et Bcties-Lell. de Bayeux (1852). Guillaume vivait légué ù la cathédrale une somme de 100 écusd'or ; son obitse célébrait le i" mai, date de sa mort.
(2) Hisl. du diocèse de Bayevx, p. 381. — Voici la description de ces ornements, en tout ou moins de deux chapes : elles étaient <i de cramoisy vermailes à papillons et Horions de broderie et orfraiz de broderie à ymages, lesquels avoient esté couverts et enrichis de perles, et sont du don de feu Mg' Guillaume Le Chartier, evesque de Paris. ' Extrait d'un ancien inventaire du trésor. Je dois ce renseignement à l'obligeance de M. l'abbé Lairelay, chanoine de Baj eux.
(3) Besiers, 1. c. , p. 40. — Pour compléter les renseignements que nous avons réunis sur Guillaume Cbarlier, nous publions plus loin une lettre adressée par lui ù Jean Bourré, seigneur du Plessis, le ronseiller intime de Louis XI.
J6 LES GHAKTIER.
mourut à Avignon eu 1657 ou 58, selon les uns, ou en 14/i9, selon d'autres. 11 était l'aîné des trois frères.
Alain Chartier naquit à Bayeiix (1), au plus tard en 1395 (2) ; il était frère puiné de Guillaume (3). Il étudia en l'Université de Paris, ainsi qu'il nous l'apprend lui-même dans une épître adressée à sa mère l'Université (4). Sa carrière poétique commença de bonne heure , car c'est peu après la bataille d'Azincourt qu'il composa le premier de ses ouvrages, le Livre des Qualre-Dames (5). Alain avait quitté la INormandie lors de l'invasion anglaise et s'était rcnulu à Paris (6). C'est là, sans doute, qu'il adressa à Charles VI (mars 1418), à l'occasion du maintien de» i)riviléges de l'Église gallicane , une épître de félicitations qui nous a été conservée (7). Ful-il envoyé, en 1419, en Allemagne, comme on l'a dit (8), et est-ce à ce moment qu'il prononça sa harangue pour ramener les Hussites à la foi ? Nous ne le pensons pas , et nous croyons qu'il faut reporter cette mission aux premières années de Charles VII. Ce qui
(1) A défaut de l'épilaphe icprodiiilc plus loin, et dont l'authenticité est fort douteuse, l'origine connue d'Alain suffit à prouver qu'il naquit ù Baj eux.
(2) Si Guillaume est né en 1392, comme nous chercherons à le démontrer plus loin.
(3j C'est ce que nous avons établi par la citation déjà faite de Jean de Lannoy. Cf. nis- latin, 5961, fol. 58, v°.
(i) Ms. latin, 5901, u Ad Viiiiersilatem Parisiensem, i>osl egreisum dulorosum régis Kuroli septimi, lune regenlis , a civitale Paiisiensi, epistola ab Alano incipit : Aima mater, fecuuda filiis et copiosa disclpulis, naturse lex instituit et equitas suadet ut répétant proprios quoque recursus redituque suo singula gaudeant. Hoc me pra?ceptum monuit, ipsa excitavit obligatio , ut presentem epistolam scriberem , ac in malris rellecterem gremio quani ub ipsa suscepi profcssionem veritatis. » Cf. les OEuvres de maistre Alain Cliariier , publiées par André du Chesne (1617), p. 490.
(5) Ibid., Préface. Voir p. 594.
(6) Voir le début de VEspérance ou consolation des trois Vertus, composé, non en 1438, comme ra prétendu du Chesne, mais en 1428, commmc l'a remarqué avec justesse M. Vallet de Viriville, dans la Nouvelle biographie générale :
Au Hixieame an de mon dotent exil^ Après main dueil et maint mortel péril Et des dangiers qu'ay juaques cy passes Dont j'ay boufifert gi-àces à Dieu assez.
0) Ms. latin, 8757, fol. 43 V.
(8) M. Vallet de Virivile, 1. c.