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Les chasses de Charles X, souvenirs de l'ancienne cour

le m auii pM l'oÏMaa «piî cric am boids de* Kiqiu» vojant tomber la foudre d«s nupcs, iHIe au nariiia perdu» de «inisire» liu(>i>s.'

CHEZ BEALVAIS, MBRArUE,

KOB •T.-nOMAS-DU-LOl<VnE, 26 :

ET AU BOBBAO DB LA QVOTIDIBKXE , ave sBOVM»i.aojii.B»vAM, 3.

ÏUTRODUCTICF

Intéreasanles comme tableaux animés de vie royale 9 les Chaê$e» de Charles X sont néanmoins peu connues dans lears détails : sauf quelques initiés > oa igoore ce qu'elles étaient, et il s'est m^e i'ait beaucoup de préventions à leur égard. Cepen-

Oigitized

yi i|iTi|om;cTioN.

4iuit de toutes les situatîoiis de sa vie intime, les chasses étaient oelies où Charles X se montrait le plus réellement lai; il y était avec ses manières d'une politesse exquise > sa charité intarissable , ses grâces da cœur, qu'il t^eaail de Henri lY, et auxquelles on n'échappait pas. C'était aussi un cadre où non seulement resplendissait ce dernier prince de la vieille France chevaleresque et de qualité , mais où cette France elle-même paraissait représentée par l'élite de son monde brillant , avec sa fleur de courtoisie et cette majestueuse bienveillance qui Sans cesse descendait sur elle de l'arbre monarchi-r que et de ses nombreux rameaux.

C'est ce musée de tableaux dart et de cour; ce sont ces faits historic^ues qui ont posé devant n)ui que j'entreprends de reproduire^

On m'accordera sans doute que pour bien peiu-: 4re un caractère pris ù la vie réelle , pour bien dire

lATnUDlCTiO.N. VU

un luit c[ui n'est pas une lictioii, il luul avuir louché .du doîgt le $ufel da récil ou dû tableau qu*oa veut iaire» sinon la physionomie vcridique qui résulte de rimpressioQ immédiate des événemens sur l'esprit» manquerait à votre travail. Tout ce que v«as

•ccrircz sur des données» des traditions et des notes, lurmera toujours Uiio œuvre inexacte , bâtarde , in- «complète* Si vous n'avez pas vu ce que vous esquisses» si vous n'avez pas assisté comme témoin ou figuré comme acteur dans les scènes que vous allez reproduire , vous 'pourriez au hasard i'aire uu livre qui vous vaudrait des élo|^es» mais il pécherait par la précision des détails, par la ressemblance ri<^ourenses des traits du personnage que vous feriez iutervenir, vous ne saisiiTez de l'ensemble de son ètr<> qu'une expression vague et générique, mais rien d'intime» rien d'individuel ne jaillirait en relief.

Si le inonde n'était composé que de ces intelligences qui d'uu coup -d œil pénètrent au ionc| Uc>

Vlil ^ INTROUliCTIOK.

choses, eu mesurent les rapports, ia portée et l'utilité, je me dispenserais certes de tracer ces quelques lignés de préambule ; mais tout ce qui juge n'est pais hommes d'élite. A côté de l'homme ignorant se

dresse l'homme aux passions politiques, l'homme aux prétentions, l'homme aux préjugés opiniâtres, et parmi ceaz*là,combieD, — graves et iinporlanspersou'

• nages d'ailleurs, — qui à ce seul titre deê Ckastef^de ChariesXf seraient teatés, dans leur superbe dédain, de laisser tomber le livre , persuadés que sous une

étiquette semblable il ne peut se trouver qu'une, lecture frivole. . ,

Cependant , croyez^moi, ies Ç/iquae^ de Charles X n'étaieul pas seulement iuté%Ssantes par leur aspect pittoresquement brillauté, ce. n'était pas uniquement comme spectacle qu'elles appelaient l'attention. D'autres sympathies et d'autres regards que ceux de l'artiste et du grand seigneur pouvaient également s'y associer.

INTBODVCTIOH. U

Lorsqu'on avait pai$ï(mra les i'orèta royales, qu'on avait été témoin des résultats, obtenus dsuis ces chasses, il était impossible de ne pas être frappé du oaractère d'ordre qui éclatait fMirtout, de Texactitiide et delà régularité du service. Les anciennes capitf|i<* neries qui donnaient la jouissance de plus de vingt lieues de pays autour de Paris, et qui permettaient d'avi>ir tout le iauve nécessaire pour occuper à la fois plusieurs équipages, n'existaient plu^ dcjjuib 6^, et pourtant îeschasiBesde la Restauration étaient plus belles que celles 4e l'ancienne monarchie. Le gibier abondait en tous temps; sur les rapports » il se trouvait toujours un grand nombre de cerfs; les princes n'avaient que l'embarras du choix pour Tattaque.

Séduit d'abord par la magniûceiice matérielle de ces divertisseinens royaux, je n'ai pas tardé éprouver le désir de jeter un regard plus au fond dans cette branche d'administration de la couronne , qui tou*

IMUOUtCTK».

chait par ua coté au budg;el de 1 elat, et par Tautrc à d*înfl«ieiite5 considérations politiques., Je rapprochais de notre époque , celte époque historique où les chasses royales étaient un mécontentement et anf> cause de ruine potir le. royaume. Je me rappelais ces eaillers de bailliages si confus, et je ne pouvais m*empécher de remarquer la sagesse de ces Rois de la RestSffirBtioiJ , qui avaient su non seulement in trodnirc* autant d'ordre dans leurs plaisirs» mats éviter tous les irtconvéniens attachés aux anciennes capitaineries. Ils conservaient l'utile magniticence du spectacle en lui faisant perdre ce qu'il avait de disgracieux pour la ualiori.

Louis X\lil, qui tenait fortemeut aux aucieuueh habitudes, avait en effet décidé dès les premiers jours de la Restauration, que les régleinens. et usages en matière de chasse existant avant la Révolution,

seraient remis en vigueur, dans les limites , bien entendu, que leur posaient les dill'éreiices survenues

IKTRODVCTIOX. 311

dans la coostitulion dn royaume ; aossi le Roi Charles X avail»il tromré à son avèn«ment un ordre de choses tout établi, auquel il n'avait eu qu'à se coor former (i).

Cette administration, comme on le sait, dut tout son progrès à la direction intelligente de M. le comte de Girj^rdin.

A mesure que mon investigation se faisait de plus en plus minutieuse et profonde, je m'apercevais que celte branche de service royal,- ainsi qut; ravait façonné, dirigé la capacité de M. le premier Veneur, u'était pas moins digne d'étude que tous les autres rouages de notre administration publique. La vénerie constituait un ministère unique en France, par l'ordre qui régnait dans toutes ses divisions, par sou eusemUe, par réoonomie qui présidait à toutes les dépenses; c'était aussi une véritable iostilutlon sociale

{\) Voir les Notes.

XII IJITA0]>VCTIOir.

où de nombreux che& de famille trouvaient d'ho-^ norabies emplois , où l'industrie nationale cherchait

et obtenait des encouragemens, et où l'éducation des races chevalioes si utiles à l'exploitation prospère du sol, avait une puissante cause d'amélioratiou et de > progrès.

Dès lors, ces chasses royales <jui, en dépit de quelcj[ues préjugés tout à l'heure oubliés , ne sont pas seulement un agréable, mais un indispensable exercice pour les Princes, acquirent à mes yeux un intérêt éminent, et de là aussi me vint le désir naturel d'indiquer à notre époque contemporaine ce champ iuexploré et où cepenclaul il y avait tant à recueillir.

Le lecteur trouvera, dans quelques unes des pièces et des tableaux que j aauexe à mon livre, tout ce qui est relatif à la constitution administrative de la vénerie. Le reste de l'ouvrage est un cadre où je lûe

(NTRODUGTtOA. XIU

mis efforoé de reproduire ces chasses ayec leurs couleurs, leur élégance, leurs tayaux joyeux» leurs trompes éclatantes, leur niouvementvleur vie, et une . partie de cette galerie de hauts personnages qui y , figuraient ou comme agissans, ou comme spectatteurs.

5aos doute un pareil livre doit rencontrer des préférences. Certaines sympathies lui sont infailliblement acquises. Il va tout droit à la société élevée, tant à cause de sa vérité que de l'exactitude de ses peintures détaillées. Puis serait-il mal à propos d'espérer que le monde fatigué, saturé qu'il est de la littérature romancière, des nouvelles, des contes,

des mémoires, des voyages, de ce cercle où l'enferme la monotonie de l'art d'écrire, applaudira, sinon à Texécutiou de cet ouvrage , que je ne défends pas

d'avance , mais du moins à la pensée qui l'a élevé comme un jalon dans une voie neuve? Les hommes de lettres, au jugement de qui l'exécution du livre

XIV IKTReDVCTlOK.

est abandonnée, remarqueront probablement que ces chasses forment un cadre où il eût été possible d'allier toutes les couleurs de rimagioation ét du roman à la vérité du trait et à la précision du dessin historique. Or 9 n'est-ce, pas là quelque chose d'avoir indiqué, dans le chaos littéraire où nous sommes, unchemin <>ù de pareils résultats peuvent ètpe rencontrés, une route où le lecteur peut se lancer sans risqtier de se trouver perpétuéltement dans les régions qu'il a déjà parcourues?

Pour quelques uns encore > cet ouvrage sera une véritable initiation aux détails, aux mœurs, aux usages de cette monarchie française . aux belles manières qui s'en va devant la France prosaïque et utilitaire. Enfin, si cet espoir nëtait pas réalisé , j'ai l'assurance que» pour quelques autres, ce sera un livri de doul souvenirs et de MVoureuses consolations. Avec lui, ils pourront se remettre en mémoire

• iNnionrcTio.N, XV

de bonues aunces de lear exislence , et ils retrouveroui le parfum de ce temps qui n'est plus , comme on retrouve encore sûr des débris de vieux sèvres les traces des arômes qu'ils renfermaient jadis.

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