Michelet, Histoire de France, t. IX, p
sous LES VALOIS.
L'horloge rappelle une scène de chasse : un cerf de bronze pressé par les chiens , d'un bout de son pied, en s'enfuyant, fait sonner l'heure ' . C'est bien le paradis d'Anet , ainsi que le nomme le poëte du Bellay : des collines harmonieusement ondulées pour abriter, pour masquer la retraite que la magicienne s'est bikie; des eaux vives et jaillissantes, l'ombre, la fraîcheur, tout ce qui endort les sens. Au milieu de ces nymphes, de ces déités qui se jouent dans des bassins de marbre blanc, la vraie divinité du lieu, la Diane de Jean Goujon. Qu'elle est belle ainsi, nue et à demi couchée! Sa main retient et caresse le grand cerf au bois superbe, allangui à son côté; ses lèvres effleurent presque celles du noble animal, son souffle se confond avec le sien. Quelle morbidesse , quelle suavité dans cette pose! A voir le sein à demi formé, on dirait une .jeune flUe; mais le corps aux grandes lignes harmonieusement, accusées, aux contours pleins et robustes, est bien celui d'une vraie femme, d'une femme dans tout l'épanouissement de sa maturité. Le vrai caractère de la beauté de Diane de Poitiers c'était la force, et non la délicatesse ; tout en idéalisant les formes, tout en divinisant la maîtresse du Roi, le grand artiste s'en est souvenu.