De Bruxelles
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« de teste et sans aucun thouret de nez, encores que « le soleil feust fort chault. Elle me demanda si Vos- « tre Majesté alloit de ceste façon à cheval, lajambe « par dessus larson^ et je luy deiz que je ne Vavois <i jamais V eue autrement depuis son advenement en « France, et que d'elle l avaient aprins toutes les <i autres dames de sa court ; elle voulut aussi scaa voir la façon des habitz et plusieurs aultres me- « nues choses, dont il luy pleust estre entretenue <i tant que le chemin dura jusques au lieu où se fai- « soit l'accours. En passant près d'un buisson assez a grand où Ton avoit destourné cinq bestes, elle « trouva les chiens et les veneurs attendans le laisa sez courre et leur feit une remonstrance pour estre <i plus préveoyans aux défences qu'ilz n'avoyent « esté deux jours auparavant, que les bestes les « avoyent forcées et preins autre chemin que le til- « tre qui avoit esté mis , dont elle n'avoit eu aucun a plaisir. Nous veismes aussi en passant les défen- « ces quiestoient à ^'entour du dict buisson, qui sont « petitz cordeaulx tenduz, tous chargez de plumes « blanches à la mode d'Alemaigne, et là laissa tout « ceulx de sa dicte garde rengez par distances este galles pour renforcer les dictes défenses. Nous « passasmes plus oultre et arrivasmes audict ac- « cours en une plaine colineuse et bossue entre le <i dict buisson et la grande forest , mais en fort
« belle veue et assiette pour ce plaisir de chasse ; « ung beau village joignant où il y a force estangs , « prayryes, et petitz ruisseaulx, où logent les dictz « veneurs avec leurs chiens. Au dict accours il y « avoit grand nombre de lévriers et de toutes tailles « atiltrez en divers endroictz pour ne laisser rien « échapper, et jusques au nombre de vingt pour le « moings. Lèvent se trouvoit ung peu haultet faisoit « contraire, et perdre la voye des chiens et des trom- « pes et aussi que le dict buisson où se faisoit la chasse « estoit fort buissonneulx et profond comme j'ay « dict, de façon qu'il vint ung jeune cerf portant dix « à onze, dont le bois estoit fort menu , mais le « corsaige assez grand, et se présenta audict accours « sans en avoir ouy la chasse, et luy furent baillez « tant de lévriers et en queue et en teste qu'il ne « dura poinct et fut incontinant abbatu tout près « de nous de dans une petite barricane venant toute jours en pied montant jusques à ce qu'il feust « forcé desdicz lévriers. La dicte dame fut fort aise a de ceste prinse , encores que le plaisir n'en eust « guières duré, et medeitque j'avois apporté ce bon « heur et que j'aurois ma part de la dicte prinse, « dont j'ay esté saisy dès ce matin d'un quartier de « derrière. Assez tost après vint passer une biche a tout près de nous, à laquelle il fut lâché seule- « ment deux jeunes lévriers pour les mettre en
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a alayne, et en fut poursuyvye jusques en la dicte « forest sans en estre attaincte. Nousatterîdismes le a reste que l'on avoit rapporté estre encores de trois « cerfz et y fusmes jusques au soleil couchant; « mais ils forcèrent les dictes défenses et passèrent « par dessus les toilles comme rapporta le lieute- « nant de monsieur le marquis de Berghes qui est « grand veneur ; et lors nous prinsmes le retour. »
Du vivant de Henri II, Catherine de Médicis « àlloyt quasi ordinairement avecques luy à l'assemblée du cerf et autres chasses *. » Mais il ne faut pas perdre de vue que dans les douze années qui s'écoulèrent de 1544 à i556, elle eut neuf grossesses; elle perdit en i5 5o le duc d'Orléans, et ses deux derniers enfants, nés en i556, ne vécurent pas. Çà et là nous avons pourtant recueilli quelques lettres d'elle où il est question de chasse. De Falaise, le 16 juin 1545, elle écrit à sa cousine, la duchesse de Florence, pour lui annoncer l'envoi de « quatre haquenées des pays et creu de Bretaigne^. » Elle écrit le même jour au duc de Florence pour accompagner l'envoi de six lévriers du pays de Bretagne 3. Laissée en dehors