‹ Les chasses de François Ier racontéesChapitre 24 sur 52 · Brantôme, Panthéon littéraire, t. II, p · texte numérisé non relu

Brantôme, Panthéon littéraire, t. II, p

3. Lettre du 3 août i563. Biblioth. imp., ancien fonds français, n» 8795.

sous LES VALOIS. 63

« et m'a-t-011 faict saigner et prendre de pilleures « (pilules), si byen que m'en aura servy à guérir « mes gales. J'espère que me troverés byen sayne « comme je suys desjà ainsy que ce dict pourteur « qui m'a veue vous dyra. Quant à vos pansion et « argent qui vous est deu, je l'ay mendé de telle a façon au trésorier de l'espargne que je m'asseure « ne fauldra ce qu'il vous doibt et connoistra qu'il « nous deplaist qu'il ne l'a faict. Je ne me puis en- « core guarder de vous pryer de nous venir trover, a qui sera Tendroyt oii je pryeray Dyeu vous don- « ner aussi bonne santé que la vous désire.

« Vostre bonne commère et amye *. »

Charles IX avait également parlé de cette chute au connétable, et celui-ci lui répondit : « Avant « l'arrivée du protestant portant la nouvelle de la « blessure de la Roy ne, elle estoit venue jusques « icy.« En terminant, il priait la Reine de » ne plus « commettre sa vie aux bestes, et voudroit qu'elle « fist veu de ne plus aller qu'en litière 2. »

1. Biblioth. impériale. Ancien fonds français, n^ 8795, fo 54, r».

2. Biblioth. imp. de Saint-Pétersbourg. N" 86 de la Collection des documents français.

Nous reviendrons à Catherine en parlant de François II et de Charles IX, mais auparavant il ne sera peut-être pas sans intérêt d'examiner si elle a transmis son goût de chasse aussi bien à ses filles qu'à ses trois fils.

Nous ne savons rien de Claude de Lorraine. Marguerite de Valois, dès qu'elle eut mordu au fi'uit amer de la politique pour complaire à son frère, le duc d'Anjou, renonça d'elle-même à la danse, à la chasse, aux plaisirs de son âge ; puis lui vint « la « grande folie de l'amour *, » et celle-là a rempli sa Aie. La seule des trois filles de Catherine qui nous semble avoir eu souvenance des belles chasses de France, c'est Elisabeth de Valois, la pauvre prisonnière de Philippe IL Comme sa mère, elle tirait des daims à l'arbalète 2; elle montait sur sa haquenée à la française, ce qui semblait très-étrange aux dames de sa suite, car les femmes de ce pays-là n'allaient jamais que sur mules. Nous empruntons ces détails et ceux qui vont suivre au journal de [la vie privée d'Éhsabeth, journal rédigé par une Française à l'adresse de Catherine de Médicis^.

1 . Hors la folie de l'amour, dit Tallemant des Réaux, elle étoit fort raisonable.

2. Voir notre livre, Deux années de mission en Russie, à l'Appendice, page 2 34 et suiv.

3. Voir notre livre, Deux années de mission en Russie, à l'Appendice, page 2 34 et suiv.

sous LES VALOIS. 65

Voici comment y est racontée une chasse de Philippe II : « Nous trouvasmes le roy aux toiles, au milieu desquelles y avoit une feuillée où la royne, le prince * et la princesse turent menez ; toutes deux y furent à cheval, à la françoyse. Le roy y vint bientost après, qui se mist à les entretenir pendant que la chasse se dressoit; il fyst passer, à plusieurs foys, devant elles et joignant la fueillée, plus de cens dains ; la princesse en tua ung d'un coup d'arbaleste. Je vous asseure que c'estoit pour ce pays cy ung fort beau passe temps qui dura envyron trois heures. Après ilz remontèrent à cheval ; le roy alla veoir s'ils avoient blessé d'autres dains 2.

Ung autre jour la royne et la princesse furent « avec le roy dans le bois à courir après les dains; puis ilz firent abattre les toiles et lâcher les lévriers après les dains ; il en fut prins quatre 3. )>

La chasse était la grande distraction de Philippe II ; il lui donnait tout le temps qu'il pouvait dérober aux affaires^; mais il est loin, comme veneur, de Ferdinand P'', roi des Romains, qui, même l'hi-

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