CHAPITRE VIII
Henri III peut-il être classé parmi les veneurs ? — Son portrait par l'ambassadeur vénitien Morosini. — Conforme à celui de Cavalli. — Sa passion pour les chiens. — Lettre que lui écrit Castelnau pour lui annoncer l'envoi des chiens qu'il a demandés. — Lettre de Marguerite de Valois. — En son temps, Henri III est réputé pour hardi cavalier. — Sa fuite de Pologne. — Lestoile fait allusion à ses prétentions comme cavalier. — Lettre de Henri III au duc de Mantoue pour le remercier de l'envoi d'un cheval. — La race des chevaux de Mantoue. — Les chasses et les chiens de Ferdinand I<^r de Gonzague. — Catherine de Médicis envoie des chiens au duc de Mantoue. — Tout a été dit par M. de Noirmont sur les chasses de Henri IV. — La France au xvii^ siècle possède encore de très-belles races de chiens. — Lettre à ce sujet du prince de Croy au prince de Galles.
evons-nous classer parmi les veneurs l'efféminé Henri III qui écrivait à Villeroy : a Aussi bien suis-je au lit, non
« malade, non pour poltronner, mais pour me re- « trouver frais comme la rose^ »
C'est bien là l'homme dont l'ambassadeur Morosini nous a laissé ce portrait si finement tracé : « Il « finira sa 22® année le 1 9 du présent mois (septem- (( bre iSyS) ; il se présente bien, il est assez grand, {( d'une noble et gracieuse prestance ; il a les plus « belles mains de France ; son aspect serait natu- « rellement grave, si le trop d'afféterie ne lui enlew vait ce je ne sais quoi de sérieux et de digne que la « nature lui avait départi ; mais sa mise, les ornements « dont il se charge, lui prêtent une apparence molle « et délicate. Outre ses splendides vêtements dont « les pierreries et les perles rehaussent la richesse, « il apporte un raffinement de recherche dans son (( linge et l'arrangement de ses cheveux; d'ordi- « naire il porte au cou un double collier d'ambre « cerclé d'or d'où s'exhale la plus suave odeur; ce « qui achève de lui enlever toute gravité, c'est <( d'avoir les oreilles percées comme les femmes, a (mode habituelle chez les Français) ; il ne se u contente pas d'un seul anneau à chaque oreille, il « en porte deux avec de longs pendants de perles et « de pierreries^. »