‹ Les chasses de François Ier racontéesChapitre 40 sur 52 · De Noirmont, Histoire de la chasse, t. I^"", p · texte numérisé non relu

De Noirmont, Histoire de la chasse, t. I^"", p

a pourra trouver par deçà, mais il sera impossible « que le tout soit sy tost prest que le désirez et « aussy que les chiens de sang et lévriers ont esté « envoies chercher devers le nort, comme aussy « pour ma part y ai-je envoyé des gentilz-hommes « mes amis pour essaier de recouvrer quelque chose a qui vouspuisse donner quelque plaisir. Nous avons « envoyé en Flandres pour avoir de ce costé là ce qui (( pourra s'y trouver d'excellent, affin que le tout, « s'il se peult, se puisse remettre en mesme temps « au passage de la mer *. »

Profitait-il au moins de cette vénerie si coûteuse ? Nous en doutons. Pourtant dans une lettre de Marguerite de Valois au roi de Navarre son mari, nous lisons : « Le roy mon frère me commande de vous « escrlpre et me dict qu'il vous escriproit incontinant « qu'il seroit revenu de la chasse, où il est allé pour « trois jours, non sans vous y souhaiter infiniment (( et à une musique qui s'est faicte dans le Louvre^ <( qui a duré toute la nuit et tout le monde aux fe- (( nestres à l'ouyr, et luy qui dansoit dans sa cham- « bre, se plaisant plus à tels exercices qu'il n'a « accoustumé ^. »

1. Cherue], Marie Stuart et Catherine de Médicis,è. l'appendice, p. 226.

2. Lettres de Marguerite de Valois publiées par M. Guessard, p. 292.

sous LES VALOIS. gi

Si Henri III ne fut ni intrépide, ni passionné veneur, il passait de son temps pour un habile ca* valier. Sa fuite à cheval de Gracovie est une vraie course de vitesse : de tous les Polonais qui le poursuivaient, un seul put le joindre, le comte Tennezinski ; les chevaux de tous les autres ne purent fournir la course. Parti la nuit sur un cheval barbe, de grande vitesse, aux rapides allures, aux réactions violentes, il prit en route une jument qu'on lui avait donnée en Pologne. Il courut jusqu'à l'aube, mais ses forces commençant à le trahir, il se fit laver les tempes avec du vin et repartit sur un cheval frais ; c'était le troisième qu'il montait depuis son évasion *. Plus avancé en âge, il conserva toutes ses prétentions comme cavalier : « Le dernier de ce (( mois, nous dit le journal de Lestoile, le roy pre- « noit plaisir à faire voltiger et sauter ung fort beau (( cheval sur lequel il estoit monté, ayant advisé « ung gentilhomme champenois, qui estoit au duc « de Guise, l'appelant par son nom lui dit : Mon (( cousin de Guise a-t-il veu en Champagne des « moines comme moy, qui fissent ainsy bondir et « sauter leurs chevaux ^ ? »

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