‹ Les chasses de François Ier racontéesChapitre 51 sur 52 · I. Charles de Bourbon, né en i489, mort en lôSy · texte numérisé non relu

I. Charles de Bourbon, né en i489, mort en lôSy

l52 LETTRES

veuille, il m'ennuiroiî fort si je n etois auprès d'eulx pour leur faire service. Monseigneur le grant maistre, il me semble que celuy qui avoit dit à Madame que je n'avoys pas bon crédit en Normandie nedoibt pas estre creu, veu comme les affaires du roy se sont portées à ce coup que j'y ay esté, et le acueil qu'on m'y a faict. Je vous en diray plus avant, mais que je vous voye. Au regard d'oyseaulx, à mon arrivée céans, j'ai trouvé que Philippes estoit party au matin, de quoy je vous asseure que je fus bien marry, car il vous eust porté vostre hagart qui est le plus bel oyseau que je pense jamais avoir veu. Je n'avois point commandé au faulconnier qui le baillast à personne, pour ce que je ne scavois pas si vous y deussiez envoyer. Je croy qu'il ne se trouvera pas en ce royaulme ung si bel ni si bon oyseau. — Les lanyers * de monsieur de Lorraine n'ont encores voilé quedeux coups qui commencent très-bien, mais il s'en fault beaucoup que ne aillent encores où va le vostre. Touttefois le faulconnier dict que iront plus hault beaucoup et aussi fera bien le vostre. Pour abréger, je croy que ce seront les troys meil-

I. La plus grande quantité de ces oiseaux fait son aire en Sicile et dans le Milanois. On en trouve aussi en Suisse. Il n'y a point de meilleur oiseau pour la perdrix.

(De Boissoudan, Le Fauconnier parfait, édition des bibliophiles, page 12.)

DE LOUIS DE BRÉZÉ. l53

leurs lanyers qu'on vit jamais. J'auray ung vol pour milan prest dedans huit jours. J'ay sceu que vostre gerfault et vostre tiercelet sont morts, de quoy il me déplaist. Je vous prye que faciez depescher ce porteur incontinent, affin d'accomplir ce qu'il plaira au roy que je face, ce sera la fin, pryant Dieu vous donner ce que plus désirez. A Ennet ce ni® jour d'octobre 1529.

« Vostre amy le plus à vostre commandement,

« Brézé. »

A MONSIEUR LE MARESCHAL DE MONTMORENCY

( Monseigneur le grant maistre,

« Il y a deux choses qui me commencent déjà fort à ennuyer; l'une que je ne vous puis voir, l'aultre que je n'ay de voz nouvelles. J'ay pensé une chose par quoy s'il vous plaist, j'en auray plus souvent; c'est d'adresser les lettres qu'il vous plaira m'escripre à M. de Castres, qui est à Paris, par la poste, et il les envoyra par un laquais. — Vous ne scauriez croire le grant nombre de lièvres et de perdrix que j'ay crouvez en ma garenne et me suis délibéré de n'y courre plus pour la vous garder quant le roy sera icy . — Si vous faites venir des vins de Chaloche, je vous supplye que j'en aye pour le prix du roy ; ceulx que m'avez fait bailler qui estoient à Paris sont fort bons, mais ils sont encore troubles. Si vous estiez icy toutes les fois que je vous souhaiste, je vous verroys bien souvent. — Vous direz s'il vous plaist au roy que

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Lecoq m'a fait response qu'il ne peult amener ses chiens qu'il n'ait huict jours de temps pour les apprendre à aller au couple, mais les huict jours sont présentement passés. — Je scaurois volontiers si le roy a trouvé les chiens que je luy ay envoyez beaux, qui ont esté nourris céans. — Si vous vouliez rien commander en ceste maison, vous scavez que tout estenvostreobéyssance, pryantDieu, Monseigneur, vous donner bonne vye et longue. — A Ennet ce XVI® jour d'octobre (i 529).

« Vostre obéyssant et excellent amy,

« Brézé. y>

î56 LETTRES

A MONSIEUR LE MARESCHAL DE MONTMORENCY

(( Monseigneur mon grant maistre,

'< Pour vous advertir toujours de ce que je fais au faict de ma commission, c'est pour abréger comme j'ay fait avecquesla noblesse de ce baillage de Caux tout aussy comme avecques celle du baillage de Rouen; et vous asseurerai-je qu'il n'a tenu à faire avecques eulx tout et comme j'ay peu qu'ilz n'ayent faict plus gros présent au roy ; mais ilz ont ceste fantaisie que celluy qu'ilz font vault bien autant que celluy que ont faict ceulxde l'Isle de France. Je m'en voys en basse Normandie voir ce que je y pourray faire dont vous serez adverty. Au surplus, Monseigneur, je vous envoyé ung faulcon qui m'a esté envoyé tout à ceste heure, prins depuis quatre jours, de quoy je croy que ne l'estimerez point prest; je vouldrois qu'il fust aussi beau comme il me semble que je le scauroisbien deviser pour le vous envoyer;

DE LOUIS DE BRÉZÉ. I Sy

si à mon voyage j'en recouvre quelque ung plus beau, vous n'en serez point refusé. Il vous playra me faire scavoir de voz nouvelles et à tant je supplyeray le Créateur vous donner tout ce que désirez. De Caudebec le xxn octobre 1529.

• M Vostre très-obéyssant amy,

« Brézé. »

l58 LETTRES

A MONSIEUR LE MARESCHAL DE MONTMORENCY

« Monseigneur le grant maistre,

« Aujourd'huy avons remonstré aux délégués des trois Estats de ce pays de Normandie l'importance des affaires du roy de l'année prochaine et leur avons requis, de par le dit seigneur, que sous la conduicte d'iceulx ils veuillent octroyer pour leur portion de la taille de la dite année la somme de viii viii"", iv*" XLiL, Lx, s. t. laquelle ilz ont trouvé grosse et à eulx importable, veu la povreté du peuple du dict pays, qui a esté fort vexé par les gens de pied qui naguères ont esté levez pour une armée de mer ; touttefoys, Monseigneur, considérant les dictes affaires d'icelluy seigneur, ilz ont accordé la dicte somme estre levée sur eulx et ainsy que leur avons demandé pour luy. Monseigneur, les délégués des ditz Estats ont baillé ung cayer de quelques provisions qu'ilz nous ont requis leur estre données, auxquelles

DE LOUIS DE BRÉZÉ. ï5ç)

avons ordonné sur ce que avons veu estre en nostre pouvoir et du reste leur avons promis en faire requeste de par eulx au roy, affin que son bon plaisir soit pour y voir et de lui remonstrer les points et nécessitez qui sont au dict, dont ilz se sont contentés, espérant qu'il lui playra y avoir regard et que sur tout leur fera donner provision. Monseigneur, après nous estre recommandez humblement à vostre bonne grâce, nous pryons à Dieu vous donner très-longue et bonne vye. Escript à Louviers le xvini d'octobre 1529.

« Brézé — de Ligneris — de Mareillac Genly, Carré, Robertet. »

I 6o LETTRES

A MONSIEUR LE MARESCHAL DE MONTMORENCY

« Monseigneur mon grant maistre,

« Par M. de Villebon j'ay receu les lettres du roy et les vostres et bien entendu que le dit seigneur ne trouve pas raissonnable l'offre que la noblesse du baillage de Rouen luy a faict ; ilz ne se sauroient excuser qu'ils avoient failli, d'autant qu'ilz ne m'ont accordé que, en cas qu'il se trouve que l'offre du relief ne revienne à la valeur du dixiesme, qu'ilz fourniront le surplus. J'ay assermenté les lieutenants des baillifs qui le doivent mieulx scavoir que aultres qui m'ont juré qu'ilz ne le scauroient dire. Je ne pense point partir de ce pays que je ne pense bien asseurer le roy comme il en va ; sitost que Villebon est arrivé, j'ay commis à faire assembler les ditz nobles du baillage de Rouen pour se trouver devers moy, affin de leur délibérer levoulloirdudict seigneur sur l'offre qu'ilz luy avoyent faicte et les

DE LOUIS DE BRÉZÉ. l6l

faire venir à Louviers, parce que, il me semble que j'en chemineray mieulx là qu'à Rouen pour beaucoup de raisons *. Je vous prye faire envers le roy qu'il m'envoye M. de Lisieux, car il m'est advis qu'il y servira beaucoup ainsy que je le rescrys au roy. Je vous envoyé ung faulcon qui est le plus beau que j'aye recouvert, et s'il m'en vient ung aultre plus à mon gré, aussi bien l'auriez-vous, qui sera la fin, pryant Dieu vous donner ce que désirez. Escript à Fougesnon le xxvn d'octobre (1529).

€ Vostre plus obéyssant amy, a Brézé. »

I. Les États de Normandie se tinrent en octobre 1829.. 7. Canel, Recherches sur les États de Normandie.

A MONSIEUR LE MARESCHAL MONTMORENCY

« Monseigneur mon grant maistre,

a Je voy bien que pour m'avoir perdu de vue vous avez perdu la souvenance de moy ; je vous remercie aaltant que m'est possible pour vousadvertir de ma santé; vous devez scavoir que le jour que j'ay laissé le roy à la chasse pour envye de voir voiler ung tiercelet que monsieur de Lysieux m'avoit baillé, je fus six ou sept heures aux champs, qui me donna ung bon accès de fièvre. Mais depuis cela j'ay passé tous les jours que je la debvois avoir sans l'avoir et ay espérance qu'elle ne me reprendra plus. Je fus hier troys ou quatre heures aux champs. Au regard d'oyseaulx je vous advertis que )e n'en vis jamais à mon gré de si beaux et de si bien mués et tous entièrement. Je croy qu'avez bien sceu comme l'ung de mes faulcons est mort, mais pour cela ne vous fail-

DE LOUIS DE BRÉZÉ. l63

lerez de la promesse que vous ay fête et vous donneray mon faulcon sor, qui estoit l'an passé le plus léger et le plus advantageux de tous les myens et le plus fort dedans le vent. J'ay bien espérance que nous voilerons quelque hairon ensemble et là voirez si vous dis vray. Mes faulconniers vous diront que si on luy donnoit guères d'avantage devant le gerfault qu'il ne luy feroit pas cest honneur de l'attendre. Ce beau sacre noir que le roy m'avoit baillé, nommé Giron, est mort et me doubtois bien qu'il ne passeroit pas la mue, car quant on luy faisoit une bonne trayne, il estoit troys ou quatre jours degousté. Après on luy a trouvé une grosse apostume dedans le corps. Il me semble, si mes oyseaulx se veullent bien accorder en l'air, comme j'ay espérance qu'ilz le feront, que je feray troys vols pour milan bons; du moins je suis seur d'ung couple. Je vous jure, ma foy^ que j'ay déjà grant envie d'estre de retour où est le roy et sa compagnie, et que si tost que je pourray endurer d'aller à cheval, je m'en iray ; mais je sais sur quoy ce sera, car je n'ay beste meilleure sur quoy je puisse monter que sur la mulle que le roy m'a donnée ; mais j'ay espérance qu'il aura pitié de moy et qu'il me donnera quelque haquenée, que seray aise, si j'en pouvois recouvrer; je vous asseure que je n'y espargnerois riens pour en avoir. Sur ce je feray fin, pryant Dieu, vous

donner ce que plus désirez. A Ennet, ce n^ jour de septembre (i53o).

« Vostre plus obéyssant amy,

a Brézé.

« La dame de céans se recommande à vostre bonne grâce. »

TABLE

Achicourt (le s"" d'), 48.

Alençon (monseigneur d'),

Amboise(lechâteaud'),23,7o.

Andrinople, 3i.

Anet, 36, 38, 3q, 109, 122,

Angoulême (Charles d'), i lo,

Angoulême (la ville d'), iio,

III, i36.

Angoulême (Marguerite d'),

Anjou (le duc d'), 84.

Annebaut (l'amiral d'), 12,

io5. Artois (les chiens d'), 96.

Aumale (le duc d'), 1 1, 4i.

Baïf (le poëte'i, 85.

Bar-le-Duc, 68.

Barlemont(le sr de», 48.

Baschet (Armand), 92.

Beaujeu (Anne de)^ i3.

Beaumont-le-Roy, 108.

Beaune (le vin de', 127.

Bellay (du), 37.

Bièvre (la forêt de), 27.

Blois (la ville de), i3, 16, 17,

Bohier (Thomas), 126.

Bonnehaut, 10.

Bonval, io5.

Bordeaux (la ville de), i5o.

Bouillon (le duc de), 82.

Bourbon (Antoinette de), 74.

Bourbon (Charles de), i5i.

Bourbon (Renée de), 23.

Brandebourg (le marquis Albert de), 3i,

Brantôme, 45,46,48,62, 80.

Bretagne (la), i3i.

Bretagne (haquenées de), 61.

Bretagne (lévriers de), 51,96.

Biézé (Jacques de), i3, i4.

Brézé (Jean de), i3.

Brézé (Louis de), 12, i3, i4, 29, 3o, 32, 100, 102, 106, 1Ô8, iio, III, 117, 120, 122, 127, i3i, i34, 137, i4o, i43, i45, i47, i4g, i5o, i53, i55, i57, i5g, 161, i64.

Brézé (Pierre de), i3.

Bronzino (Allori, dit le), 46.

Brotonne (la forêt de), io4.

Bryon, 2 5, 26.

Bryon(l'isle de), 1 19.

Budé, 6, 22.

Busbec (le baron de), 3i.

Butement, 137.

Carré, i48^ i4q, i54.

Castelnau, 55, 89.

Castres (M. de), i54.

Caudebec (la ville de), i57.

Caux (le bailliage de), i5o.

TABLE

Gavalli (l'ambassadeur vénitien Marino), i8, 80, 83.

Cellini (Benvenuto)^ 36.

Chaloche (vin de), i54.

Chambord (le château de), 28, I i6j 118, i5i.

Chantilly, 12, 42, 109.

Chantilly (les cerfs de), i46.

Chantonnay (l'ambassadeur d'Espagne), 68, 69, 71, 76, 79, 80.

Charles-Quint, 55, 66.

Charles VII, i3.

Charles IX, 6, 54, 63, 64, 73, 74, 80, 83, 84, 85, 86.

Chartres (le vidame de), 12, 27, 93.

Chartreuse (la grande), 11.

Châteaubriand(la ville de), 81,

Chenonceau, 38,69, 7^' ^^^•

Chinon, 22.

Clamorgan, 85.

Clément VIII (le pape), 44.

Clausse, 4i.

Clery, 119.

Comines, i3.

Compiègne (la ville de), 46.

Condé (le prince de), 70..

Contarini (l'ambassadeur vénitien), 35, 36.

Cosme l'^r (juc de Florence) 16, 17, 46, 68.

Cracovie (la ville de), 91.

Crevecœur (Louise de), 118.

Croy (le prince Alexandre de),

Dampierre, 32.

Danae, 38.

Doryval, 10 1.

Ecosse (1'), 76.

Ecosse (lévriers d'), 93.

Egmont (le comte d'), 55.

Elbeuf (le marquis d'), 11.

Elisabeth (reine d'Angleterre),

Entragues (marquis d'), 10,

|]]spagne (1'), 11, 3o.

Espagne (chevaux d'), 69.

Espagne (le prince d'), 3o.

Este (Anne d'), 8.

Estouteville (madame d'), 120.

Etampes (la duchesse d'), 48.

Evreux (la ville d'), i4o.

Falaise (la ville de), 5.

Ferdinand (roi d'Aragon), 3 1 .

Ferdinand (roi des Romains),

Ferey (l'ambassadeur), 48.

Fleuranges, 22.

Fleury (le château de), 4i.

Florence (la duchesse de), 5i.

Fontainebleau, 36,4i, 53.54,

Formigni (la bataille de), i3.

Fouilloux (du), 22, 85, i3o.

Fourquevaux (de), 61.

France (Charlotte de), i3, i4, François I*', 6, 16, 18, 22

23,^25, 32,45,46,93, ii4,

François If, 53, 54, 64, 67,

Fresnes(^M. de), i44.

Galles (le prince de), 96.

Garcilasso de la Vega (l'am*-

bassadeur), 70.

Garnier (Pierre), 52.

Gaucher (aumônier de Char

les IX), 80.

Genly (M. de), 10, i32, i54.

Gerfaut (le) du Groenland,

d'Islande, de Norvège, 11 4.

Germolles (le vin de), 127.

Gonzague (Ferdinand de), 92,

Gouffier-Boisy, 60, 101,107,

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