CAILLE A CASQUE
La caille à casque ressemble beaucoup au lophortyx de Californie (caille huppée, colin de Californie) ; ses couleurs cependant sont plus vives, plus brillantes. Elle a 0"^5 de long; l'aile 0"12, la queue 0"10.
C'est Gambel qui, en 1841, a découvert ce bel oiseau sur le versant oriental des montagnes de la Californie ; mais sa véritable patrie est sans conteste la province d'Arizona.
« Celui qui veut étudier les mœurs de la caille à casque, mœurs qui semblent être aussi celle de la caille huppée, doit, dit Coues, renoncer à toutes les commodités d'une vie réglée et s'enfoncer dans l'intérieur, à un millier de milles vers l'ouest. Il arrive alors dans un pays désert, où les Indiens Apaches sont encore les maîtres souverains, où le blanc ne peut demeurer qu'à condition d'y livrer des combats quotidiens.
« C'est un pays dont on peut dire qu'il représente le désert dans toute sa majesté. Le sol est sillonné d'abîmes béants, de vallées et de ravins profonds; à côté s'élèvent des montagnes gigantesques; tout est recouvert de masses de laves, lancées autrefois par des volcans éteints depuis longtemps et devenus méconnaissables. Il y a des rivières, mais le voyageur peut mourir de soif tout en suivant leurs lits desséchés; quant aux vastes vallées, couvertes d'une
herbe dure et sèche ainsi que de buissons peu élevés, elles souffrent sans cesse du manque d'eau.
« Celte contrée n'en est pas moins le pays des contrastes les plus merveitiseux. Lies montagnes 1^ plus sauvages enferment des vallées charmantes, humides, toujours vertes et fertiles; d.e grandes forêts, de pins et de cèdres alternent avec des champs de laves désolés ; les flancs des collines sont recouverts de chênes, de mezquile, de manzanita, tandis que sur les bords des cours d'eau croissent les peupliers laineux, les saules, les noyers, entremêlés d'un lacis inextricable de vignes sauvages, de groseilliers, d'épines vertes, de rosiers et d'autres plantes grimpantes. La faune, la flore, le règne minéral présentent un nouveau type ; Fair lui-même paraît être changé. « C'est là la patrie de la caille à casque. » 4 Les formes pleines et arrondies de cet oiseau excluent toute idée de lourdeur; son cou et sa queue sont longs sa tête est petite; les plumes qui la surmontent, élégamment recourbées, lui donnent une grâce incomparable. Sa démarche est légère et feciîe. Aussi la caille à casque peut-elie être classée en tête des oiseaux d* Amérique pour la beauté ; mais elle a encore d'autres avantages : le parfum agréable, le goût savoureux de sa chair font les délices des gourmets. »
Dans FArizona, les cailles à casque habitent toutes les localités, à l'exception des grandes forêts de conifères ; elles aiment mieux cependant les buissons épais et surtout les fourrés de saule, qui bordent les cours d'eau.
Cet oiseau, comme ses congénères, se nourrit principalement de graines» baies, fruits et raisins, sans compter les sauterelles, les coléoptères et les mouches qu'il ne dédaigne pas.
Il a trois cris bien différents : le cri d'appel ordinaire, simple, clair, a§sez harmonieux, répété plusieurs fois, pouvant se rendre par tsching tsching ; le cri amoureux.
— A fô -
sMBeiTierrt fort ohrir, ««^z biew trtcdDit prfr Att/»gf ; fe-tPôisiëme, très sourd, n*est lancé que quand la femelle couve ou conduit ses petits.
c La saison des amofurs dure de mai à août ; n est donc probable qu'il y a deux ou trois couvées par âYi. Le ftombre des petite varie de huit à vingt.
« La huppe élégante, la plus belle pai'ure decet otseaû, sedéveloppe- de bonne hèwre; elle eiiste chez les jeûnes, âgés de quelques jours seulement, mais eMe n'est fermée alers quede trois à quatre plumes et ne devient complète, c'est-à-dire avec huit oyx dix, que^ quand ils peuvent voIér.
« Immédiatement après l'accouptement a lieu la rtaué ; elle se fait lentement et peu à peu. il m*eflt arrivé très rarement, dit Goues, de tuer une caillé à casque qu'on n'aurait pas pu empailler. Les plumes même de la hîqi^pe tombent successivement, et on ne ti-ouve presqtie jamais d'individu qui en soit tout à fait dépourvu. »
Ces oiseaux se reproduisent très bien en capitivi't^. ; il parait démontré aujourd'hui par les résultats qm IMncu* bation aîffôi que l'élevage ne réussissent guère qu'aittanl qu'ils sont confiés k la pondeuîse elle-même. Le mêle se borne à faire bonne garde et à prévenir sa colnpagne des périls qui peuvent la menacer.