CHASSE DU PAON SPICIFÈRE
Oo chasse tous les paons absolument de la niêmp manière.
Cet oiseau parait redouter bien plus le chien et les grands carnassiers que l'homme. Les chiens sauvages, les tigres l'ont fait passer par de rudes épreuves. Un chien cslil sur sa trace, il se perche le plus vile qu'il peut et ne se laisse pas facilement déloger, môme quand le chasseur s'avance, tandis que, s'il n'a affaire qu'à des honniies seuls, il cherche le plus possible son salut dans la course, et ne s'enlève d'un vol iûurxl ci .bruyant qu'après avoir gagné une certaine avance.
On ne saurait dire que cet oiseau soit un des gibiers les plus recherchés des Indo-Européens; cependant aucun chasseur, à ses débuts du moins, ne résiste à la tentation de lui envoyer un coup de fusil, qui ne porte presque toujours que sur sa longue queue tirant encore plus l'œil que celle du faisan; mais les paons sont si communs, leur chasse est si facile que les plus novices parviennent à en abattre quelques-uns. Seulement, ils ne tardent pas à reconnaître par expérience que, neuf fois sur dix, un paon blessé à l'aile et dont les pattes sont intactes est perdu invariablement pour qui n'a pas un excellent chien, la fuite de cet oiseau étant alors d'une incroyable rapidité.
Aux Indes, les vieux chasseurs reconnaissent l'approche du tigre aux allures de ces oiseaux.
Dans les localités où les paons ne sont point regardés comme des êtres sacrés, on en capture un très grand nom-
bre avec des collets, des filets et autres pièges, et on les amène vivants au marché.
De près, cet oiseau se tue fort bien avec du plomb numéro 8; de vingt à vingt-cinq ou trente mètres il faut du numéro 6; plus loin, le numéro 4 est indispensable.
La chair des vieux est tout au plus bonne pour faire du bouillon, mais celle des jeunes se montre très délicate et a un fumet sauvage fort agréable.