‹ Les chasses du globeChapitre 126 sur 206 · CHASSE · texte numérisé non relu

CHASSE

Les Indigènes capturent cet oiseau avec des collets ; ils le vendent, mort ou vivant, de un à deux florins d'Autriche. Sa chair a le goût de celle du faisan ordinaire.

Il est à présumer que la poursuite au fusil doit singulièrement ressembler aux chasses des lophophores, tragopans et paons spicifères.

LE PAON SPICIFERE

Le paon vulgaire habite les Indes etCeylan; on ne connaît pas encore la patrie du paon noir découvert depuis ; quant au paon spicifère qui va nous occuper, il ne se trouve que dans TAssam et les îles de la Sonde.

Nommé aussi paon mutique, paon géant, cet oiseau, connu depuis plus longtemps que le paon vulgaire, est d'un dixième environ plus grand que lui (1) et le surpasse en beauté.

Il est élancé; ses tarses sont hauts; les plumes de sa huppe oflrent des barbes plus larges, disposées en épis. Il a le haut du cou et la tête d'un vert émeraude ; les plumes du bas du cou d'un vert -bleu bordé de vert doré; les plumes de la poitrine d'un vert métallique à reflets dorés; celles du ventre d'un gris brunâtre; les couvertures des ailes d'un vert foncé; les rémiges brun-cuir, avec les barbes externes marbrées de gris et de noir; les rémiges secondaires noires, à reflets verdâtres ; les grandes couvertures de la queue semblables pour la longueur et la disposition des couleurs à celles du paon commun, mais encore plus belles; l'œil gris-brun, entouré d'un cercle nu bleuâti-e; les joues jaune-ocre; le bec noir; les pattes grises. La

(1) Voici ses dimensions ; longueur 1"*40 environ; l'aile est do 0^55 et la queue de 1"'52.

femelle ressemble au mâle, mais n*a pas la queue longue.

Les paons habitent les forêts, les jungles, surtout en montagne ; on les trouve plus souvent dans les couverts entourés de terrains en culture oo coopés par des ravins que dans les grands massifs boisés.

Ils sont extraordinairement nombreux et on les voit par centaines à la fois, là où ils ne sont pas inquiétés, surtout par les Européens. D*iiabitude cependant ils ne forment que des bandes de trente à quarante, qui du reste suflSsent plus que largement à empêcher leurs voisins par des cris presque continuels de dormir en paix.

< Cet oiseau, qui passe invariablement la nuit sur les arbres, ne se montre de jour dans tonte sa splendeur que lorsquMI est perché; sa queue, tantôt k moitié cachée dans les feuilles, tantôt étalée, forme à Tarbre un singulier ornement. •

Son régime est aussi bien animal que végétal. Il mange de tout comme les poules ; mais, gr&ce à sa vigueur, il est en état de s emparer d*animaux assez forts et de dévorer {ou tout au moins tuer) des serpents d*une certaine taille. Lorsque les jeunes céréales sortent du sol, ces oiseaux vont en masse et régulièrement piquer le vert, et, quand mûrissent les baies des pipuls, ils s*en gorgent tellement que leur viande en prend un goût amer très prononcé.

C'est généralement aux environs de ûotre printemps que les paons se reproduisent. On trouve d^ordinaire le nid sur un lieu élevé et sous un grand buisson dans la foret; composé ^e quelques ramilles et de feuilles sèches, il est grossièrement construit. La ponte est de quatre à huit œufs d*après Jerdon, de douze à quinze suivant Wiiliamson; la femelle les couve avec une grande afdeuret ne les abandonne qu*à la dernière extrémité.

Les paons, ayant déjà un certain âge, supportent sans peine la captivité ; les jeunes au contraire sont difficiles à élever.

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