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plus de vingt mille personnes meurent des atteintes de ces redoutables animaux.
Contrairement à une croyance tmp répandue, les serpents ne piffuent pas : la plupart des Protéroglyphes mordent tandis que tous les Solénoglyphes frappent, pour implanter leurs crochets dans la chair des victimes.
En thèse générale, la puissance délétère du venin s'accroit avec Tactivité du reptile, son état de colère, la foi^oe des crochets, la durée de leur maintien dans la plaie et Télévation de la température.
Traité de suite par les ligatures, le débridement de la plaie, le lavage à Talcali ou mieux à Tacide phénique, par la succion qui n'est point sans danger pour Topérateur, enfin par une cautérisation profonde, le mal n*est que plus ou moins enrayé, et il faut recourir à l'alcool que Ton emploie à l'intérieur jusqu'à l'apparition des symptômes de l'ivresse, quitte à y revenir au besoin pendant vingtquatre heures et même plus parfois.
Grâce à cette médication, la seule presque souveraiM jusqu'à ce jour, la guérison temporaire s'ot>tient; mais elle n'est, selon nous, jamais définitive chaque fols que la dose de venin entraînée dans la circulation est assez considérable, car alors, tôt ou tard, presque toujours le blessé succombe à la suite de graves altérations du sang, et, comme on a pu bien des fois le constater en Europe et ailleurs, surtout pour les morsures faites sur des parties entièrement nues (1).
Après ces considérations générales déjà trop longues, nous nous bornerons à l'étude de l'histoire naturelle des
(1) On préconise beaucoup en ce moment rinoculation autour de la plaie d'une pincée de venin concréfié qui guérii-ait définltivement le blessé. Ce l'emcde s'cmployerait avec succès dans rinde, dit-on ; mais l'avenir seuf [jcut en coniirmer refficacité.
trois vipères d'Europe et à décrire leur chasse, celle des autres serpents venimeux confiée presque partout sur terre à des troupeaux de porcs, quoique très utile, étant assez peu intéressante.
LES VIPERES D'EUROPE
Trois vipères existent sur le continent européen et sur les iles qui en dépendent géographiquemenl, à l'exception toutefois (le l'Angleterre et des lies danoises.
La plus petite, la Péliade BéruB,d'une longueur moyenne de (Tes, se trouve depuis le Portugal à l'ouest jusqu'à l'Oural vers l'orient, et elle nionlc dans les Alpes jusqu'à 2.000 mètres au-dessus de la m«r.
La vipère aspic, longue de ff-70 envirwi, ne sort d'Europe que pour se montrer dans les parties seplentrionales de l'Algérie.
Enfin l'Ammodyte, qui mesure jusqu'à 0"75, est surtout une espèce du sud-est de l'Europe ; on ne la voit qu'en Carinthie, Tyrol, Hongrie, If^trie, Dalmatie, Herzégovine, Grèce, et que dans le snd de l'Italie, la Turquie, la Péninsule Ibérique, le ourd de l'Afriqueet une partie de l'Asie Mineure.
Ces trois espèces vivent sur cOTlsins points côte à côte et en bonne harmonie, la péliade et l'aspic en France et en Allemagne, l'aspic et l'ammodyte en Italie- Toutes semblent peu alertes ; elles restent constamment immobiles dans une sorte de stupeur, au moins de jour. On les vuit iilors comme engourdies sous la mousse, on bien sur les brandies sèches autour desquelles elles
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• Sa bouclie s'est ouverte, ses mâchoires se sont «..kte-nent séparées, et la supérieure s'^^Z^^ ^^ droit avec le crâne sur l'échiné; ,^r ^ne tmiAT quoique simple, disposition de la sïuclur^ 6^^^ osseuses les crochets venin.eux se sont reS^'ï^ poml«, algues dirigées efl avant ont pu /^ZT^ e^u peau dans une partie quelconque d^ chaTmoî^T/: Reposer le venin, l^ creclH-ts ensuite se d^, ,^2 n.p.demen qu'ils ont pénétré, et le serpent dIS i^r bile, attendant le i^ultat du virus inocïdé
« Au twut de quelques minutes, parfois de onek...^ «eco,,des seulement, la proie tombe sCaiS ettî^n «près de violentes convulsions. (Test ;iors q^ l! ^ 8 en approche, la retourne, la développe et 1^ Jnd JTI! saisir de façon à la faire entrer dans'ï hLudt^pïl Jj toujours elle est saisie par la tête, puis aval^ n^.^ mécanisme semblable à celui qui sex^ute ch^Ta ZiZ des serpents, cest-à-dire par laction allematived«E mâchoires garnies de dents crechues qui permettent sTc* œssn^inent d'avancer et de reculer. Il esVtrès me ql la vipère essaie d'écraser ou de comprimer s. piSe di« ses replis pour la mettre à mort .. *
Il va de soi que les victimes, pour être ainsi ingunritées. ne <loivent avoir qu'une faible taille. Ne voulant se no!!^ m que d êtres ù sang chaud, la vipère en efflet ne s'atta
-Tique d'Iiabitude qu'aux petits rongeurs, mulots, musareignes, compagnols, souris des champs, taupes, puis aux jeunes des oiseaux qui nichent à terre. Elle ne se résigne aux grenouilles, orvets, lézards et batraciens qu'à la dernière extrémité.
Craignant la pluie et la froidure, ce reptile ne chasse que par une belle journée, et encore n'émerge-t-il de son repaire, au printemps comme à l'automne, qu'âpre la disparition de ta rosée du matin. Bien que la forme de sa pupille puisse faire croire à des habitudes essentiellentent nocturnes, on ne le voit guère de nuit que leté; si alors la cliffleiir devient excessive, il se réfugie au plus épais des bois, ou bien il cherche uti peu de fraiclieur dans les prés humidcset sur les bords de l'eau. Rii cas de nécessité, il nage, mais fort mal.
De mars à novembre, la vipère ebt toujours sur ses gardes; rirai n'^ale sa prudence. Elle cherclie constamment k fuir l'homme qui s'appioclie; si elle ne peut l'éviter et qu'on lente alors do la prendre, ou qu'on vienne }»ar mêgarde k |)oser le pied dessus, elle se défend et frappe avec ses terribles crochets.
On a cru à tort que cet animal fascinait si bien ses victimes qu'elles venaient d'elles-m* me nu devant du trépas. La vérité est que la vipère à l'atTûl se Jette sur sa proie avec une telle rapidité que celle-ci surprise si-mble cwurir à la mort, absolument conmie un eufanteffrayéel perdant la tête se précipite sous les roues d'une voiture qu'il veut éviter.
En Euro|«, vers les premiers jours d'avril, les vipères mettent au monde de t> Ji tS vipéreaux entraînant avec eux les débris de leurs enveloppes. Ces petits mesurent de (ri5 à 0"t8 de longueur et arrivent vite à 0"i3. quoiqu'ils ne mangent alors que dos vers et des insectes. Les femelles veillent sur eux et les défendent avec courage ju.s(|u'à ce que leurs crochets, fortement soudes aux os qui les
r:L ^î.T f-TïïKMli^nl de \\\n\ On a «lit qno fw r^*r-> •v%«.«f3.r'rii k-ui^ enfants, el on a ajouté foi à relie a-\ :N*î;-:«a f*»:ï!f** naturf, piar suite d'une autre tibêurdt fn.«^>:ï<r In-^ ivfan«Jue, à ^\\%\t qu'à la moindre alerte If- s je< fie-M^ disj^Âmissent ilans la houclie ttela nière.
•>< nrî.!:*r> s'erptimli>s^»nl fin octobre ou dans les j->-' f-^ u*\iT^ de novt?nif>n*. A ce iiionient, vipères et ï.r-^^'Vi-xse rvlifvnl dac5 qiiel<|iie ^ralerie souterraine, •:àj> ;.n «vux ifarlire. dans un vieux mur, sous une i.«<.s^ L^vs rf»âisse, pour y attendre, souvent roulés en {o.j^ot e< e:.trvs3ivs, qïie les beaux jours viennent les r>*. -fr^ à 11 \ie. L'hitiernatitm cesse en général au milieu «:.; nt^'is «te n.-ars, el« de suite on voit ces animaux se rw îirfv îkt et se ni«»nlrer d'Iiabitude alors par couples-
1^ \ît jiîîe des vijieres est réellement incroyable. On en a « 1 >iir\i%re à une suNnersion de 8 à 10 heures aans Fr-a:!. m€mf danx talc^^. et résister aux blessures les \\ \> ^n\^\ hrcL Tâblation de la tête semble seule assu- HT V ur n»*«rt «kfinilive.
fi'a'K^ins prvieîïdeni que le venin n'est pas autre chose q .e !a si!i\enN'n)e de ranimai, pinirvuqu'elleait séjourné un ivrtain te:nf*s dans les glandes à venin où elle se niodith* et av^inierl des pn^^priétés toxiques qu elle ne possédait fft>i:it au;«ara\ant. Otte opinion n*est pas fondée le moins du iiH»:tde, fiarwque la structure de la t)0uche et des crochets tie la \\\n^ro s'opp«ise à ce que la salive puisse pénétrer lians les giandt^ eti question.
\a^ \enin donne l'idée d'une substance astringente et It^èreiitent nan\»tique d'une consistance presque gomnKMiso, qui, en se desséchant, jaunit un peu et se concrétitv iTt^l ainsi qu'on le retrouve dans la cavité de la dent ap»^ la mort plus «>u m(»ins ancienne de la bête. Il n'est ni acide ni aliaiin ; s;i :^\em seule reste à déterminer.
On t^timo qn'd faut en général 15 centigi^anmies de \enin abs^»rU' ^niur tuer rapidement uu boinme qui n*est
pas secouru de suile ; or, les deux glaiidos ilo la péliad n'en contiennent rjiie 10, coHea de l'aspic 15 et celles d rammodyle un peu plus, (tonune, d'aiilre part, c-s réser voirs de sécrétion ne se vident jamais entièrement lors d la morsure la plus pi-olongée, on voit que la victime, s on I» traite asspz pronipteiitent, n'ei^l point toujours fata lement condamnée à nmrt
1^ venin de la vipère parait n'avoir aucune action su le corps de certains animaux conmie sur sa propre espèce sur les orvets, les limaçons, les santcsueg, et généralenien d'ailleui's son effet se montre très long à se manifeste chez tous les batraciens,. Quelques mammifères, le porc le blaireau et le hérisson, tuent, à ce qu'il parait, impu néinent les reptiles les plus venimeux et les dévoi-enl ei entier, ne respectant que la tête. La couche épaisse d' graisse dont ils sont revêtus semble expliquer cette im' munité.
Les ennemis des vipères sont : l'Aigle botté, le JeanlC' blanc, les vautours, les buses, les busards, les milans, le: grandes chouettes, les cigognes, les corticaux, les san gliers. les porcs, les blaireaux et le:; licrissonS'
Certes ces animaux détruisent une grande quantité di reptiles, mais il y a beau temps que les Européens, s'il; étaient réellement civilisés et tant soit peu humanitaires auraient dil anéantir cette maudite engeance, ne tût-o que pour leur lionoeur !