CHASSE DES VIPÈRES
Lop$;qiron désire se procurer des vipères vivantes pour des études, il faut, dit Lataste, s^iiifornier, auprès des gens de la campagne, des points qui en recèlent et S7 rendre, la jambe et le pied protégés par de fortes bottes ou par de bons souliers avec guêtres en cuir jusqirau genou et plus pour empêcher les ci-ocliets à venin d'atteindre les chairs.
« On s*armera d'une canne, d*un flacon d alcali (1) et d*une lancette en cas d'accident, et l'on emportera un sac en cuir ou tout autre ustensile capable de recevoir te produit de la chasse.
« Quand on apen^evra une vipère, on mettra le pied dessus et on la saisira h la main par Pextrémité de la queue, ou bien, appuyant la canne sur son corps, on la fera rouler jusque sur la nuque, ce qui permettra de prendre sans danger le reptile par le cou, près de la tête ».
N'en déplaise à I^taste, nous conseillerons aux chasseurs remploi des grandes pinces, qui est infiniment plus sur, et plus commode d'ailleurs pour l'introduction de la prise dans le sar, sans compter qu'il permet setU la capture d'une vipèi*e enroulée sur la branche d'un buisson.
A l'inverse de ce qui précède, les pauvres diables, qui chassent en vue d*une maigre prime départementale, n'ont qu'un objectif bien naturel : découvrir et tuer le
(1) Laiastc a tort d'oublier la deini-lK)UteiUc d'alcool bien plus utile que Talcali traditionnel.
plus de vipères posaibip Kl c'est ce qu'ils foni à l'aide de leurs yeux perçants et d'une baguette d'épine, longue de 1"iO à {""SO, fendue lég^i-einent au petit bout, nioius cassante et tout aussi élastique que celle du coudrier.
De quelle façon opèrenl-ils pour réaliser une fructueuse récolte ? Quelles riihriques emploient-ils y A quelles heures de jour comme de nuit, fouillent-ils le terrain 1 Quel état font-ils de la chaleur, des %'Hriations atmospliériques. de la plus ou moine grande clarté du soleil et de la lune 1 A toutes ces questions, il est impossible de répondre autrement que par des conjectun'it, ces chasseurs ne voulant point divulguer les secreU de leur industrie diurne ou nocturne.
Tout ce que l'on sali, c'est qu'ils garantissent bien leurs jambes, qu'ils veillent avec soin à leurs mains et qu'ils Rttirent les reptiles avec du lait répAndu par ci par là, avec des sifflements de bouche, et puis à l'aide de frôlements particuliers exécutés par le bout fendu de leur baguelleau milieu des leuilles et des brindilles dont le sol est Jonché. Cest pour eux un véritable quine à la loterieque de découvrir un nid lors de l'hibcrnalion puisqu'ils prennent dans ce cas jusqu'à 3u ou 40 animaux d'un coup.
l^jouruii une loi humanitaire imposera & tous les Conseils Généraux «les départements français infestés le vote obligatoire d'une prime raisonnable (0 /r. iS au moitu), par lêle de reptile présentée, l'engeance maudite ne tardera guère è disparaître de noire iMsIle patrie; ce serait l'afTairc de 4à 6 années au plus.