‹ Les chasses du globeChapitre 44 sur 206 · VC · texte numérisé non relu

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capable de le tuer d*un ciiup de patte ou de dents et beaucoup trop agile pour se laisser saisir par un être aussi lourd. »

« La première fois, dit Rengger à son tour, que dans les pampas du Paraguay, j'ai entendu parler de ces étranges luttes qui ne finissent que par la mort des deux antagonistes, je n*y ai pas ajouté plus de foi que d*Azara. Maintenant je ne les tiens point pour impossibles : seulement, je crois qu'elles doivent être fort rares et s'engager alors tout autrement qu'on ne le dit. Le jaguar, en effet, ne donne guère à sa proie le loisir de se mettre sur ses gardes ; il fond à l'improviste sur elle, l'atteint en deux ou trois bonds et souvent la terrasse d'un seul coup. Il arrive parfois pourtant que ce premier coup porte à faux, et alors le carnassier se trouve un moment dans une situation critique, car il est comme prosterné aux pieds de son ennemi et pour ainsi dire à sa discrétion. Ce moment, à la vérité, est fort court; mais, habilement mis à profit, il peut changer la face du combat et permettre au tamanoir de ne pas mourir sans vengeance. >

Cet animal est paisible, tranquille, inoffensif pour les mammifères comme pour l'homme. On peut le chasser longtemps devant soi sans qu'il cherche à résister ; mais, si on le maltraite, il fait face, se dresse sur ses pattes de derrière, étend ses bras vers son ennemi et essaie de le prendre entre ses griffes.

Les Indiens le tuent avec un lourd bâton de i"33à 1"80 de longueur; seulement^ par prudence, ils se tiennent avec soin sur leurs gardes, et sont toujours alors prêts h faire un bond de côté qui leur évite la mortelle étreinte de l'animal. Ils frappent sur la tête ; deux à trois coups suffisent ordinairement pour l'assommer.

Ils ne paraissent point l'assaillir avec leurs flèches et leurs lances, et nous ne sachions pas que les blancs emploient jamais le fusil pour en venir à bout.

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