L*ANE ONAGRE
Un autre &ne sauvage de FAsie, bien différent de Thémione, c'est Tonagre, qu'on nomme kulan ou gurkur dans son pays«
Un peu plus petit que l*hémione, il se montre plus grand et plus fin de jalmbes que Tâne. Il parait habiter, encore de nos jours, le pays des Lutch situé près des bouches de rindus et s'étendre jusqu'en Perse et dans Tancienne Mésopotamie.
Son genre de vie est le même que celui de Thémione et du cheval sauvage. Un étalon conduit la bande composée de juments et de poulains.
Xénopbon dit que l'onagre dépasse à la course les chevaux les plus rapides. De nos jours, on a pu en effet constater qu'il ne le cédait point en vitesse à î'hémione et que de plus il était infatigable.
Ses sens, surtout l'ouïe, la vue et l'odorat, sont si subtils qu'on ne peut guère l'approcher dans les steppes.
Il est très sobre, et c'est tout au plus s'il boit de deux jours l'un. Sa nourriture d^préffiirence consiste en plantes salées ou à suc amer, ce qui ne veut cependant pas dire qu'il dédaigne le trèfle, la luzerne et les autres légumineuses. Quant aux chardons, si chers à l'flne domestique, jamais il n'y touche.
On ne sait absolument rien sur l'époque du rut et sur la
durée de la gestation ; mais il est certain que la jument n'a qu*un petit par an.
Ce sont, parait-il, les onagres qui fournissent les beaux et rapides ânes de selle en Perse et en Arabie. Ces produits ont toutes les qualités de leurs ancêtres sauvages : rélégance, le port, la vélocité, la résistance à la fatigue et la sobriété ; aussi se vendent- ils assez cher.
Quelles sont les méthodes de reproduction ou de croisement usitées dans le pays? Nous n*en savons rien ; il est seulement à notre connaissance qu'un couple d'onagres, possédé jadis par le jardin zoologique impérial de Schœnbrunn, est resté sauvage et indompté.
Cet animal est des plus utiles pour les habitants des steppes. Sa viande, chez les Khirgises et les Persans, a un grand renom de délicatesse ; les Arabes eux-mêmes, qui sont très difficiles en fait de nourriture et qui ne mangeraient jamais de l'âne domestique, regardent l'onagre comme un gibier excellent.
Il en était probablement de même des Hébreux; quant aux Romains, nous savons qu'ils appréciaient fort ta venaison des jeunes. Pline raconte que les meilleurs provenaient de Phrygie et de Licaonie. Mécène fut le premier qui fit servir sur sa table de jeunes métis au lieu de jeunes onagres.
De la peau de cet animal, les Boukhariens font du chagrin et des bottes, qui se vendent à un prix fort élevé.