LE ZÈBRE PROPREMENT DIT
Les zèbres tiennent, d*aprës Brehm, le milieu par leur port entre les chevaux et les ânes. Ils ont tous un pelage en grande partie rayé.
On n'en connaît que trois espèces : le zèbre couagga, le zèbre dauw ou de Burchell et le zèbre proprement dit. Le premier, qui est le moins rayé, a plutôt le port du cheval que celui de l'âne ; le second, plus rayé et un peu plus petit, a été souvent confondu avec le troisième, bien que tout le corps de ce dernier soit rayé.
Ces trois animaux ont sensiblement la même taille et les mêmes mœurs, mais leurs habitats diffèrent. Ainsi le couagga ne se trouve que dans les plaines du sud de rÂfri** que ; le dauw, qui s'y tient également, remonte bien plus au nord, tandis que le zèbre proprement dit est cantonné uniquement dans les montagnes du sud et de Test de l'Afrique, depuis le Gap jusqu'en Âbyssinie.
Quoiqu'il en soit, ce que nous allons dire de ce dernier animal peut très bien s'appliquer aux deux autres espèces.
Le zèbre ressemble moins au cheval qu'à l'âne et surtout à l'hémione. Sa longueur totale est de 2"60 avec l'^SO de hauteur au garot. Il a le corps arrondi, la nuque très bombée, les jambes fortes, la crinière dressée, haute de(W4; la queue poilue presque jusqu'à la racine; les oreilles minces, de moyenne longueur. Son poil est mou,
couché, couleur Isabelle en dessus, avec le ventre blanc. Nous estimons qu*il est inutile de décrire les nombreuses raies qui sillonnent son corps et qui sont si connues.
Les zèbres forment des troupeaux de dix jusqu'à trente individus, qui ne se composent jamais que d'animaux d'une même espèce. On a pu fréquemment voir des antilopes, des gnous, des gazelles, des autruches, circuler au milieu de leurs bandes sans qu'ils s'en inquiètent.
D'ordinaire, les jeunes et les vieux se groupent, mais parfois ils sont séparés, surtout au moment du rut.
Les deux membres les plus vigilants guident le troupeau, qui mange ou se repose tant qu'ils restent tranquilles ; s'ils deviennent attentifs, tous les imitent ; prennent-ils la fuite, tous se hâtent de les suivre.
Sans être très délicats pour leur nourriture, les zèbres ne sont cependant point aussi indifférents que l'âne. Leur riche patrie leur fournit en abondance toute l'année de quoi vivre ; si un canton est épuisé, ils le quittent pour un autre.
La voix de ces animaux rappelle un peu le hennissement du cheval et aussi le braiment de l'âne, mais elle diffère de Tun de l'autre. On peut la comparer jusqu'à un certain point aux hurlements des chiens.
Les zèbres se montrent intelligents, rusés, méfiants, courageux ; ils ont un besoin immense de liberté et des instincts marqués de sauvagerie. Leurs sens ne laissent rien à désirer; l'odorat, la vue et l'ouie sont surtout extraordinairement développés.
Leur vitesse est excessivement rapide, mais ils semblent manquer un peu de fond ; car, après une longue poursuite sur un sol uni, un excellent cheval de chasse peut les atteindre.
On ne sait pas au juste la date du rut et la durée de la gestation ; seulement on est certain que la femelle ne met bas qu'un petit par an.
. Ou yoii souvent au Cap des zèbres vLvaots; ils y sont très recherchés pour leur beauté et leur pelage. Le çouagga est celui gui se laisse le plus facilement apprivoiser ; on
' ea tire même parti à la voiture et aussi comme bête de somme. Les deux autres sont jusqu'à ce jour restés indomj)tables ; mais il est permis de croire qu'avec des soins, de bons traitements, une méthode rationnelle et une grande persévérance on en viendra à bout. Que Ton Jtented*abord la réussite auprès des zèbres qui naissent enf^ptivité dans les jardina ou dans les grands établissements d'acclimatation; le succès obtenu, on reviendra aux animaux sauvages captqrés jeunes.
Les croisements des zèbres avec les autressolipèdes sont féconds, et de plus les hybrides sont capables de se reproduire. (Test là, dit Brehm, un grand gain pour la science, car ce fait renverse la théorie de Tunltéde génération formulée par raphorisme : les animaux d'une mênie espèce peuvent seuls produire entre eux des petits féconds.
Les jeunes zèbres fournissent une chair qui n'est point à dédaiguer ; celle des adultes se montre toujours un peu
^ dure.