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CHASSE DES ZÈBRES

Ces animaux ont pour ennemis tous les carnassiers ;

mais ils se défendent vaillamment contre eux à coups de

pieds et à coup de dent. Les hyènes n'osent les aborder ;

le léopard ne se hasarde à attaquer que les plus faibles,

car les autres lui font lâcher prise en se roulant sur le sol

et le mettent bien vite en déroute avec leurs redoutables sabots et leur solide mâchoire ; le lion est dès lors peutêtre le seul qui réussisse quelquefois à égorger un zèbre. Aussi peut-on dire qu*en réalité c'est l'homme qui est leur principal et leur plus terrible ennemi.

La beauté de leur pelage et la difficulté de leur chasse excitent les Européens. Montés sur des chevaux rapides et ayant du fond, après une longue course sur un sol uni, ils peuvent atteindre la bande» qui ne s'effraie pas trop de l'intrusion des solipèdes domestiques, et la décimer aisément à coups de fusils.

Les colons du Gap emploient ce moyen vis-à-vis du couagga et du dauw. Quant aux Abyssiniens, qui opèrent contre le dauw et le zèbre, ils ne se servent que de javelots pour les tuer.

Ces chasses pénibles sont assez souvent couronnées de succès ; mais d'habitude on prend ces animaux dans des fossés, où on met à mort facilement ceux qu'on ne destine pas à la captivité.

Les grands chefs indigènes ont la coutume d'orner le cou de leurs chevaux de colliers faits avec la crinière des zèbres.

LE

CHEVROTAIN PORTE-MUSC

Tout porte à croire que le chevrotain de Tlnde et celui de la Sibérie sont identiques, et que dès lors, malgré la différence de leur habitat, ce genre n'est représenté que par une seule et même espèce.

Le chevrotain porte musc est un ruminant qui ne manque pas d'élégance; il a la taille du chevreuil, soit 0"80de long et 0"66 de haut. Le train de derrière est plus élevé que celui de devant; les pieds sont grêles, le cou court, la tête allongée, le museau arrondi, les yeux moyens k pupille très mobile, les oreilles ovales moitié aussi longues que la tête. Les sabots sont petits, longs, minces et pointus ; mais un pli que forme le pied leur permet de s'écarter et les ongles rudimentaires touchent le sol ; grâce à cette disposition, l'animal peut se tenir sur les champs de neige et sur les glaciers. La queue courte, épaisse, presque triangulaire, est nue chez le mâle, sauf à l'extrémité qui est garnie d'une touffe de poils. Enfin des poils brun-roux serrés, raides, cassants, assez longs et crépus, plus allongés sur la poitrine, le cou et les cuisses, recouvrent tout le corps.

Le chevrotain porte sous le ventre, entre l'ombilic et les organes génitaux, une poche arrondie^ un peu saillante,

de cinq à sept centimètres de long, large de trois et haute de trois à quatre. De petites glandes pariétales sécrètent le musCy qui se vide lorsque la poche en est remplie* Celleci n*atteint tout son développement que chez le mile adulte, et renferme alors en moyenne soixante grammes de eeU« précieuse substance» très rarement plus,

Cet animal habite les sommets les plus élevés du quadrilatère de montagnes de TAsie centrale. On le trouve depuis r Amour jusqu'àrHindoukgusch, du60'' de latitude nord jusqu'en Chine et aux Indes. Il est surtout abondant sur le versant Thibétain de THymalaya, dans les environs du lac Baïkal et dans les montagnes de la Mongolie.

Le chevrotain se tient, à une altitude de mille à deux mille mètres, dans les forêts sur les pentes les plus raides ; il reste caché tout le jour et ne sort que la nuit. Son existence, à Texception de Fépoque du rut, est lout-à-fait solitaire ; on ne le voit presque jamais quitter le canton qu*il a choisi.

Les mouvements de cet animal sont aussi rapides qu'assurés. Il court avec la légèreté de Tantilope, saute avec Tadresse du bouquetin et grimpe avec Tintrépidité du cbamois. Sur les champs de neige où le chien enfonce, où Thomme peut à peine se mouvoir, il court aisément, sans presque laisser de trace. Le serre-ton de près, il saute sans se blesser au bas de très grands précipices ou bien il se dérobe le long des parois des rochers qui lui offrent à peine de quoi poser le pied. Au besoin, il n'hésite pas à traverser des torrents à la nage.

Il est très bien doué sous le rapport des sens, mais son mtelligence est bornée. 11 se montre craintif sans faire preuve de prudence. Si on le surprend, il ne sait où fuir et se démène comme un furieux ; lorsqu'il est capturé, sa conduite est aussi folle.

Le régime de cet animal varie avec les localités et les saisons : Thiver, il consiste surtout en lichens ; Tété, en

plantes alpines, qui croissent dans les hautes prairies. Le cbevrotain est difficile pour ses aliments; il choisit toujours les herbes les plus succulentes. Celui de Sibérie^ d'après Pallas, se nourrit de racines, de plantes de marais, de feuilles d'arbousiers, de rhododendrons, de myrtilles et de lichens. La qualité du musc paraît, du reste, être en rapport avec Talimentation ; aussi varie- t-elle beaucoup entre les pays d'origine.

A la fin de l'automne, en novembre et en décembre, arrive la période du rut. Les mâles, qui exhalent alors une odeur musquée insupportable, se livrent des combats^ acharnés, et leurs dents saillantes deviennent des armes dangereuses.

Six mois après le rapprochement des sexes, en mai ou en juin, la femelle met bas un ou deux petits, qui restent avec elle jusqu'au rut s^vant^ Ils naissent complètement formés et doivent bien vite pouvoir suivre leur mère.

Les chevrotains nejsont adultes qu'à trois ans révolus, ce qui fait croire que la durée de leur existence ne dépasse guère une vingtaine d'années.

On manque de détails sur la vie de ce quadrupède en captivité. Un chevrotain porte-musc, âgé de quatre ans, fut amené en 1772 à Paris, où il vécut trois ans. On le nourrissait avec du riz, du lichen, des branches de chêne;- il était vif, très inofTensif,' et resta toujours craintif et mé-^ fiant. Il mourut des suites d'une obstruction du pylore par une masse de poils qu'il avait avalés.

La plupart des naturalistes aboient qu'il serait possible d'acclimater cet animal dans les hautes montagnes de l'Europe.

La chair du chevrotain n'est pas du goût des Européens; ce qu'ils recherchent dans cet animai, c'est la poche àr musc dont le contenu donne d'assez beaux bénéfices. En Sibérie, on tue tous les ans, d'après les relevés officiels, 50^000 chevrotains, dont 9,000 mâles settlement.; mais cq

musc ne vaut pas celui de Chine ou du Thibet. Le musc du Bengale a encore une moindre valeur, et le nmsc kabartanin est le plus inférieur en qualité. Voici les prix, suivant provenances, de trente grammes de musc renfermé dans sa poche : Chine, 37 à 45 francs ; Bengale, 30 à 37 fr. ; Tabartanm, il francs.

La peau du chevrotain sert à faire des bonnets, des vêtements ou du cuir qui vaut mieux que le chevreau. Les peuples chasseurs emploient la peau des jambes pour fabriquer des couvertures élégantes, mais ils n'utilisent point celle du corps. Les chevrotains femelles, qui se prennent dans les pièges, sont regardés par les Russes comme ne pouvant servir à rien ; aussi ne se donnent-ils pas la peine de les dépouiller.

CHASSE DU CHEVROTAIN

La chasse de cet animal est difficile. Sa grande méfiance fait qu*on parvient rarement à le joindre à portée du fusil. Toutefois les chasseurs habiles savent profiter de la constance du chevrotain à revenir à son lieu habituel de repos. Effrayé, il se dérobe rapidement aux regards en sautant avec hardiesse de rocher en rocher. Le chasseur alors se cache bien et attend, assuré qu*il est qu'au bout d'une heure au plus, après avoir rôdé autour de la montagne dont il a fait sa demeure, l'animal ne manquera point de regagner son gtte. Si donc on a de la patience et de l'adresse au tir, il est certain qu'on fera toujours feu dans d'excellentes conditions de réussite. C'est aussi sur cette cons-

tante habitude que Ton table lorsqu*on veut preodre le cbevrotain vivant.

Les Tongouses tuent ces animaux à coups de flèches; ils les attirent en imitant leur bêlement au moyen d*un appeau en écorce de bouleau. Seulement parfois au lieu du cbevrotain c*est un ours, un loup, un renard, qui apparaît, trompé lui aussi par le pipeur. .

D^ordinaii'e, on s*empare de ces animaux à Taide de

collets que Ton tend sur les chemins qu'ils suivent, pas pour pas, d'une façon tout-à-fait régulière, et on y trouve le captif vivant encore ou étranglé. En Sibérie, d'après Pallas, on les capture en hiver dans des pièges amorcés avec des lichens. Aux bords de Tléniséi et au Baïkal, on ferme les vallées par des palissades de pieux, et Ton ne laisse qu'une ouverture étroite munie d'un bon lacet.

Le glouton, la belette de Sibérie et les corbeaux troublent souvent la chasse, sans compter qu'ils ne laissent parfois aux trappeurs que les squelettes des animaux pris.

L'ELAN A CRINIERE

spèce n'est représentée aujourd'hui que par l'élan ! et par l'élao original. Notre élude portera seuur le premier, qui est un vrai géant parmi les

mal, célèbre depuis les temps les plus reculés, a ■80 de long sur 2'*00 de hauteur au garot; sa est que de 0"10. De vieux élans peuvent peser iOO kilogrammes, mais la moyenne varie entre ».

corps court et gros, la poitrine large, le garot resque bossu, le dos droit, le sacrum rentré, des bauts et forts, des sabots profondément fendus fichent d'enfoncer dans le sol humide. La femelle, te que le mflle, n'a point de bois ; ses sabots sont S et plus minces, ses ongles plus courts, un peu 1 arnère. Sa tête ressemble à celle de l'âne ou du >us deux ont le pelage court et épais ; sa couletir, a>roux assez uniforme , s'éclaircit l'hiver et se gris.

. du m&le adulte forme une grande cime, simple, ^ aplatie, triangulaire en forme de pelle, dentelée nent sur ses bords, qui est portée par une tige TOUdle, épaisse, entourée de peu de perles, et qui r une saillie osseuse trèâ courte. Dans le courant

du premier automne apparaît la saillie osseuse ; dans le second, un andouiller long de 0*30 qui tombe Thiver. Dans la cinquième année se montre la plaque terminale ; elle s*accroit de plus en plus, et tous les ans le nombi*edes dentelures augmente pour s*arrèter à vingt. Un pareil bois pèse de 19 à 20 kilogrammes.

Cet animal n*habite que les forêts. En Europe^ on le trouve dans la Prusse orientale, laLlthuanie, laCourlande, la Livonie, la Suède, la Norwègeet sur quelques points de la Grande Russie. En Asie, où il est plus commun, on le voit dans tout le Nord jusqu'à l'Amour.

Il se plait dans les forêts de saules, de peupliers, de bouleaux, dans celles surtout qui sont désertes, solitaires et entrecoupées de ravins et de marais. Ceux-ci lui sont indispensables, et, grâce à sa vigueur et à son adresse surtout, il les traverse impunément, alors qu'ils engloutiraient tout autre quadrupède. D'avril en octobre, il ne hante que les bas-fonds, puis, en hiver, il cherche des lieux plus élevés, qui ne soient ni exposés aux inondations, ni couverts de glace. Lorqu'il est inquiété ou que la nourriture est insuffisante, il change de canton.

Par ses mœurs, l'élan diffère beaucoup du cerf, bien que, comme lui, il forme ses hardes de quinze à vingt individus et que, vers l'époque de la mise bas, les vieux mâles s'isolent des bandes, qui restent composées des jeunes et des femelles. Dans les lieux où on ne l'inquiète pas, il rôde et erre constamment, mais il ne paît que la nuit.

D'après Wangenheim, sa nourriture consiste en feuilles et en jeunes pousses de saule, de bouleau, de frêne, de peuplier, de sorbier, d'érable, de tilleul, de chêne, de pin et de sapin, de bruyère, de romarin, de roseau, de céréales et de lin.

Moins rapide, agile et gracieux dans ses mouvements que le cerf, il trotte néanmoins encore assez vite et est en outre bien plus résistant.

Cet animal a une ouïe et une vue excellentes ; son odorat est moins fin. Quant à ses facultés intellectuelles, on peut dire qu'elles paraissent se conformer à sa lourde stature et à son apparence stupide.

Il vit en bonne harmonie avec ses semblables ; ce n'est cependant qu'au moment dés amours que les vieux mâles se joignent aux bardes.

I^ rut, sur les bords de la Baltique, a lieu à la fin d'août; dans la Russie d'Asie, en septembre et octobre. . A ce moment, les mâles surexcités se battent avec fureur et attaquent même l'homme sans provocation. Ils brament' alors comme les cerfs; leurs cris consistent en sons entrecoupés à l'instar du daim, mais beaucoup plus bas. Jamais du reste, en dehors de cette période, on n'a entendu la voix de ce quadrupède.

La femelle porte de trente-six à quarante semaines. La première mise bas est d'un seul petit; les autres sont de deux, en général de sexes différents. Aussitôt après leur naissance, ils se tiennent debout et, le quatrième jour, ils suivent leur mère, qui les laisse téter jusqu'au rut suivant, les soigne avec amour et les défend avec courage.

Les jeunes animaux s'apprivoisent vite, mais ne vivent en captivité que quelques mois chez nous. En Suède, paraît-il, on est parvenu à les atteler aux traîneaux.

La venaison de l'élan et sa peau valent mieux que celles du cerf; son bois est très estimé ; on recherche surtout ses os qui sont durs et d'une blancheur éclatante. Les peuples du Nord se montrent friands de son bois cartilagineux, de ses oreilles et de sa langue.

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