CHASSE DE LA GIRAFE
I^s indigènes ne paraissent pas poursuivre les girafes, et cependant quelques-uns d'entre eux possèdent des
queues de ces animaux et en font des chasse-moucbes très recherchés dans le pays. Prennent-ils ces bêtes à Taide de pièges ? IjCS tuent-ils à Taffût ? C'est ce qu'on [ ignore.
^ Un Européen, Gordon Gumming, a chassé la girafe au
f fusil et à cheval. Il avait sans nul doute des guides du
\f pays pour le conduire aux lieux fréquentés par ces ani-
l' maux, et il était organisé évidemment pour passer quel-
f ques semaines dans les steppes.
I « Aucune plume, dit-il, ne pourrait donner une idée du
l plaisir qu'éprouve le chasseur à passer au milieu d'une
f troupe de girafes. D'ordinaire, ces animaux se sauvent au
^ travers des buissons épineux, qui mettent en sang les
'^' bras et les jambes du poursuivant.
C « A ma première chasse, dix girafes passèrent devant
l moi. Ellbs galopaient tranquillement, alors que mon che-
y val était obligé de prendre son allure la plus rapide pour
\ ne point demeurer en arrière. Ravi du reste par cette ap-
r parition splendide, je les suivais comme enchanté ; je ne
l pouvais croire que j'avais devant moi des êtres réels.
)- « Le sol était ferme et dur. A chaque bond de ma mon-
ture, je me rapprochais ; je poussai enfin au milieu du troupeau et en séparai la plus belle femelle. Celle-ci
^ prit la fuite avec rapidité, sautant, galopant, cassant
i les branches avec son cou et sa poitrine et en jonchant ma
; route.
; c A huit pas, je fis feu et lui envoyai une balle dans le
dos. Poussant mon cheval plus près d'elle encore, je plaçai le canon de ma carabine à quelques pieds de la bête et lui logeai la seconde balle derrière l'omoplate, sans grand effet cependant. Elle prit le pas; mettant alors pied à terre, je me plaçai devant elle, en rechargeant à la hâte mes deux coups. La girafe s*étant arrêtée dans le lit desséché d'un ruisseau, je la tirai dans la direction du cœur ; aussitôt, elle prit la fuite; je rechargoai ot la suivis à cheval ;
Tèta de nouveau ; je descendis une seconde fois et *dai avec étonnement. Sa beauté me ravissait; son iix et foncé , aux cils soyeux, me fixait avec une ion suppliante. Je fus saisi d'tiorreur du sang que tis- Mais la passion de la chasse l'emporta ; j'épaulai aile frappa la girafe au cou. Elle se leva sur ses pieds ière, retomba en ébranlant le sol; un flot de sang Hit de sa blessure, et, après quelques convulsions, urut. B faire cette chasse avec succès, comme il faut rester
trois semaines au moins dans les steppes, on doit lirde chameaux pour les vivres et accessoires, et er trois ou quatre bons chevaux. Mais, si on veut e capturer vivantes quelques jeunes girafes, force 1 d'ajouter à la caravane des vaches laitières pour rrir.
nlérieur de l'Afrique, on conduit ces bétes bientôt liséeset leurs nourrices, à petites journées, jusqu'à
oi[i on les embarque.