LA GIRAFE D'AFRIQUE
La girafe a la tôle et le corps du cheval, le cou. et les épaules du chameau, les oreilles du bœuf, la queue de ràne, les jambes de l'antilope, le pelage de la panthère. Un pareil mélange, dit Brehm avec raison, ne peut produire qu'une créature monstrueuse.
Elle se distingue par son cou d'une longueur démesurée, des jambes hautes, son tronc épais, son dos incliné, sa tête élégante, ses yeux beaux, grands et limpides, ses deux cornes recouvertes par la peau. La hauteur des pattes et la longueur du cou font paraître la girafe un des mammifères les plus hauts elles plus courts.
Cet animal a 2"30 de long; 3™30 de hauteur à l'épaule et de 5 à 6"25 à la tête. La queue de O^'SO semble avoir l^SO si on compte la longueur des poils. L'arrière- train est de O^eo plus bas que legarot. La distance du bout du museau à la racine de la queue est de 4™30, et le poids s'éloigne peu de cinq quintaux.
Il habite actuellement l'Afrique centrale et méridionale, et on ignore jusqu'où il s'étend du côté de l'ouest. Il est à supposer que, ne se tenant d'habitude que dans les steppcs. fuyant les lieux élevés et évitant de plus les épaisses forêts, il ne doit pas se plaire au Congo et dans la Sénégambie, pays montagneux et couverts.
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D'habitude, on rencontre les girafes en petites troupes de six à huit individus ; mais, sur les points où leur sécurité est complète, on voit des groupes qui vont jusqu'à vingt-cinq, rarement plus.
La marche de ce singulier animal est un pas lent et mesuré ; son allure vive consiste en un galop lourd, mais très rapide par suite de Tamplitude de chaque bond ; sa tête alors, renversée jusque sur Tarrière-train, ballotte en tous sens, ce qui produit un drôle d'effet. Un excellent cheval n'est presque jamais capable, s'il est seul, de gagner de vitesse la girafe, qui se montre généralement presque infatigable.
Pour boire et ramasser quelque chose sur le sol, cette bête doit prendre forcément une attitude curieuse ; elle écarte ses jambes de devant et se baisse ainsi jusqu'à ce qu'elle puisse atteindre la terre avec son cou.
D'ordinaire, elle ne se repose que la nuit. Pour se coucher, elle tombe d'abord sur les articulations des jambes de devant, fléchit celles de derrière et, comme le chameau, s'étend sur le côté. Son sommeil est court et léger ; elle semble pouvoir s'en passer pendant plusieurs jours et dormir debout.
La girafe a été destinée par la nature, non pas à paître l'herbe, mais bien à manger les feuilles des arbres; aussi sa langue lui permet-elle, comme l'éléphant avec sa trompe, de saisir les objets les plus petits, de cueillir la feuille la plus délicate. Du reste, la vue, plutôt que l'odorat, semble la guider dans sa récolte.
Elle se nourrit de menues branches, de boutons et de feuilles de mimosées ou de lianes. Tant qu'elle a des aliments frais, on la voit longtemps se passer d'eau ; mais, lorsque la sécheresse fait tomber les feuilles, elle va s'abreuver parfois à plusieurs lieues de distance.
Sous le rapport de l'intelligence, la girafe doit être classée assez haut dans l'échelle des quadrupèdes. Très douce,
très pacifique, elle vit en bonne harmonie avec ses semblables, ainsi qu'avec les autres animaux, tant qu'ils ne la molestent point. En cas d*attaque, elle sait fort bien se défendre, non avec ses cornes qui ne constituent qu'un ornement, mais à Faidede vigoureux coups de pied. C'est de cette façon que la femelle protège son petit contre les carnassiers et que, d'un seul coup de sabot, elle peut renvei'ser un lion ; c'est encore ainsi qu'au temps du rut les mâles se battent avec acharnement.
L'accouplement parait avoir lieu en mars; la gestation durerait de quatorze à quinze mois, et la femelle ne mettrait bas qu'un petit.
Dans les villes de l'intérieur de l'Afrique, on voit souvent des tètes de girafes s'élever au-dessus des murs des jardins, et on en voit même qui errent librement ; mais, en Europe, dans les jardins zoologiques, ces animaux succombent assez promptement à une maladie, qui affecte le système osseux, maladie causée sans doute par les subites variations de température, par le manque de mouvement et par une nourriture non appropriée.
On utilise diverses parties de la girafe : sa chair est parfaitement mangeable ; sa peau tannée fournit un excellent cuir; sa queue est transformée en chasse-mouches, et la corne de ses sabots sert à confectionner divers ustensiles.