LE DUGONG VULGAIRE
dugong est bien évidemment l'animal qui a donné (ance à la fable des syrènes. Les Anciens parcouraient eux qu'il habite et c'est lui seul qu'ils ont pu connalmais, au lieu de leurs contes à dormir debout, les ralistes du XIX* siècle ont pu nous donner enfin une 'iption exacte de la vache de mer.
iauf la tète, qui ressemble à celle d'un hippopotame ou bœuf, cet animal, au dire de Brehm, a tout-Ji-fait arence d'un poisson. Il mesure de 3*^00 à 5°'00 de long. >u est court et gros, nettement séparé de la tête, et se >nd insensiblement avec le tronc, quiest arrondie! va amincissant jusqu'à la queue. La teinte générale du ï est bleuâtre ou gris-blanc, et on y remarque quelsoies courtes, minces et roides. Les yeux sont petits, », fortement bombés et saillants. Chez le mâle, deux ives atteignent une longueur de 0~20 à 0°33 et une iséur deO'HtS; elles représentent deux défenses qui recouvertes dans les sept huitièmes de leur longueur a mâchoire et par la gencive. »
semble que le dugong habite toutes les parties de m Indien. Vers le nord, il remonte jusqu'au milieu de ir Rouge, oii il est très connu, s'accorde à dire qu'il ne quitte point la mer, qu'il
hante le voisinage des côtes et ne s'avance au large que jusqu'à la limite extrême de la végétation ; qu'il se montre rarement aux embouchures, jamais dans les fleuves, el qu'enfin il se tient de préférence dans les baies peu profondes et tranquilles, dont les eaux sont facilement chauffées par le soleil et où les végétaux marins peuvent prendre un grand développement.
Le dugong, qui ne va jamais volontairement à terre» est parfois porté sur le rivage par le flux. Trop paresseux pour se traîner jusqu'à l'onde, il attend qu'un vague vienne le reprendre.
Il se montre à la surface de l'eau environ une fois par minute, sort son museau, respire et plonge immédiatement.
Sur les côtes d'Arabie, les dugongs vivent par paires et rarement en petites familles, tandis qu'on en rencontre de grands troupeaux dans l'Océan Indien.
Les mouvements de la vache de mer sont très lents et très lourds, bien que sa queue ait une grande force. On l'a observée souvent couchée paresseusement au fond de l'eau, arrachant de ses grosses lèvres les algues qui forment la base de son régime et les mangeant tranquillement. Elle ne quitte pas la localité tant qu'il s'y trouve de la nourriture; mais, dès que la prairie sous-marine est épuisée, on la voit émigrer lentement vers un autre point.
L'intelligence de cet animal semble lourde et massive. Ses sens sont peu développés ; sa voix se réduit à des soupirs et à de sourds gémissements.
Ce n'est qu'à l'époque du rut que ces êtres stupides montrent quelque vivacité. Les mâles se livrent des conu bats acharnés pour la possession des femelles; alors la passion les aveugle, ils ne voient plus rien.
Dans la mer Rouge, la femelle met bas un seul petit, au mois de novembre ou de décembre. Partout ailleurs l'époque de la parturition ne nous est pas connue.
Le dugong est une prise fort avantageuse : sa chair, sa graisse et ses dents sont très recherchées. Les Malais, les Arabes et les Abyssins le mangent ; toutefois, les jeunes animaux, dont la viande moins grasse se montre très tendre, doivent avoir le pas sur les adultes. En revanche, un vieux dugong peut fournir vingt-cinq kilogrammes de graisse excellente. La peau, sur les côtes d'Abyssinie, s'emploie non tannée; on se contente de la faire sécher à Tair, et puis on en confectionne des sandales, excellentes pour les endroits secs mais détestables mouillées.
Autrefois les dents de la fabuleuse syrène étaient hors de prix. On en faisait des chapelets auxquels on attribuait des vertus surprenantes, heureuses délivrances des femmes en couches, etc. La foi est partie, et la vente s'en est singulièrement ressentie.