‹ Les chasses du globeChapitre 88 sur 206 · CHASSE DU DUGONG · texte numérisé non relu

CHASSE DU DUGONG

La chasse de la vache marine ne peut se faire qu'à l'époque des amours, parce qu'alors seulement elle se montre imprudente. On la tue avec des harpons, surtout pendant la nuit, quand tout est tranquille et qu'on perçoit mieux de loin les soupirs de ces animaux.

Les harpons employés par les pêcheurs de la mer Rouge ressemblent à ceux qui servent dans le Soudan pour chasser l'hippopotame, et Raffles dit que l'on cherche toujours à frapper l'animal à la queue, dans le but de paralyser toute sa force.

Il ne faut point en effet, quelque lourd que paraisse le

dugong, perdre de vue qu*il met dans ses mouvements une énergie et une vivacité incroyables aussitôt qu'il est blessé par le fer du harpon, c Un négociant allemand de Massaoua m*a raconté, dit Brehm, qu*un de ces animaux, harponné par un matelot, avait entraîné la chaloupe pendant plus d'une demi heure et avait mis l'équipage en grand danger en s'engageant au milieu des récifs de corail les plus périlleux. » Lorsque de pareils cas se présentent, les pécheurs lancent au monstre marin plusieurs harpons pour répuiser au plus vite par la perte de son sang.

On dit que les dugongs se prêtent mutuellement secours en cas de danger. L'on a vu le mile suivre sa femelle blessée et chercher à l'enlever aux pécheurs par les coups terribles de sa queue. Un des deux est-il tué pendant que l'autre est absent, celui-ci retourne aux lieux où son compagnon se tenait, les parcourt en tous sens, et ne les quitte que quand tout espoir de le trouver est perdu.

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