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LES GRIVES ET LES MERLES

Ces oiseaux quittent l'hiver presque toutes les forêts du nord de l'Europe pour en gagner le sud, ainsi qu'une partie de l'Asie et l'Arrique jusqu'à l'Atlas; touterois le merle vulgaire émigré peu, et même on a constaté qu'un assez grand nombre restait en Suède toute l'année, tandis que, traversant l'Europe, le merle k collier gagne l'Arrique avec les grives.

Les merles ne diffèrent pas des grives quant aux caractères génériques; ils s'eo distinguent seulement par le système de la coloration, les mâles aditlles étant presque unicolopes et n'ayant ni la gorge, ni la poitrine, ni les flancs variés de mouchetures, de grivelurcs ou de taches, et les femelles ayant, ce qui ne se présente point chez les grives, une livrée difTérente de celle des mâles.

On voit de temps à autre en Europe quelques grives exotiques. Parmi les espèces Sibériennes, il faut citer la grive brune, la grive deNaumann, la grive à cou roux, la grive pâle, la grive de Sibérie. Dans les espèces d'Améri- [{ue, on rencontre la grive voyageuse, la grive solilaire, la grive de Wilson, la grive lie Swainson et la grive naine. Enfin l'Asie du Sud nous envoie la grive à plumes molles, B grive à gorge noire, et l'Australie sa grive variée. 11 va ;ans dire que nous nous bornerons k cette énumération

succincte, et que sans plus nous revenons aux grives et merles d'Europe.

Tous ces oiseaux, qui sont d*agréables chanteurs ou siffleurs, ne manquent pas d'intelligence. Dans les forêts, leurs signaux d'avertissement sont écoutés et mis à profit par leurs semblables comme par les autres bipèdes emplumés, et même par les mammifères, parce qu'ils ont confiance dans leur ruse, leur prudence, leur vigilance et leur instinctive curiosité à l'égard de tout ce qui est nouveau ou inaccoutumé. Les grives, qui ont grandi au sein des forêts désertes du Nord, sont d'abord faciles à surprendre, à attirer dans des pièges ; mais, une fois instruites par l'expérience, ce qui ne tarde guère, elles ne se laissent plus tromper si facilement.

La chair de ces oiseaux est très délicate. Voici dans quel ordre de mérite on peut les classer, lorsqu'ils sont gras, bien entendu : La grive musicienne ou des vignes, la grive litorne, la grive mauvis, le merle vulgaire, le merle à collier, la grive viscivore ou draine.

Il va de soi que nous ne perdrons pas notre temps à décrire le plumage^ les mœurs, habitudes et régimes d*oi* seaux aussi universellement connus, et qu'il faut nous borner à faire connaître brièvement les moyens usités pour les prendre, soit au point de vue de la volière (i), soit à celui de la table.

(1) En captivité, si la volière est vaste, les grives commcn* cent à faire entendre leur chant dès le mois de février, tout comme en liberté.

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