‹ Les chasses en France et en Angleterre;Chapitre 17 sur 21 · partie le jour môme pour Blois, célébrer les noces d'un sien neveu · texte numérisé non relu

partie le jour môme pour Blois, célébrer les noces d'un sien neveu

Nous retournâmes, en devisant, voir donner la soupe aux chiens, et ce fut M. le curé T... qui, le fouet d'une main et la trompe de l'autre, maintint la meute à distance des auges, puis il célébra ce repas du soir par une éclatante fanfare que répétaient vingt fois les échos de la forêt.

Après un long dîner, on arrêta l'emploi des trois journées que je devais passer à Morvilliers, il fut convenu que le lendemain on chasserait un chevreuil, le surlendemain, le lapin , avec des bassets, et que le troisième jour serait employé à une battue dans des bois marécageux, excellentes demeures pour la bécasse et le faisan.

Le lendemain donc, nous trouvâmes au rendez-vous M. le curé de T..., qui avait détourné un vieux brocard et qui, assis sur la douve d'une fossé, partageait avec Ronfleur, son limier favori, un gros morceau de pain bis-

L'attaque eut lieu immédiatement, et ce fut merveille 'que de voir ce digne et excellent homme monté sur une jument pie aux yeux verts, ne quittant la queue des chiens, les appuyant de la voix et de la trompe, et faisant passer avec une remarquable énergie à cette iumentles obstacles les plus difficiles.*. A quatre heures le brocard fut porté bas par les chiens.

La chasse aux lapins fut le digne pendant du laiséier^ courre de la veille, et M. le curé de T... en tua une cinciuaataine pour sa part. Le lendemain, jour de k battue, il me confirma dans l'opinion que j'avais déjà de lui : c'est vraiment un excellent veneur, mais sans coatreditun. des meilleurs tireurs que Ton puisse voir...

Le jour de mon départ, je quittai M... tout enchanté de l'excellent accueil que j'avais reçu, et conduit au chemin de fer par le piqueur. Sur le sommet d'une colline couverte de bruyère, j'aperçus un homme chevauchant sur une jument pie. Cet homme me fît de la main un signe d'adieu. N'est-ce pas M. le curé de T..., Pierre? Dis-je au piqueur.

— Oui, monsieur, trois fois par semaine, M. le curé va dans les landes, détourner quelque pauvre diable de Sologneau, il lui donne du quinine pour la fièvre, de l'argent pour quelques semaines, et lorsqu'il a fait un heureux, il rentre au village en sifflant la fanfare de la retraite prise.

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