‹ Les chasseures à piedChapitre 11 sur 96 · L'EXPÉDITION DE ROME DE · texte numérisé non relu

L'EXPÉDITION DE ROME DE

t pied readlraot d* ■iSntlèt MTTieet au iig« de RonM. • (Amiral Borar-Wiuiaiiti.)

Omum de Is gnam.

F. pape Pie IX, chassé de sa capitale et réfugié dans les états du roi de Naples, ayant demandé l'assistance des puissances catholi- ' qiips pfnir Ir rMnljIisscTinonl de son autorité temporelle, la l'Vancc seule r^|K>ndit  son * appel.

Au mois de mars 1849, un corps expéditionnaire, composé d'une division i trois brigades , lut organisé et placé sous les ordres du général Oudinot, commandant en chef, et du général Regnault de Saint-Jcan-d'Angely, commandant les troupes. A la 1" brigade (général Mollièrc) était attaché le i" bataillon de chasseurs A pied (commandant DE Marolles).

PramièrM opérations. — Attaqa* bnuqvé*.

La division s'embarque le 33 avril à Marseille et i Toulon, et débarque à Civitta^Vecchia le 35 du même mois. Le 38, elle se met en marche sur Palo, occupé la veille par le l" bataillon de chasseurs à pied ; le lendemain, elle campe h Castel di Guido, d'où part une reconnaissance, reçue h coup de fusil par les avant-pcwtes tomains : les hostilités étaient commencées.

Le 30 avril, la division arrive sous les murs de Rome, qu'elle doit attaquer brusquement ; sa route est éclairée par le i*' bataillon de chasseurs, qui se déploie en tirailleurs, bouscule les avant-postes ennemis, et, par un feu bien ajusté, couvre la marche de la brigade MoUière jusqu'au pied des remparts. Mais là, par suite du mauvais choix du point d'attaque, nos troupes se heurtent à des obstacles imprévus. La mitraille, un (eu de mousqueterie terrible, partis des remparts, forcent le général Oudinot à donner l'ordre de battre en retraite sur Maglianella. Adjoint à la brigade Levaillant et placé à l'extrême arrière-garde, le i*'' bataillon de chasseurs i pied soutient seul, jusqu'à 3 heures du matin, le feu des Romains; aide à dégager d'un chemin creux deux pièces de canon dont les attelages avaient été tués, et permet à la brigade de terminer l'évacuation complète des 250 blessés de la journée. Le i*'^ mai seulement, dans la matinée, le i*' bataillon rallie le camp de Maglianella, où l'on enterre les morts.

De Palo où il avait rétrogadé, le corps expéditionnaire, complété par l'arrivée de la brigade de Chadeysson, reprend sa marche en avant le 11 mai, et va camper le 12 à la Maglianella.

Siè^ de Rome.

Le siège régulier de Rome allait commencer. La défense en était énergiquement dirigée par le triumvirat Mazzini, Garibaldi et Avezzanna, qui gouvernait alors la ville de Saint- Pierre.

Le 3 juin, à 2 h. 1/2 du matin, la brigade Mollière, à la tête de laquelle se trouve le i*' bataillon de chasseurs à pied, enlève la villa Pamphili, le couvent de San Pancrazio, les villas Corsini et Valentini. L'ennemi, partout surpris et mis en fuite par nos chasseurs, laisse entre nos mains 150 prisonniers, plusieurs officiers et le drapeau d'un régiment. Ce fut une affaire sérieuse ; on sonna le toscin à Rome, les remparts se couvrirent de monde, et une troupe imposante vint occuper la villa Corsini. Plusieurs officiers supérieurs des troupes romaines furent tués, et d'après le dire des prisonniers, ils n'eurent pas moins de 1,200 hommes hors de combat. Ce ré.sultat fut redevable principalement au feu meurtrier des chasseurs du i^ bataillon. Le couvent de San-Pancrazio que, par la suite, l'ennemi essaya constamment de nous reprendre, parce qu'il servait de point d'appui à nos attaques, fut solidement occupé parle i*' bataillon de chasseurs à pied.

A la môme heure, une compagnie détachée de ce bataillon, appuyée par deux bataillons du 13'' loger et du 13** de ligne, attaque résolument, enlève le Ponte-Molle et organise rapidement la dé* fense d'une tête de pont provisoire sur la rive ennemie du Tibre, après avoir infligé des pertes sensibles aux Romains. Cette com* pagaie concourt ensuite à faire sauter les ponts de Salaro, Momentano et Mannolo sur l'Anio.

Le 4 juin, & 1 1 heures du soir, la tranchée était ouverte contre la place.

Le lendemain avait lieu la mémorable affaire de San-Pancrazio, où le I*' bataillon de chasseurs i pied repoussait victorieusement les sorties violentes de l'ennemi. A partir du 8 juin, sur la demande du général Vaillant, commandant rartillerie et le génie du corps de siège, les chasseurs à pied fournirent tous les jours une compagnie de garde aux tranchées. « Les chasseurs à pied, dont la carabine portait les balles avec tant de précision, rendirent de grands services. La compagnie qui, chaque jour, était mise à la disposition des officiers commandant l'artillerie et le génie à la tranchée, contribuai protéger efficacement nos travaux. Les meilleurs tireurs, placés dans des positions choisies, forcèrent très souvent l'artillerie ennemie à cesser son feu et à fermer ses embrasures par des sacs i terre ». (Journal des opérations de rartillerie.)

Les travaux d'approche avaient été activement poussés; le siège tirait à sa fin, le moment décisif approchait. Dans la|nuitdu 20 au 21 juin, on prend d'assaut les bastions n~ 6 et 7.

I^ 28 juin, le 2* bataillon de chasseurs à pied (commandant PURSEL) vient compléter le corps expéditionnaire et prendre une large part aux derniers travaux de siège. Une compagnie de ce bataillon prenait le 29 sa première garde de tirailleurs aux tranchées, auprès de celle du i*' bataillon de chasseurs.

Le 30 juin, on s'empare, après un assaut victorieux, du bastion n* 8, dans lequel on prend 7 pièces de gros calibre, et où les Romains se font tnass<icrer ;\ la baïonnette. Le 3 juillet, pendant la nuit, la |>orte San-Pancrazio est enlevée par une colonne d'infanterie, à la tète de laquelle marchait une compagnie du 2*l>ataiIlon de chasseurs à pied.

Des pourparlers s'engagent alors pour la reddition de la place; mais les négociations traînent en longueur , et au moment où la capitulation se signait, les Italiens invectivaient encore nos soldats. « Si vous voulez recommencer la danse, leur criait gouailleusement un chasseur à pied en frappant sur sa carabine, les violons sont prêts. »

— laa — Prita de Roms.

Le 4 juillet, vers midi, la porte dcl Fopolo était occupée, et le soir, à 5 heures, l'année française entrait dans Rome, un mois après la prise de la villa PamphilJ.

Une partie de l'armée romaine suivit Garibaidi dans le Tianstevère.où il ne put être atteint par la i*^ division lancée & sa poursuite.

Le corps d'ocaipation de Rome fut alors organisé; les deux bataillons de chasseurs à pied qui avaient pris part à la conquête romaine y furent attachés. Le i"' bataillon demeura dans les Etats romains jusqu'au mois de décembre 1850. Après avoir rayonné d'abord dans les environs de Rome, puis dans le Transtev6re, où le 10 février 1851, le lieutenant Versini fut tué d'un coup de poignard, le 2' bataillon de chasseurs à pied quitta le coips d'occupation le 21 mars 1851 pour se rendre en Algérie.

Les 7°, 10*, 2o*, 3* et 6* bataillons de chasseurs à pied se succédèrent par la suite dans le corps d'occupation jusqu'à l'année 1870, S'ils n'eurent pas d'ennemis à combattre ni de faits de guerre à accomplir, sauf au combat de Mcntana, dit 3 novembre 1867, auquel le 2* bataillon prit une très brillante part et perdit 6 blessés, ils ne se signalèrent pas moins par de nombreux actes de courage, par leur discipline constante, par leur brillante tenue, et laissèrent ' en Italie un souvenir vivace et une admiration profonde pour l'amie des chasseurs i pied.

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