LA TUNISIE ET LE TONKIN
lltroa aa conngo Intplri, Moi ptr«t eanriulrent la mooda; RI la monde, règinf rt.
En pinie la trmca Itconit.
(CluuU d ~'
CauMi de la gMtn de Tunnie. — Opirationf «n Kroamiria ; traitl du Bardo. — Deuiiètnc expédition de Tunisie. — Fin d« l'eipèdibon. — Lei 27* et 39* batailIoM font putic du corps d'occupation. — Événemanta qui ptécAdérenl l'arriTée da 11* bataillon de chaaaeurs au Tonhin. ~ AHura de Hat. — Colonne de Tam- SiV cl Vcn-Gia. — Colonne de Tromj. — Colonne de Dong Tricn. — Colonna de TanwDao. — Colonne de An-Chan. — Affaire de Mon-Caj. — Affaire d'Ac* KoU — Affaire de Song-Phong (enclave de Packlong). — Colonne de Hoan- Mo. — Dernitrei optiatiocu et raotcée en France du ii'batailkM decbuMtt*.
O&uiM d« U gnen* de Tnnlii*.
. HT^n EPUIS longtemps déjà, les populationt f ^Ê II tunisiennes, limitrophea de la province de l^^flL^I Constantine, commettaient des déprida- '^SBÊr tions continuelles sur notre territoire algi- *^ ' ;- rien. Bri^nds nomades, les indigènes de
ces populations échappaient totalement à l'autoritfï du bcy de Tunis, Moliamed es Sadock, qui, par ce fait, ne pouvait accorder satisfaction 1 dm légitimes revendication!). I.C24 janvier 1878, IcsKroumirsdépouiN Icrcnt et maltraitèrent l'équipage naufragé du navire Irançais l'Auvergne. Le souvenir de cet acte de banditisme était encore vivant lorsque, le 31 mars 1881, les Kroumira attaquent audacieusemcnt, & 60 kilomètres de la Calle, le poste d'Am-Ouergfxid, d'où ils sont repoussés après un sanglant combat soutenu par des détaclivmcntsduj'zouavcsetdu 59* de ligne. Cette fois, la mesure était comble j le gouvcmemeot trançus, résolu i se faire juatke
lui-même, ordonne la formation d'un corps expéditionnaire, sous les ordres du général Forgemol. Quatre bataillons de chasseurs à pied sont envoyés de France dans le courant du mois d'avril i88r, pour prendre part à l'expédition ; c'étaient, à la brigade Vincendon, le 7* bataillon (commandant Jeannerod); à la brigade de Brem, le 27® bataillon (commandant Malaper); et à la 3" brigade de la division Delebecque, le 29^ bataillon (commandant Gerboin); à la brigade Maurand, 4* de renfort, le 30* bataillon (commandant
Léger).
Opérations en Kroumirie. — Traité du Barde.
Les colonnes Vincendon, Galland et Ritter, sous les ordres supérieurs du général Delebecque, entrèrent en Kroumirie à l'ouest par la vallée de la Med jerdah ; les colonnes Logerot , de Brem e1 Gaume, pénétrèrent par le nord, en descendant dans l'ile de Ta berka, et les brigades de renfort Maurand et Bréart, débarquèteni ensuite à Bizerte.
Le 7* bataillon de chasseurs à pied débarque à la Goulette h 1 1 avril, et prend immédiatement part aux opérations de la coIonn< Vincendon. Pendant cette courte expédition de Kroumirie, a bataillon n'assiste qu'à un léger engagement, celui de Sekelt, 1< 26 avril, pendant lequel le chasseur VICTOR est tué.
Le 2g* bataillon se met en marche le 17, avec la colonne Dele becque, pour Koum cl Souk; le 26, il prend part à ua premier en gagement à Hadjer Menkoura; un sergent et un chasseur y son' blessés; le 30, a lieu une nouvelle escarmouche.
Lt 2 mai, le 30* bataillon de chasseurs, commandant i^GER débarque à Bizerte et fait partie de la colonne Bréart, qui preQ< la route de Mateur.
Le 3 mai, le 29* arrive à El Hammam et suit les mouvement de l'armée qui se dirige sur Tunis, après s'être emparée de la vill( du Kef.
Le i^' mai, la colonne Logerot a franchi la frontière tunisienne à Ghardimaou, où est laissé le 27* bataillon de chasseurs, qui ] reste jusqu'au 14 mai, pendant que la colonne continue à s'avance dans la vallée de la Medjerdah.
Le 30* bataillon se met en marche le 12 avec la colonne Bréart qui se dirige sur la Manouba. Effrayé par l'approche de l'armé française, qui était arrivée à 24 kilomètres de Tunis, Mohamed es
Sadock consentit à signer, le 12 mai, le traité du Bardo, qui plaçait ses états sous le protectorat de la France. Le 30* bataillon prend part, le 18 mai, au long et pénible combat de Mateur, qui achève de briser la résistance des rebelles de la région ; il a, dans cette action, 2 hommes blessés, le chasseur MiCHEL et le ciairon Capitan. Le rapport du général Maurand, daté du camp de Matcur, 24 mai 1881, sur le combat livré par la brigade le 18 mai, entre TOucd Chair et TOued Joumin, se termine ainsi qu*il suit : « L'attitude des troupes, qui voyaient le (eu pour la première fois, a été bonne. Je n*ai qu*à nie louer de tous. Je dois cependant une mention spéciale au 30* bataillon de chasseurs, qui a mené le corn* bat en première ligne durant cinq heures, avec autant de sang-froid que de vigueur. »
Un corps d'occupation est organisé pour assurer Tordre intérieur du pays et l'exécution des clauses du traité. Les 27° et 29* bataillons sont désignés pour en faire partie et vont s'installer : le premier à la Manouba, le second à Béja. Le 30* bataillon va occuper Mateur, qui est placé sous le commandement supérieur du commandant LÉGER, du bataillon. Les rigueurs du climat et l'insalubrité de cette ville causent des pertes cruelles au 30* bataillon.
Le 7* bataillon, rappelé en France, rentre à Marseille le 17 juin, au moment des rixes entre les ouvriers français et italiens, et contribue, avec les autres troupes de la garnison, à ramener le calme dans la ville, tout eu évitant l'elTusion du sang.
Deuxième expédition de Tunisie.
En France, on avait malheureusement cru trop tôt que le traité du Bardo avait eu pour effet d'assurer la pacification complète de la Tunisie, car on apprit tout à coup que le personnel et les quel* ques soldats qui occupaient la gare de l'Oued Zargua, sur la ligne du chemin de fer de Tunis à la frontière algérienne, avaient été traîtreusement massacrés, mutilés, brûlés/et[que la gare et ses dépendances avaient été détruites et incendiées. Quelques jours après, une nouvelle insurrection éclate dans Tintéricur de la Tunisie; la ville maritime de Sfax est le centre du mouvement que dirige le cheik Ali ben Khalifa. Une grande effervescence règne dans toute la régence et menace de gagner la vallée de la Medjerdha. Le 3 juillet au soir, le capitaine Matteî, chef d'état-major
du général Maurand, commandant les troupes stationnées à la Manouba, est assassiné par un Maltais resté inconnu. Ses obsèques ont lieu à Tunis le surlendemain. Le 27* bataillon de chasseurs à pied, qui lui rendit les honneurs funèbres, se trouva être ainsi la première troupe française qui soit entrée en armes dans la capitale de la Tunisie.
Le 30* bataillon de chasseurs avait fortifié son camp, àMateur; son attitude énergique et vigilajfite et les sages dispositions prises par le commandant LÉGER, décidèrent les populations de la vallée de Medjerdah à ne pas prendre part au mouvement insurrectionnel.
Le gouvernement français envoie alors de nouvelles troupes en Tunisie pour étouffer le mouvement; le corps expéditionnaire est placé sous le commandement du général Saussier, commandant le 19* corps d'armée. Deux bataillons de chasseurs à pied font partie des renforts expédiés; ce sont : le 23* bataillon (commandant D'HUGONNEAU DE Boyat), et le 28* bataillon (commandant Fleur). Ces renforts partent de France dans les premiers jours du mois de juillet.
La ville de Sfax, bombardée par la flotte française, fut prise d'assaut le 16 juillet par les troupes de débarquement. Gabès, Mehediah, Monastir et Sousse furent successivement occupés. La pacification de la Tunisie ne pouvait être obtenue que par la prise de Kairouan et l'occupation de Tunis. Sur l'ordre du général Saussier, lé général Lôgerot entre à Tunis.
Débarqué à la Goulette, le 28® bataillon de chasseurs fut attaché à la 5* brigade, général Sabattier, qu'il rejoignait au camp de Zaghouan le 3 septembre, après avoir successivement séjourné à la Goulctte et au camp de Carthagc.
Pendant son séjour à Zaghouan, du 3 au 28 septembre, le 28® bataillon a quelques occasions de faire le coup de feu avec les Arabes : le 10 au soir, en allant (2^ et 3® compagnies) au devant d'un détachement envoyé en reconnaissance et ramené assez vivement par les insurgés; le 12, lors de la réparation du canal qui alimente le camp et Tunis, où les i*^, 2" et 3® rompagaics s'cmparèrent avec entrain des hauteurs défendues par les Arabes, et où le chasseur BuiSSON fut blessé; enfin, le 27, le général Sabattier s'était porté au-devant d'un groupe assez considérable de Riah dissidents qui venaient attaquer le camp de Zaghouan : l'ennemi, rencontré au marabout de Sidi ben Hamda et vigoureurement assailli par les i*^ et 2^ compagnies du 28®, se replie sur Foum el Karouba, abandonnant sur le terrain 25 hommes, 4 chevaux et des
armes; 5 clicvaux vivants soDt capturés par la 2* compagnie; le chasseur RiGUERlE, de cette compagnie, est blessé. I^ général Sabatticr s'établit au pont de Fahs, sur la route de Tunis à Kairouan. Du agseptembreau 10 octobre, le 28*^ bataillon de chasseurs concourt avec les autres troupes pour Fescorte des convois et l'aménagement des routes. Le 28 septembre, le 29* bataillon de chasseurs à pied est envoyé à Souk el Arba; il en part le i*' octobre, pour escorter jusqu'au déHlé de Nebeur un bataillon du 80® de ligne, destine à renforcer la garnison de Kef. Attaqué le 2 octobre, audessus de Nebeur, par environ 1,500 dissidents arabes, les deux bataillons forcent le défilé; un chasseur est blessé dans cet engagement. Le bataillon repart le 4 pour Souk el Arba, où il arrive le 5, et met le camp et la gare en état de défense. Il rentre le 19 à Aîn Draham.
Le 29 septembre, le 2^^ bataillon de chasseurs est désigné pour faire partie de la 6* brigade, général Philebert, qui se concentre à Mohamediah. Dans la soirée du 7, il est envoyé à la Manouba, qu'il doit garder pendant que nos troupes font leur entrée à Tunis. 11 rejoint la brigade le 14 octobre à Birin.
Le 1 1 octobre, la colonne Sabattier va camper à El Oukanda, refuge des dissidents qui veulent, dans ce passage difficile d'ailleurs, arrêter la marche sur Kairouan. La ville sainte, que l'on croyait devoir (Sixe, puissamment défendue par les dissidents, allait être enveloppée par trois colonnes : de l'est, venant de Sousse, sous les ordres du général Etienne, qui emmenait avec lui le 23" bataillon (le chasseurs a pied ; de l'ouest, par l'Algérie, général Forgemol ; du nord, sous le commandement du général Logerot, en formation au camp d'El Oukanda. Le tout sous la direction suprême du général Saussier.
Après une fusillade sans importance, le 22 octobre, la colonne Logerot, renfermant la brigade Sabatticr et une partie de la brigade I^hilcbert, qui a opéré sa jonction le 21 octobre^ se met en niarrhc le 23 |)our travcrbcr Kouni-cl-KaroulKi, où reste le général Philebert. Le 28** bataillon de chasseurs est d'avant-garde; les i**, 3* et 4* compagnies rencontrent l'ennemi, enlèvent rapidement les crêtes qu'il occupe en cherchant à barrer la route, et assurent le passage de toute la colonne. Le général Saussier adresse verbalement à ce bataillon ses félicitations pour sa brillante attitude dans cette affaire.
Le 24 octobre, le 27* bataillon fait partie d'une petite colonne légère destinée à aller châtier une fraction de la tribu des Ou-
led-Riabs, razzie les dissidents et rentre le 27 à Foum el Karouba.
Le 27, la colonne du nord arrive devant Kairouan en même temps que la colonne Forgemol , précédée par l'arrivée de la colonne Etienne, dont le 23° bataillon de chasseurs forme l'avant-gardc.
La capitale religieuse de la Tunisie ouvre ses portes. Le général Saussier décide qu'une entrée solennelle sera faite, à titre de récompense, par trois seulement des nombreux bataillons réunis sous ses murs, qui s'étaient le plus distingués par leur belle conduite pendant la campagne. Le 28® bataillon de chasseurâ, le bataillon du i^*" zouaves et celui du 6® de ligne eurent cet honneur, et traversèrent la ville le 28 octobre, ayant à leur tête le général Sabatticr. Du 28 octobre au 12 novembre, le 28° bataillon reste campé sous les murs de Kairouan. Toutefois, du i"*' au 6, il fait partie d'une colonne commandée par le général de Saint'Jean, ayant mission de poursuivre un groupe de dissidents qui s'est réfugié dans le Djebel Ousselet. Le 10 novembre, le 27* bataillon fait partie d'une colonne qui va opérer dans les tribus des Ouled Ayaret arrive à Maktcur le 20 novembre. Le lendemain 21, dans la matinée, la colonne se met en mouvement et échange quelques coups de fusil avec les dissidents qui, dans la soirée môme, demandent à faire leur soumission. Le 27®, qui a parcouru 45 kilomètres dans la journée, campe, vers 9 heures du soir, à Kef-Er-Raî, et, après avoir passé le surlendemain à l'Oued Abassid, est de retour à Makteur le 24.
La brigade Sabattier, faisant toujours partie de la colonne Logerot, se met en marche le 12 novembre, se dirigeant sur Gabès, où elle parvient le 29. En route, à El Founi, le 20, la colonne fait une razzia de 300 tentes, 1,500 Arabes, 500 chameaux et un troupeau considérable. Le séjour au camp de Ras-el-0ued-6abès dura du 29 novembre au 25 décembre. Dans cet intervalle,'du 12 au 23, le 28* bataillon fait partie d*une colonne légère dirigée vers le sud, chez les Mctméta; le 14, l'ennemi offre, aux abords du village de Zerraoua, une certaine résistance que la 2* compag^nie concourt à refouler. Après cette marche dans le sud, la colonne quitte Ras* el-Oued<Gabès le 26 décembre pour remonter à Sousse; elle franchit avec beaucoup de difficultés l'Oued- Akarit, grossi tout d*un coup par une pluie torrentielle, passe six jours à Sfaxet, par Mehedia et Monastir, atteint Sousse le 25 janvier et s'installe sous de grandes tentes, à 2 kilomètres à l'est de la ville. Le 28* bataillon concourt, avec les troupes de la brigade Sabattier, pour exécuter des reconnaissances et escorter les convois.
Le 32 janvier i88a, le 27* bataillon s'installe à Tooed Gilma, où il prend une large part à la construction du caravansérail, et établit une route carrossable traversant la rivière.
Le i**" mai, la colonne Philebert, dont fait partie le 27* bataillon, quitte Bir-Zoummit pour s'avancer dans le Sud-Est et châtier les populations de la ligne des Ksours, qui refusent encore de se soumettre. Au prix des plus grandes fatigues et avec un dévouement absolu , par une chaleur torride et n'ayant d*autre eau que celle portée par les chameaux du convoi , la colonne franchit le désert en trois jours; elle descend ensuite la ligne des Ksours, qu'elle quitte pour marcher, dans l'Iist, dans la direction du Touilet M'Barka; marche ensuite directement dans le Sud-Ouest et arrive le 9 à l'Oued Tatouil , à Tcxtrémité Sud des Ksours tunisiens. Le lendemain, le 27* bataillon, opérant isolément, va appuyer les goums qui opèrent sur Czar Douiret. Il est ainsi le premier et le seul ayant jusqu'ici atteint ce point extrême sud de la Tunisie. Ce bataillon rentre au camp le même jour. Le 24 mai, la colonne arrive à Gabès, où a lieu le licenciement de la brigade Philebert, après une revue passée par le général Forgemol.
Le 27" bataillon, désigné pour tenir garnison à Sousse, y arrive le 30 juin. Il avait, dans la période du 29 septembre 1881 au 30 juin 1882, parcouru, pendant 128 jours de marche, 2,464 kilomètres.
Fin de l*6xpédition. — Les 27« et 29<» bataillons font partie
du corps d*ocoapatioii«
Les dissidents réfugiés dans la Tripolitaine ayant fait peu k peu leur soumission, un corps d*occupation de Tunisie fut orga* nis<^. Les 27* cl 20" bataillons furent di^sij»nés pour en faire partie; les jj", 28* et 30" bataillons reçurent Tordre de rentrer en France. A cette occasion , le gén(''ral commandant le roq)S d'occupation adressait aux bataillons rapatriés en même temps, Tordre du jour suivant :
€ Les 23*. 28*, 30* bataillons de chasseurs à pied et le 84* de ligne vont rentrer en France. I^ général commandant le corps d'occupation ne veut pas laisser partir ces braves troupes sans les remercier du dévouement dont elles ont fait preuve pendant le séjour en Tunisie, soit en supportant des marches longuet et