‹ Les chasseures à piedChapitre 37 sur 96 · LA TUNISIE ET LE TONKIN · texte numérisé non relu

LA TUNISIE ET LE TONKIN

Héros au couneo Iniplrt, No* ptm coiii|ulr«nl )• DMod«; Ht l« inond«, rtgfn'ré, En BTtrde !■ tnuc (èooDda.

fChanI dt» Clumair».)

Ctuie* de la g;uam de Tunine. — Opèradoni an Kmamirtc ; traité da Bwdo. — Deuxième cKpédiliondeTunine.— Fin de l'expidition. — Lc*a7*«t39*b>tai1lo«i font partie du corpa d'occupation. — EièiKmenti qui précédèrent l'arriTte da It* bataillon de chasieurs au Tonkin. — ARaint de Hué. — Colonne de Tan>- SiV cl Ycn-Uia. — Colonne de Trnmjr, — Colonne de Dong Tticn. — Colonne de TaiD-Dso. — Colonne da An-Chan. — Affaire de Moi^ay. — Affaire d'Ac- Kol. — Affaire da Song-Phong (enclave da Packlung). — Colonne de Hoan- Mo. — Oenûtre* opiratiolu et rentrée en France du il* bataillon de chancvn.

Cauim d« U gnem d* TunU».

DEPUIS longtemps déjà, les popuUtioni tunÏMcnncs, limitrophes de U province d« Constantine, commettaient des dé^éàttions continuelles sur notre territoire algè- ' rien. Brigands nomades, les indigèaet de

ces populations échappaient totalement i l'autorité du bcy de Tunis, Moliamcd cs Sailock, qui, par ce fait, ne pouvait accorder satisfaction 1 n<M légitimes revend irat ions. 1^24 janvier 1878, les Kroutnirs dépouillùrcnt et mal traite rcnt l'équipage naufragé du navire Irançats VAuvergne. Le souvenir de cet acte de banditisme était encore vivant lorsque, le 31 mars t88i , les Kroumirs attaquent audacieuscmcnt, à 60 kilomètres de la Callc, le poste d'Am-GuergtMid, d'où ils sont repoussés après un sanglant combat soutcou par dea détachements du 3" zouaves et du 59* de ligne. Cette fois, la mesure était comble; le gouvernement Irançaïs, résolu à se Uire justice

dans la concession française de la citadelle. Dans la nuit du 5 juillet, vers i heure du matin, les troupes logées dans la cita» délie sont attaquées à Timproviste par les Annamites réunit en grand nombre. La compagnie de chasseurs occupe un mur crénelé à Touest de la concession, et lutte jusqu'à 5 heures du matin contre les bandes ennemies, auxquelles elle inflige des pertes importantes.

A 5 heures du matin, dés que les premières lueurs du jour naissant le permettent, la compagnie prend ToffensivQ et se lance à Tassaut d'un mirador placé à 200 mètres environ en avant de la concession. Après avoir enlevé le mirador, les chasseurs se portent en avant en prenant pour objectif le palais du roi. Alors commence une marche difficile à travers les quartiers annamites, que l'ennemi défend pied à pied, et où il a accumulé de nombreux obstacles. A 9 heures du matin, la compagnie atteint le palais du roi, déjà occupé par les zouaves.

La citadelle de Hué est complètement en notre pouvoir. A 3 heures de l'après midi, la compagnie rentrait dans son cantonnement; elle avait eu dans cette affaire i officier, le capitaine BOR- NES, I sergent et 5 chasseurs blessés. Le capitaine BORNES était fait chevalier de la Légion d'honneur; le lieutenant DANIEL et le sous-lieutenant DE BeauchênE étaient cités à l'ordre du corps expéditionnaire pour leur brillante conduite, et 5 chasseurs étaient médaillés.

Le 12 juillet, le 1 1® bataillon reçoit l'ordre de quitter Hanoi pour se rendre à Hué, où il est installé en entier le 21 juillet; 4 officiers de réserve, les sous-lieutenants KOCHE, HvEST, DÀNRIGAL et AuTlit, rejoignent le corps et complètent les cadres des officiers de compagnie.

Pendant le mois de septembre, le 11*, opérant presque toujours par fractions constituées dont la force est proportionnée au but i atteindre et aux difficultés à vaincre, prend part à des rcconnabsances dirigées dans les environs de Hué : N'Hut-Doug (4* compagnie) et Quang-Tri (3* compagnie). L'une d'elles, commandée par le capitaine Kov, livre un combat important à Cho-taï; l'ennemi laisse sur le terrain 70 tués et 6 canons.

Quelques cas de choléra se produisent dans le 11* bataillon, déjà fort éprouvé par les fièvres paludéennes et la dysenterie; au i*"^ octobre, plus de 80 hommes avaient déjà succombé. Le I2 octobre, le chasseur Klein est tué dans une atttaque dirigée sur le village de Yen-da.

Colonne de Tam-8o et Yen-Oia*

Le 25 octobre, un détachement de 75 chasseurs, commandé par le capitaine Petit, quitte Quang-Tri à 5 heures du soir, pour gagner Camc-lo, où il arrive le 26, à 2 heures du matin ; il se dirige le lendemain sur Tam-Sô, que défend une forte redoute, qui est enlevée; six canons abandonnés par i*cnncmi sont cncloués, et le feu est mis au magasin à poudre. La colonne se dirige ensuite sur le village fortifié de Yen-Gia, qui est enlevé après une vive résistance. L*ennemi laisse âur le terrain 31 morts et nous abandonne de nombreux canons.

Le détachement rentre à Quang-Tri le 4 novembre. Par décret du 2 novembre, le docteur ROBERDEAU est nommé chevalier de la Légion d'honneur pour sa belle conduite pendant Tépidémie cholérique.

Colonne de Tramy.

Le 12 novembre, le commandant Cardot quitte Hué avec 100 hommes de la i*^ compagnie, commandés par le capitaine Daniel et le sous-lieutenant BoUTl'EFROY. La colonne doit visiter la province de Quang-nam et cherche à gagner Tramy, forteresse qui sert de refuge à de nombreux rebelles. A travers les difficultés de toute sorte occasionnées par des pluies torrentielles et le manque de moyens de transport, le détachement arrive à Tourane le ig novembre, après avoir traversé le Col des Nuages. Il a mis sept jours à parcourir une distance que Ton franchit habituellement en moins de quatre jours. Le 20, quatorze jonques transportent la compagnie à Quang-nam. I^ar suite des pluies incessantes, le départ de la colonne doit être retardé; elle est renforcée par 88 hommes d'infanterie de marine et accompagnée de trois mandarins dont le Dao, mandarin de la justice, et d*une trentaine d'Annamites armés de lances, qui doivent servir à éclairer la marche; le Père missionnaire Brugére sert d'interprète.

Le 30 novembre, la colonne se met en marche et se dirige d'<ibord sur la forteresse de Dong-Yen, située au sud-ouest de Quang-nam. dans la région montagneuse. Le 4 décembre, elle arrive en vue de Dong-Yen, que Tennemi évacue dès qu*il aperçoit

— 4ïo —

nos troupes, en abandonnant 150 fusils de tous modèles, 500 lances, 6 canons, 200 pieuls de riz et 2,000 kilogrammes de poudre. Le commandant fait remettre le riz aux mandarins, les canons sont encloués, les armes brisées, puis la colonne se dirige sur la forteresse de Tramy, qui est à trois heures de marche. Le souslieutenant BOUTTEFROY, commandant le convoi, est chargé de faire sauter la poudrière, dès que le gros de la colonne sera parti. A la première halte horaire, une explosion formidable se fait entendre ; c'est la forteresse de Dong-Yen qui s'écroule. Après une marche pénible, pendant laquelle la colonne doit franchir à gué cinq arroyos, le détachement arrive vers 4 heures en vue de Tramy. La forteresse forme un carré de 130 mètres de côté, entouré de murs en pierre sèche, précédés d'un fossé profond et surmontés de chevaux de frise solidement attachés; elle est élevée sur une croupe qui s'avance entre deux rivières. Comme à Dong-Yen, l'ennemi se retire à notre approche et évacue la citadelle, dans laquelle on trouve 500 pieuls de riz, 26 canons, 15 fusils de rempart et plus de 3,000 kilogrammes de poudre en caisse. Le feu est mis & la poudrière et, à 9 heures du soir, la citadelle saute. Le 9 décembre, la colonne rentre à Quang-nam, après avoir perdu plusieurs hommes du choléra.

Du 4 au 21 janvier 1886, la 2* compagnie, capitaine BORNES, expéditionne dans le Quang-Binh, y établit des postes et y poursuit les rebelles, dont les bandes dévastent le pays.

Le 29 janvier, le commandant Cardot, à la tête de 50 chasseurs de la 2** compagnie et de 50 zouaves, part pour dégager la chrétienneté de iluong-Tuong, menacée par les rebelles. Le camp, établi sur une hauteur près la chrétienneté , est enlevé après une faible résistance, et le village de To-Xa, où l'ennemi a amassé de grands approvisionnements, est incendié après que les vivres ont été donnés aux chrétiens. Le i^*^ février, le détachement rentre à Quang-Bihn. Pendant tout le mois de mars, les 2* et 4* compagnies exécutent des reconnaissances dans les environs de Quang-Binh et de Quang-Nam, puis elles sont dirigées sur Hanoi, où elles arrivent, la 4", le 26 mars, la 2^ le 1°' avril, et y rejoignent les l'^et 3* compagnies, arrivées le 13 mars.

Colonne de Dong^Trien.

La i*^ compagnie, commandée par le lieutenant Taupin, est désignée pour faire partie d*une colonne qui doit parcourir la région comprise entre Dong-Trieng, Sept-Pagodes et CamLé. Partie de Dap-Cau le 4 avril, cette compagnie explore le massif de Maï< Xu, arrive à Dong-Trien le 31 avril, et rentre à Dap-Cau le 18. .

Le 8 mai, le commandant Cakdo r rentre en France pour raisons de santé; il est remplacé par le commandant PONCET, du ni* de ligne.

Par suite de la réduction du corps expéditionnaire, celui-ci est organisé en une division, qui prend, à partir du i*' juillet 1886, le nom de « Division d'occupation du Tonkin et de TAnnam ».

Pendant les mois de juillet et d*août, la 3* compagnie, sous les ordres du capitaine Danirl, exécute diverses reconnaissances dans les environs des vill.igcs de Pliuloc, Phof^ng-I^i et Ky-Pliu, où elle a quelques engagements de peu d'importance avec les pirates qui infestent cette région.

Le 3 août, un détachement de 60 hommes de la i*^ compagnie, commandé par le lieutenant Taupin, quitte Dap-Cau pour prendre part à une reconnaissance dirigée dans la direction d'AnChan, par le général commandant la 2^ brigade. La colonne comprend, outre le peloton de chasseurs du 11*, une compagnie de tirailleurs tonkinois, des détachements de soldats du génie et de télégraphistes, une ambulance et un convoi de coolies. Arrivé à Kep-Ha, le 6 août, la colonne est arrêtée à 2 kilomètres au-delà, par un arroyo large et profond, qui est franchi sur un pont construit par le génie en deux heures et demie. Le 8 août, la colonne, après avoir traversé le village de Bien-Dong, s'engage dans une région montagneuse, où la marche devient très difficile. Elle est arrêtée, vers 9 heures du matin, par une rivière grossie par des pluies récentes. Toute la journée est employée à faire et à refaire un radeau, cons* tamment emporté par le courant, (|ui est très violent. Tous les essais étant restés infructueux, la colonne revient sur ses pas; le 12 août, les chasseurs 1 entraient à Dap-Cau.

Du 4 au 10 septembre, le capitaine HicOT, avec 50 chasseurs de la 3** compagnie, exécute une reconnaissance sur les villages de Van-Yen et de My-Than, occupés par les Chinois. Ceux-ci se retirent .dans la montagne après une courte résistance, se déro-

— 4ïa — bant ainsi à toute poursuite, à cause des difficultés que présente le terrain.

Colonne de Tam-Dao.

Le 17 octobre, la 3* compagnie reçoit l'ordre de. former l'aile gauche d'une colonne qui , sous les ordres du chef de bataillon commandant le cercle de Thai-Nguyen, doit opérer dans la région du Tam-Dao, occupée par les Chinois; go hommes de cette compagnie quittent AY-Sien le 17 octobre, sous les ordres du capitaine Bigot. Le détachement arrive à Ky-Phu le 20 octobre, et can» tonne dans la pagode, préalablement mise en état de défense. Un aperçoit distinctement des feux dans la montagne pendant toute la nuit^ et on entend des appels de cors chinois. Le 21 octobre, la colonne quitte Ky-Phu à 4 h. 1/2 du matin, et arrive à 6 heures à la pagode de Van- Yen. Quelques coups de fusil partent des bois environnants. I^ détachement se porte rapidement sur le premier village de My-Trang, qui comprend trois agglomérations échelonnées sur la montagne, et s'en empare facilement. A ce moment, 7 heures, la fusillade se fait entendre du côté de Yen*Ra; c'est la colonne du centre qui arrive dans ce village. A 7 heures 35 minutes, la colonne de gauche arrive devant le deuxième village de My-Trang, d'où l'ennemi ouvre un feu bien nourri; les chasseurs ripostent par des feux rapides, qui ont vite raison de la résistance des Chinois, qui se retirent sur le troisième village. Ce dernier , très élevé au-dessus de la plaine, présente une excellente position défensive. La 3* compagnie du 11®, continuant sa marche, attaque le village de front en même temps qu'une section cherche i déborder l'ennemi et à lui couper la retraite. Le troisième village de My-Trang est enlevé et occupé. A ce moment, arrive la colonne du centre, qui s'est emparée dfe Yen-Ra.

L'après-midi est employée à retrancher le poste , à déblayer et à débroussailler les abords du côté de la montagne, d'où partent de temps en temps des coups de feu isolés, dirigés sur les avantpostes.

Du 22 au 29 octobre, de nombreuses reconnaissances sont dirigées sur les pentes du Tam-Dao, fouillant les villages et les abris suspects. Les Chinois s enfoncent de plus en plus dans la montagne, où ils se savent à l'abri de toute poursuite.

Le 30 octobre, la colonne quitte My-Trang, traverse Yan-Yen,

et arrive «\ Ky-Phu sans être inquiétée. La dislocation a lieu le 31 octobre; la 3* compagnie du 1 1* bataillon de chasseurs rentre i Aï-Lien le 2 novembre.

Colonne de An-Ohan.

Le 16 octobre, le commandant PONCET, du 1 1*. avait reçu Tordre de prendre le commandement d'une colonne destinée à opérer dans la région An-Chan, Quang-yen, Hong-gay.

La colonne comprenait : trois sections de la 4^ compagnie du 1 1" bataillon de chasseurs, capitaine PETIT; trois sections de la 8* compagnie du 4" tonkinois, et un détachement du génie. Le commandant PoNCET reçoit comme instructions de disperser les bandes qui se trouvent entre Hong-gay et An-Chan, et de se diriger sur ce dernier point de façon à l'atteindre h peu près en même temps que les colonnes Dugcnnc et Gousset. Le point de Vi- Loaï lui est signalé comme étant occupé par la principale bande.

Le 17 octobre, le détachement du 11* bataillon s'embarque à Hanoï sur la Trombe. Il arrive à Haïphong le 18, à 9 h. 1/2 du matin, et en repart à i heure du soir. La 4* section de la 4* compagnie, sous-lieutenant ChamoriN , qui doit faire partie de la colonne Gousset, débarque à Quang-yen à 4 heures du soir. On passe la nuit au mouillage de Quang-yen.

Le ig octobre, au point du jour, départ pour Hong-gay, où l'on arrive à 9 heures 30. Le commandant trouve réunis en ce point les tirailleurs tonkinois du capitaine Broquiard, 220 coolies et dix jours de vivres. Le 20 octobre, la colonne arrive à Hoanh-B6 et se dirige ensuite sur Vi-Loaï. Elle arrive le 24 à proximité de ce village, après des marches des plus |)énibles.

Vers 9 heures du matin, les éclaireurs de Tavant-garde rencontrent, au tournant d'un sentier, des coolies chinois portant du paddy. A notre vue, les Chinois hlchent leurs charges et se précipitent dans la direction de Vi-Loaï sans que l'avant-garde puisse les rejoindre ni les atteindre de son feu. On presse la marche et, i 10 h. 1/2, la colonne est en vue du village, qui est défendu par un fortin avec réduit. L'ennemi, prévenu par ses coolies, commence son mouvement de retraite et se retire vers le Nord, après avoir opposé une courte résistance dans le fortin. Une section, qui a essayé de couper la retraite de l'ennemi en tournant le village par

la gauche, mais dont la marche à travers les rizières a été un peu retardée par les difficultés du terrain, parvient à tirer avec succès quelques (eux de salve sur les fuyards. La colonne trouve dans Vi-Loaï des armes, des munitions, des drapeaux et du paddy en quantité considérable.

Des reconnaissances, envoyées le lendemain dans dilTérentes directions, constatent que Tennemi s'est retiré au loin dans la montagne. Après avoir incendié le village de Vî-Lx)aï, la colonne reprend sa marche sur An-Chan, où elle arrive le 27 octobre. Elle y fait sa jonction avec la colonne Dugenne ; cet officier supérieur prend le commandement des deux colonnes, réunies en une seule.

Le 31 octobre, départ pour Lang-Lang. La colonne se met à la poursuite des Chinois, signalés du côté de Phu-Tang; elle arrive dans ce village le 6 novembre. Le lieutenant-colonel Dugenne y apprend par des émissaires que la bande a levé le camp avant le jour, ayapt ainsi sur nous sept heures d'avance. Il est impossible, dans ces conditions, de songer à la poursuite immédiate.

La marche est reprise le 7 novembre. Le 8, on aperçoit sur les hauteurs les vigies chinoises et on entend des appels de cor; i'ar* tillerie leur envoie quelques obus pendant que les légionnaires les débusquent d'un village où ils ont amassé des approvisionnements; La bande (île rapidement par les crêtes dans la direction de l'Ouest. Le 9 novembre, la colonne arrive à Ma-Xa, où elle cantonne. De ce point, des reconnaissances sont envoyée dans toutes les directions pour fouiller le terrain et détruire les refuges des pirates.

Le 13 novembre, la colonne quitte Ma-Xa et se dirige sur Bien- Dong, où elle arrive le 16. I^ colonne Dugenne reste à Bîcn- Dong, tandis que la colonne Poncet reprend le chemin de An-Chan. De ce point, elle gagne Hoanh-Bô, qu'elle atteint le 23 novembre. Le commandant PoNCET reçoit l'ordre d'y rester en attendant de nouvelles instructions.

A ce moment, une attaque importante avait été dirigée par les Chinois contre le poste d'Ac-Koï, qui avait eu fort à souffrir. Le i*"" décembre, la colonne PONCKï s^cmbarque sur le Tluian-An et la Bourrasque, à destination d'Ac-Koï, et arrive dans cette place le lendemain. Un peloton de chasseurs à pied et un peloton de tirailleurs tonkinois se rendent par mer à Tien- Yen , direction prise par les bandes qui ont attaqué Ac-Koî le 27 novembre, tandis qu'un autre peloton s'y rend par terre. Ces deux détachements rentrent à Ac-Koï le 9 décembre. Le 6, la i"* et la 3* compagnie du II* bataillon de chasseurs rejoignent la colonne qui doit servir

d*escorte à la commission de délimitation des frontières entre la Chine et le Tonkin. Le 15 décembre, la colonne occupe Mon-Kay sans coup férir et s'y installe en attendant la commission de délimitation, qui arrive le 25.

Affaire de Mon-Kmy.

Au mois d'avril 188O, le sousiicutcnant MiTTAlNK avait été chargé d'occuper le poste d' Ac-Koï avec une section de la 2® compagnie du 1 1" bataillon. Le 23 juin, le lieutenant DK Mac-MahoN prenait le commandement de ce poste. Un détachement de i sergent, I caporal et 20 chasseurs avait été envoyé à Mon-Kay pour servir d'escorte à M. Haïtce, membre de la commission de délimitation des frontières. Ce détachement, moins deux chasseurs, quitte Mon-Kay le 20 novembre, pour escorter le lieutenant Bohin, attaché à la< ommission de délimitation qui va relever la frontière du cap Packlung à Trung-Son. Il est remplacé par un détachement de i caporal et 10 hommes partis d'Ac^Koi le 19.

La citadelle de Hai-Ninh, voisine de Mon-Kay, est occupée par ce détachement, M. | Haïtce ne gardant près de lui à Mon-Kay que trois chasseurs et quelques miliciens.

Dans la nuit du 22 au 23 novembre, la citadelle d* Hai-Ninh est attaquée par' les pirates, vers 4 heures du matin. 1^ sentinelle ayant donné Talarme, le poste se porte aux para|)ct8 et repousse l'ennemi.

Pendant les journées du 23 et du 24 novembre, on remarque une agitation anormale parmi les commerçants chinois de Mon-Kay, qui déménagent leurs magasins. Tout fait prévoir une attaque prochaine à laquelle, cependant, M. Haïtce ne veut pas croire. Dans la nuit du 24 au 25, une bande de pirates s'introduit dans la ville vers 2 heures du matin , favorisée par la complicité du chef de congrégation chinois qui lui ouvre les portes de Mon-Kay, toujours fermées à partir de la tombée de la nuit. Les pirates se précipitent vers la maison occupée par M. Haïtce et en font le siège. Celui-ci n'a à sa disposition que trois chasseurs et deux miliciens, les autres miliciens l'ayant abandonné dès le commencement de l'attaque. Les chasseurs, embusqués près des fenêtres, ouvrent le feu sur Tenncmi et le tiennent à distance aussi longtemps qu'ils le peuvent ; mais ils sont bientôt obligés de quitter la maison, dont

— 4i6 — les pirates ont défoncé la toiture et i laquelle ils ont mis le feu à Paide de fusées incendiaires. Groupés autour de M. Haîtce, les chasseurs essaient de gagner la citadelle en se faisant une trouée à coups de fusil et de baïonnette; ils avancent péniblement à travers les rues étroites , se protégeant mutuellement contre leurs agresseurs. A ce moment, le chasseur Mavet est frappé d'une balle; son corps tombe entre les mains des Chinois, auxquels il n'est pas possible de l'arracher : sa tète, piquée au bout d'un bambou avec la tête d'un chien, fut promenée toute la journée par la ville par un Chinois qui avait revêtu les effets du malheureux chasseur.

M. Haîtce et les deux chasseurs parviennent à gagner la maison du doï de la police , qui les recueille. La maison assaillie et les portes défoncées, ils se décident à sauter dans la rivière de Tock Ham, et gagnent les premières maisons de Haî-Ninh, où ils rencontrent le caporal Blanc qui, à la tête de quatre chasseurs et de six miliciens, s'était porté à leur secours. Attaqués en même temps que M. Haîtce, ils n'ont pu venir plus tôt. La petite troupe rentre dans la citadelle sans encombre. La garnison de la citadelle se composait alors de Blanc, caporal; Haulard, Dupérbaux, Bax, Clouze, Insergnet, Landreau, Cassagne, Garauob, Magaud, Bênèteau et Bourreau, chasseurs; MM. Haîtce, Perrin, commis de résidence, et Perlay, employé du génie. Il restait en outre quelques miliciens qui n'avaient pas déserté.

Pendant trois jours et trois nuits, cette faible garnison repousse toutes les attaques des pirates, qui enveloppent la citadelle de tous les côtés, et tentent l'assaut à plusieurs reprises, en ne laissant aucun repos aux défenseurs. Le 25, les pirates incendient le village de Haî-Ninh et les hameaux environnant la citadelle. La réserve de munitions destinée à la milice permet de tenir jusqu'au 27 au matin. Mais l'eau et les vivres manquent; bientôt il ne sera plus possible de répondre au feu de l'ennemi, faute de munitions. Voyant qu'aucun secours n'arrive, au moment où il ne reste plus que cinq paquets de cartouches par Européen, on décide de tenter une sortie pour gagner Ac-Koî. Le 27, à 7 heures du matin, les quinze défenseurs, formés en groupe, franchissent les portes de la citadelle, cernés bientôt par une nuée de 1,500 Chinois environ; ils sont séparés par petits groupes et ne peuvent se réunir, malgré tous leurs efforts. Ils arrivent ainsi au bord du fleuve de Tock- Mang, dont ils sont obligés de suivre la rive, en se défendant à coups de fusil et à coups de baïonnette. M. Haîtce, se croyant perdu, tente de se tuer, mais son revolver rate. Un arroyOi

affluent du fleuve, les arrête de nouveau. Il ne reste à ces braves que deux alternatives : traverser le fleuve rapide et profond, ou remonter le long de TarroyodeTchouk-San. M. Perrin et le chasseur dX)!;/!*: sont tués en tentant de |Kisscr Farroyo à la nage, et décapités dans le fleuve. Le chasseur Garaude est tué d'un coup de lance. M. Perlay , qui s'est jeté à la nage, se noie en se défendant contre les pirates qui le poursuivent. M. HaTtce et le chasseur Magaud, qui ont pris le grand fleuve, tombent entre les mains de l'ennemi. Le caporal Blanc, blessé au genou droit, se jette à la nage dans l'arroyo avec quatre chasseurs; l'un d'eux, CassagNB, est tué dans l'eau, mais les autres atteignent la rive opposée. Il reste encore les chasseurs Bax, Dupéreaux, HAULARDet BOUR- REAU , qui, séparés de leurs camarades, remontent la rive de l'arroyo et se dérobent à la poursuite de l'ennemi, qu'ils perdent dans les palétuviers. Ayant découvert un sampan, ils traversent le grand fleuve, qu'ils descendent jusqu'à Tembouchure; là, ils rallient la jonque qui vient d'Ac-Koï à leur secours. Le caporal BLANC et les chass^rs INSERGNET, BÉNÉTREAU et Landreau se sont dirigés sur le village annamite de Tra-Cau, où ils sont bien accueillis par un prêtre indigène qui leur fournit les moyens de gagner en rampant le cotre du résident, où se trouve le lieutenant BOHlN, venu au secours du poste du Mon-Kay, dès qu'il avait été averti de l'attaque dirigée par les pirates.

Affaire d*Ao-Ko1.

Le même jour, 27 novembre, les pirates attaquent, vers 4 heures du matin, le fortin d'Ac-Koï, occupé par quinze chasseurs, et y mettent le feu avec des bombes incendiaires. Grâce à la nuit qui est fort obscure, les pirates peuvent arriver en rampant juaqu'i une trentaine de mètres du fortin. Le chasseur DiGOlT, qui est en sentinelle, reçoit une balle qui lui enlève complètement l'œil droit. Malgré cette horrible blessure, le brave DiGOiT donne l'alarme, tue son adversaire, et, couvert de sang, continue à tirer pendant plus de cinq minutes, jusqu'au moment où il tombe épuisé. En même temps, les pirates, au nombre de 4 ou 500, attaquent le poste cantonné dans le village, à 300 mètres environ du fortin. Les chasseurs se portent aux haies de bambous qui entourent les jardins du village et tiennent l'ennemi à distance. Dès que le jour Uiti. Bat ChMt. fl

paraît, le poste prend vigoureusement l'offensive et poursuit les pirates jusqu'à 8 kilomètres d*Ac-Koï| en leur infligeant des pertes sérieuses; quatre drapeaux et vingt prisonniers restent entre nos mains; ceux-ci sont immédiatement passée par les armes.

Le lendemain, à 3 heures du matin, le fortin est attaqué de nouveau, et les Chinois sont repoussés sur les mamelons environnants aprè^ un feu d'une demi-heure. Une autre partie de la bande attaque le poste et parvient, grâce à l'obscurité» à mettre le feu au village, dont on ne peut sauver que deux maisons. Pendant qu'une partie du détachement poursuit l'ennemi, l'autre combat l'incendie et transporte les vivres et le matériel dans le fortin.

Affaire de Song-Phong (enolaTe de Paoklong).

En même temps que ces événements avaient lieu à Ac-KoT et à Mon-Kay, le lieutenant BoHiN, escorté par vingt chasseurs, était attaqué par des réguliers chinois et des pirates au village de Song-Phong, situé à trois heures de marchede Comm Ping. Une lettre du Père missionnaire Grand- Pierre lui avait fait connaître les graves événements qui se passaient à Mon-Kay, et il se disposait i se porter le plus rapidement possible au secours du poste attaqué. A la sortie du village de Song-Phong, le détachement reçoit de toutes parts des coups de fusil, partis des sommets qu'occupent les Chinois, au nombre de 400 environ. Il faut alors avancer en chassant l'ennemi devant soi, de mamelon en mamelon ; la marche se continue ainsi pendant deux heures et demie. Le sergent Ver- GNE enlève, avec 4 chasseurs et i milicien, un mamelon occupé par 30 irréguliers. Pendant le combat, deux chasseurs et un milicien, placés sur la droite, tombent dans une embuscade ; ils te défendent vaillamment; le chasseur BehërE se dégage en tuant ou blessant plusieurs pirates, et, blessé lui-même, parvient i sauver de leurs mains le milicien ; mais l'autre chasseur, CrÊPBT, reste entre les mains des Chinois, malgré les efforts de la petite troupe qui, assaillie de tous côtés, est obligée de l'abandonner* ' Les Chinois se retirent après avoir perdu 21 hommes et en em* portant de nombreux blessés. A 4 heures, les chasseurs arrivent à Comm-Ping, et de là gagnent la baie de Tchouk Sau, où ils s'embarquent sur la cotre de la résidence, qui doit les conduire k Tra- Cau. En route, le cotre recueille le caporal BLANC et ses trois

chasseurs, sans casques, à moitié vêtus et n'ayant plus qu'un seul fusil.

A la suite de ces trois ailaires, le général commandant la division d'occupation cita à Tordre du jour : pour le combat de Song- Phong, le sergent Vergne et les chasseurs BechÈre, Pètrucci, Barbe et Savary; pour la défense de Mon-Kay, lecaporal BLANC, et les chasseurs Haulard, Dupéreaux, Bourreau, Inserguet, Landreau, Bax, Mavet. NÎagaud, Clouze et Cassagne, les quatre derniers ayant été tués; pour Tattaque d'Ac-Koî, le brave chasseur DiGOlT.

Le lo janvier 1887» la 4* compagnie va occuper l'enclave de Packlung.

Pendant les mois de janvier, février et mars, le 11* bataillon de chasseurs dirige de nombreuses reconnaissances dans la direction de la frontière, et poursuit des bandes de pirates réfugiées dans les bois.

Le i"^ avril, le lieutenant DE Mac-Mahon part d'Ac-Koî, i I heure du matin, avec 100 chasseurs, pour cerner une bande qui s'est établie à Tout-Moï. Il trouve le village déjà évacué, et la bande en fuite sur la route de Pac-si. L'avant-garde s'engage sur ce sentier; dès qu'elle arrive dans la montagne, elle est accueillie par des coups de feu tirés à courte distance. Elle se déploie, et, soutenue par le gros de la reconnaissance, se porte à l'assaut d'un petit fortin, que* les Chinois abandonnent après une faible résistance. L'ennemi laisse environ 30 hommes sur le terrain, et abandonne (les fusils, de la poudre et un pavillon; nous avons de notre côté 2 hommes blessés.

Oolonne de Hten-Mô.

En exécution des ordres du générai commandant la division d'occupation, une colonne est organisée & Mon-Kaypour explorer la région qui se trouve au nord-ouest de llaï-Ninh. Le lieutenantcolonel Dugenne prend le commandement de la colonne, qui se compose des i'* et 3* compagnies du 11* bataillon de chasseurs, de deux compagnies de tirailleurs tonkinois, d'une section d'artillerie, d'un détachement du génie et \l'un détachement de pontonniers.

Ix départ a lieu le 30 avril. La colonne s'engage dans la montagne où elle doit suivre des sentiers souvent impraticables, que

le génie est obligé de déblayer ou d'élargir. A maints endroits, les artilleurs doivent décharger les mulets et porter le matériel à bras. La marche du convoi est particulièrement pénible; des coolies tombent dans les ravins avec leur .chargement, qui est complètement perdu. Le 2 mai, Tavant-garde arrive à Tout-MoT, le gros bivouaque à Mai Dzoc. On fait en moyenne deux kilomètres et demi à l'heure, tant la difficulté de la marche est grande. De nombreux arroyos, grossis par les pluiéb, arrêtent à tout moment la marche de la colonne, qui doit construire des ponts pour les traverser, les gués étant impraticables.

Le 8 mai, une reconnaissance, envoyée de Dam-ha sur le chemin de montagne conduisant à Hôan-Mô, apprend au commandant que le gué du Song-Dam-Hâ est impraticable à ce moment; il se décide alors à gagner Hôan-Mô, par Tien-yen, où la colonne arrive le 11 mai. Elle en repart le 14; mais la pluie ne cesse de tomber ; les chemins, défoncés, sont excessivement mauvais, les mulets ne peuvent plus avancer. Pour ajouter i nos maux, le choléra fait son apparition dans la colonne. Le commandant laisse l'artillerie à That-Den, avec une escorte de 50 hommes d'infanterie, puis fait reprendre la marche par Vo-Ngaî et Dang-Tam. On arrive à Hôan-Mô le 17 mai; le lendemain, un détachement reconnaît la porte de Chine de Bag-Cang-Aï. Pendant les journées du 19 et du 20, diverses reconnaissances sont dirigées sur la frontière et sur les routes d'Ac-Koï, de Pack-Siet de Mien-Song. Le 21 mai, la colonne part de Hôan-Mô pour Vo-Ngaï, et parvient le lendemain devant le gué de That-Den, qu'elle ne peut arriver à franchir, malgré les efforts répétés des pontonniers et du génie ; la violence du courant détruit les travaux au fur et à mesure. Le choléra fait de nombreuses victimes au bataillon; chaque étape est marquée par un ou plusieurs décès. Le 26 mai, la pluie ayant cessé, la baisse des eaux commence et la colonne peut franchir l'arroyo dans la soirée; elle rallie au passage la section d'artillerie et son escorte. Le 30 mai, la colonne arrivée Ac-Koî, et, le3i| les compagnies du 11* bataillon s'embarquent sur VAvalanckê et le Casse-Téie, qui les débarquent à Mon-Kay le i*** juin.

Dernières opérationi et rentrée en Franoa dn 11* bataillon

de chasseurs.

Les i'* et 3* compagnies rapportant avec elles le choléra» cam-

pent sur la rive droite de la rivière de Mon-Kay, à hauteur du village d'Haî-Ninh.

Le 5 juin, le commandant Parisot, du 97* de lig^e, prend le commandement du 1 1^ bataillon, en remplacement du commandant PONCET, qui rentre en France. Le nouveau commandant a emmené avec lui 500 hommes de relève, qui sont cantonnés à Mon-Kay; dès le 10 juin, le choléra commence à sévir parmi eux.

Pendant la période du i^ juin au 34 septembre, le 11* protège la commission de délimitation de la frontière, présidée par M. Dillon. Il prend part A un service de garde et de reconnaissances fort chargé , ainsi qu'à des travaux de terrassement, que le climat et la saison rendent très pénibles. Il est cruellement éprouvé par le choléra et par des maladies, qui emportent les sous-lieutenants Chamorin, Petitgrand. La discipline et le moral des chasseurs n'ont pas cessé un instant d*étre excellents au milieu de toutes CCS épreuves.

A partir du i®' octobre, la 4* compagnie fait un service pénible et incessant d'escorte de convois, entre Phu-Lang-Thuong et Lang-Son. Les i'* et la 2* fournissent des escortes à des convois de ravitaillement, et dirigent de nombreuses reconnaissances dans la région de Dap-Cau et des Sept- Pagodes. Le 25 novembre, un peloton de la 3" compagnie dirige une reconnaissance sur Ba-Ké, où des bandes de pirates sont signalées, et rentre à son poste le 3 décembre. I^ 6 décembre, un convoi, destiné au poste de Ba-Ké et escorté par 80 chasseurs de la 3* compag^nie, est attaqué par les pirates ; après une heure et demie de combat, ne pouvant forcer le passage, il rétrograde sur Bang-Ca; le sous-lieutenant BONNE- LET et 43 chasseurs de la 3* vont renforcer l'escorte du convoi, qui arrive à Ba-Ké le 8 décembre.

Le 1 1 décembre, un détachement, composé de 38 chasseurs, sous les ordres de l'adjudant LÊREBOURG, fait partie de l'escorte d'un convoi à destination de Ba-Ké. Le convoi est attaqué à 10 h. 1/3 du matin, à la traversée des 2* et 3* gués du N'goT-Lao. L'ennemi, dont la fusillade est très vive , se cache dans les bois et attaque simultanément l'avant-garde et l'arrière-garde. L'escorte riposte par un (eu nourri, et maintient les pirates à bonne distance. Le convoi passe, et arrive le 12 à Ba-Ké.

l/> 4 janvier 1888, un détachement de la 3* compagnie, sous les ordres du lieutenant DE Mac-Mahon, prend part à une forte reconnaissance dirigée sur Dong-Ban. Des barricades, défendues énergique ment par les pirates, ne sont enlevées qu'après trois

assauts successifs; le chasseur Bader est blessé i l'un de cet assauts. Le i8 janvier, le chasseur QUEVENNE est mortellemeat blessé dans une reconnaissance.

Le II' bataillon, sur le point d'âtre rapatrié, va se concentrer aux Sept-Pagodes, bii il doit purger une quarantaine ilc liult jours. Le 21 février, il s'embarque à Haïphong sur VAmériçue, qui lève l'ancre à s heures du soir, i destination de France. 11 laissait sur cette terre lointaine 2 de ses ofRciera et 364 hommes tués au feu ou morts de maladie.

Après une traversée de 39 jours, il débarquait h. Toulon, à l'elfectif de 10 oFBciers et 565 hommes. La population touloanaise fit uD accueil enthousiaste au vaillant 11* bataillon de chasseurs à pied, qui venait de donner, pendant ces trois années de campagnes, de si belles preuves de sa bravoure, de son abnégation et de son solide esprit de discipline, qui ont permise ses chasseurs de supporter sans une plainte, sans un murmure, les fatigues les plus pénibles, les maladies les plus cruelles et les luttes continuelles auxquelles ils furent soumis.

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