‹ Les Châteaux Royaux de Saint-Germain-en-Laye 1124-1789Chapitre 40 sur 69 · V» ÉCURIE · texte numérisé non relu

V» ÉCURIE

(Grosse affaire à une époque où aucun moyen de transport n’existait pratiquement, faute de routes).

4 écuyers.

Rogier, pour le Roi. Denise, pour le commun.

Pierre Gencien et un autre pour acheter les chevaux. Chacun d’eux a 2 chevaux et 2 valets.

2 maréchaux, plus 1 valet pour eux deux. 3 valets de /orge, plus I valet pour leurs chevaux. 4 valets des étables (?) valets du commun, à 2 chevaux chacun.

/ bourrelier.

1 clerc de l écurie (teneur des comptes).

VI° FOURRIÈRE (Fournitures diverses)

2 fourriers: Colins et Guilloz de Pontoise. Chacun une provende, 12 deniers et 100 sols d’habillement par an.

/ charretier du Roi, avec 5 chevaux, 8 sols 4 d. par jour pour le tout.

2 huissiers de salle: ont 2 sols dégagés et 1 valet mangeant à la cour; 1 torche et 8 menues chandelles ; 100 sols de robe par an ; ferrage pour leurs 2 chevaux. Ne doivent être envoyés nulle part en message.

3 portiers: 6 d. par jour; 1 provende; 1 valet; 40 sols d’habillements; indemnité pour 1 cheval.

3 valets de porte: sans chevaux, sans gages, mangent à la cour; 60 sols d’habillement par an.

Ici se termine notre promenade chez les humbles du service de la cour. On a dû remarquer ce méli-mélo de métiers indispensables à la vie quotidienne. On ne trouve rien au dehors, on est obligé à tout avoir chez soi sous la main. Quand la caravane s’ébranlait, l’effet devait être irrésistiblement drôle: un peu celui d’un cirque en déplacement de tournée. Car, si à demeure il fallait tout fabriquer ou réparer sur place dans le château, à fortiori fallait-il déplacer tout ce personnel manouvrier lorsqu’on « muait hostel (1) » comme disait saint Louis. Ne rions pas outre mesure, ces temps ne sont pas aussi loin de nous qu’ils le paraissent, c’était en 1285, et néanmoins depuis plusieurs milliers d’années, autre part la civilisation avait connu des raffinements inconnus de nous encore à l’heure actuelle.

(1) Changeait de séjour.

RÈGNE DE PHILIPPE IV LE BEL

Par un certain côté, cette organisation rudimentaire de « camp volant » explique la facilité avec laquelle on se préparait à une croisade en Terre sainte. Ce n’était qu une plus grande chevauchée, au loin, en pays inconnu, avec espoir de butin et de gloriole satisfaite: la mort n’entrait pas en ligne de compte.

Quittons notre maistre de l’hostel et allons rendre visite au maistre de la chambre aux deniers (le trésorier-payeur général du moment). Il pourra nous servir de guide muet en nous laissant feuilleter ses listes d’émargement et nous y lirons ce qui va suivre :

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