IL NOTAIRES
Nicolas de Chartres et Robert de la Marche, chacun 2 provendes; 12 d. dégagés; 1 valet à la cour ; 1 valet à gages ; ferrage et chandelle.
(1) Ce service à tour de rôle recevra son complet développement sous François Iur. Nous donnons tous ces détails pour faciliter la comparaison de règne en règne, et faire passer sous les yeux la vie vraie vécue au château et non la vie factice poétisée ou dramatisée par les historiens romanesques qui ne voient l’histoire qu’au travers d'un tamis littéraire.
LE CHATEAU DES CAPÉTIENS
Geffroy Gorguz et Jehans de Dijon ensemble: 3 chevaux ; 18 d. par jour ; 3 provendes ;
3 valets à cour ; 1 valet à gages ; ferrage et chandelle.
Six autres aux mêmes conditions quand ils servaient: Jehan Bequet, Guillaume d’Arecieil, Pierre Renes, Guillaume de Nogent, Jehan Mallure, Jehan le Picars.
Maître Gefrois du Temple: 2 sols de gages; 3 provendes; 1 valet à cour; 3 valets à gages; ferrage; indemnité et chandelle.
Maître Aleaumes de Silly ; 18 d. de gages ; 3 provendes ; 1 valet à cour ; 2 valets à gages ; ferrage restor (?) (entretien); chandelle.
Maître Symons : 12 d. de gages ; 2 provendes ; 1 valet à cour; 2 valets à gages ; ferrage ; restor; chandelle.
Maître Pierre de Condé (1), chef de la comptabilité: 3 provendes pour lui et le sommier de ses écrits ; 18 d,. pour foin et literie; 1 valet à cour ; 2 valets à gages ; ferrage ; restor et chandelle.
Maître Pierre de Mauloe: 1 provende; G d. de gages; 1 valet à cour.
3 chapelains: chacun 6 d. de gages ; 2 provendes ; 1 valet à cour et 1 à gages.
2 clercs de chapelle (ensemble) : 18 d. de gages; 3 provendes ; 1 valet à cour; 2 valets à gages.
2 fisiciens (médecins): Maître Fouques de la Charité, auprès de la Reine: 18 d. de gages; 3 provendes; 1 valet à cour; 1 à gages; ferrage; restor et chandelle. — Maître Eudes, auprès du Roi : même situation.
13 clercs de conseil: aucun ne mange à la cour. Chacun reçoit 5 sols de gages quand il siège à la Cour ou au Parlement, et ils reçoivent une indemnité d’habillement, ou même des habillements quand ils paraissent aux fêtes, galas, etc...
3 autres clercs pour entendre les causes à la porte du Roi.
V aumôsnier : 2 sols 6 d. de gages; 5 provendes; 1 valet à cour et 12 L. pour habillements par an.
2 chirurgiens.
2 portiers.
Le Roi des Ribauds, officier de police montant la garde autour de l'hôtel : 6 sols de gages ; 1 provende ; 1 valet à gages ; 60 sols de robe par an.
Le chauffecire ? (Voilà un office nécessaire !) : 3 d. de gages ; 1 provende ; 1 valet à cour ; 40 sols de robe par an.
/ messager à cheval: mange à cour; 3 d. de gages; 1 provende ; 10 sols d'indemnité (de voyage sans doute?).
2 messagers à pied: 3 d. de gages; 10 suis par robe ; mangent à cour.
{Le passeur de Veau à Paris: 2 sols par jour quand le roi passera).
i l) Déjà connu sous Philippe III, on s’en souvient. Cet usage bien extraordinaire de livraisons en nature a duré très tard puisque sous François Ier, Guillaume de Beaune, seigneur baron de Seinblancay (qui fut pendu à Montfaucon) signait encore le 1er janvier 1516 (n. s.) une quittance de 20 L. tournois pour ses droits de : chappeaux, gans, torches, bougies, selon le droit de son office de général des Finances ! On en trouve encore sous Louis XIV.
RÈGNE DE PHILIPPE IV LE BEL
Maçon: Mc Eudes de Monstereul (1). Serait-ce le petit-fils de Pierre de Montreuil, architecte, maçon, maître des œuvre supposés de la chapelle de saint Louis de notre château (?) : 4 sols de gages; 100 sols pour robe; ferrage et restor de 2 chevaux; mange à cour.
Charpentier : Mc Richart, même situation que Mc Eudes, maçon.
Enfin nous arrivons à la gent chasseresse, si nécessaire à cette époque pour le ravitaillement de la table du maître et de ses commensaux habituels.
Le Furetier : 18 d. de gages ; 60 sols pour sa robe et celle de ses aides ; 20 sols pour ses filets et réseaux ; mange à cour quand il y vient.
L’Oiseleur : 12 d. de gages ; 40 sols pour robe ; 12 sols pour ses retz ; mange à cour quand il y vient.
Le Lou relier : suivant les lettres du roi (situation particulière de gratifications).
(i Fauconniers : à 2 s. 5 d. pour toutes choses; ne mangent pas à cour. Indemnité de cheval, 14 L. et 100 sols de rohe.
.1 Veneurs : à 3 d. de gages ; 100 sols de robe; 17 sols pour bottes et haches; 14 L. pour indemnité de cheval.
Valets de chiens: 6 d. de gages ; 100 sols de robe ; mangent à la cour.
2 Archers: 2 sols de gages : 100 sols pour robe. Le maître aura 14 L. d’indemnité de cheval ; le second, 8 L. seulement.
6 autres valets de chiens : à 6 d. par jour.
2 autres valets de chiens : ensemble 16 deniers.
12 chiens pour la chasse coûtant 12 d. par jour.
On ne peut pas contester que voilà une maison bien montée en serviteurs. Mais les services répondaient-ils en qualité à leur quantité, et coûtant les yeux de la tète au monarque, c’est-à-dire au brave peuple des campagnes? Laissons la question sans réponse.
Nous pourrions, encore pendant des pages, multiplier les détails complémentaires ; nous nous bornerons aux suivants, pris dans le nombre de ceux qui nous semblent typiques du caractère de cette société singulière et si mélangée.
« Gencien achètera tous les draps et fourrures pour le roi et la reine; il gardera les clefs des armoires; tiendra les comptes d’entrée et de sortie. »
« Défense à qui que ce soit de manger en sa chambre ni d’avoir viande hors de salle. »
« Toutes les femmes seront ôtées de l’hôtel du Roi qui n’y auront point de service ».
(Louis XIV, dauphin dans la maison, aurait fait la grimace en lisant cet article).
« Quand on crie << Aux queux » on videra toutes les chambres et garderobes, en la manière qu’il a été commandé autrefois, et n’y resteront que ceux |qui doivent y demeurer en droit. » Ceux « mangeant à cour. »
Cet usage s’est perpétué sous les règnes suivants. Au cri de «• Aux queux », c’est-àdire « Aux maîtres d’hôtel », tout l’hôtel devait se vider de ceux qui n’avaient pas le droit de « manger à cour » et la faction de garde était impitoyable.
(1) Voir aux P. J. Comptes de 1285. Odo de Musterolo: pro operihus Longi Campi.
LE CHATEAU DES CAPÉTIENS
Les autres comptes du règne de Philippe IV nous font entrer dans le vif de la question sociale du temps — pour les grands, s’entend — car des humbles, on ne sait rien, si ce n’est que c’étaient des bipèdes à face humaine attachés à la glèbe, créés et mis au monde pour procurer à d’autres ce qui leur était refusé à euxmêmes.
Les comptes de Jehan de Saint-Just (1), pour 1301, contiennent quelques noms de gens de Saint-Germain.
Ceux de 1307, par Michel de Bourdennes (2), ont trait aux dépenses somptuaires, habillements, etc., du Roi, de Louis, son üls aîné; de Madame de Navarre et ses compagnes.
Il faudrait tout citer pour montrer à quel degré de luxe extérieur on vivait.
Ceux de 1308 (3), sur tablettes de cire, rentrent dans la catégorie des comptes de 1285, (comptes de Pierre de Condé), Saint-Germain y paraît cinq fois pour des dons quelconques.
Le dernier compte du règne est celui de l’hôtel de Monseigneur de Poictiers, (fils de Philippe le Bel), celui qui fut, un jour prochain, Philippe Y le Long. Ce Monseigneur de Poitiers annonce un Valois de bonne race, vivant, jouant, faisant des dettes et les payant au besoin après emprunt. C’est par ces menus faits qu’il entra dans notre histoire. Saint Louis y était entré en construisant la chapelle du château !
§ III
Louis X, le Hutin
roi, le 29 Novembre 1314 — mort, le 5 Juin 1316.
Louis X ouvre la série de trois règnes très courts, bien connus dans l’histoire générale pour être presque nuis.
Que peut-on espérer glaner dans les dix-neuf mois et demi du règne de Louis X? A peine quelques séjours:
En 1315: en mars, avril, octobre (le 19 surtout);
En 1316 : les 10 et 17 mai.
Pour 1315, un manuscrit appartenant à la Bibliothèque municipale de la Ville, nous apprend la convocation, à Saint-Germain, d’une assemblée de notables à l’effet d’élaborer un règlement général pour la police du royaume. On sait ce que valent ces assemblées, même de nos jours, pour se douter de ce qu’elles valaient autrefois, alors que tant d’intérêts allaient se trouver lésés forcément, puisque les abus venaient des Grands, et que les Grands ne pouvaient décemment reconnaître qu’ils commettaient des abus : le voisin, oui; mais soi, jamais?
(1) Rec. Hist. de Gaule el Fr., XXII : pp. 503, 510, 520, 526, 529, 543.
(2) Leber. T. XIX, p. 37 et 49.
(3) Rec. Uist. de Gaule el Fr., XXII : pp. 555, 557, 558, 560, 561.