avril
septembre ;
en septeml
lire
en novembre
27, 29janv
mars ;
et avril ;
1341 : en janvier, mars avril; le
28 mai ;
1342 : en janvier, avril et octobre; 1343: en octobre; les 3 et 5 novembre ;
1344 : 4-30 avril ; 29 septembre ; 1346 : le 18 avril.
A Joyenval : 1331, août; 1343,
22 février; 1344, 21 septembre (2).
De ces séjours, qu’est-il résulté pour Saint-Germain? On ne le voit pas bien clairement. Les dates des actes signés sont bonnes à noter dans un catalogue memento, mais ces actes n’intéressent pas le château: ils ont rapport à des faits d’administration générale qui ne nous touchent nullement.
Infiniment plus attirants sont les menus détails concernant les actions ordinaires révélant à nos yeux le monarque comme un contemporain que nous sentirions vivre à quelques pas de nous dans la demeure seigneuriale.
En cette année 1328, on trouve dans nos Archives nationales deux documents privés : la lettre de Philippe de Valois réglant Vassiette de terre de la reine Jeanne de Bourgogne, assez chichement traitée (3), et l' inventaire des biens de la / eue reine Clémence de Hongrie (4), veuve de Louis X, décédée au Temple, à Paris, le jeudi 13 octobre 1328. Du premier, nous n’avons cure; mais nous retiendrons le second, tant à cause de quelques mentions de Saint-Germain que de l’intérêt artistique qu’il présente.
L inventaire fut fait dès le 18 octobre et, parmi les exécuteurs parlementaires, on relève le nom de Guillaume de Fourqueux, un très ancien voisin.
Ce sont d’abord les bijoux, joyaux et pierres précieuses, en grande partie rachetés par le Roy, et parmi ceux-ci « deux bagues montées: l'une, de 4 saphirs {S carrés et
(1) Le ber, XIX, 74.
(2) D’après J. Viard, Documents parisiens du règne de Philippe de Valois. J. Tardif, Carions des Pois. Douet d’Arcq, Nouveau recueil des comptes de l'argenterie.
(3) Leber, XIX, pp. 75-78.
(4) Douet d’Arcq, Nouveau recueil des comptes de l’argenterie, pp. 37-112. Clémence de Hongrie, deuxième femme de Louis X, mariée le 19 août 1315, couronnée le 24. — Testament le 5 octobre 1328, au temple, que Philippe le Long, son beau-fils, lui avait donné le 15 août 1317, en échange du château de Vincennes.
LE CHATEAU DES CAPÉTIENS
un cabochon); Vautre, de 3 saphirs et une turquoise » qui lui furent livrées à Saint-Germain (1) le même jour, 18 octobre 1328.
Un autre article fut livré à M. de Beaumont, à Saint-Germain, le 23 octobre, à titre de legs testamentaire « un fermait à une g rosse émeraude, A rubis battais, A petites émeraudes et 16 perles (2) ». C’est tout pour Saint-Germain.
Puis ce sont les mille et un bibelots de prix, auxquels la femme attache un souvenir qui en rend la valeur inestimable à ses yeux: chapelets, reliquaires, bijoux non montés, etc.
La vaisselle d’argent figure ensuite avec de nombreux spécimens d’orfèvrerie représentant un luxe de table dont l’inventaire de Charles V montrera toute la magnificence.
Enfin, ce sont les deux bibliothèques de la feue reine: 1° Livres de chapelle, en très beau conditionnement, quelques-uns à miniatures; 2° Roumans, c’est-à-dire livres de lecture de toute sorte par opposition aux livres de piété.
La liste n’en est pas longue; en revanche, c’est d’un éclectisme obligé par la rareté même de toute littérature subordonnée à des copies coûteuses. On y trouve pêle-mêle 21 ouvrages (3):
Les Fables d’Ovide ramoiées?... (4) à moralité de Jliesu Crist (50 L. p., vendu au Roy).
Un grant rouman... à 17 ystoires (miniatures), intitulé: l’anemallat ans juys (l'almanach aux Juifs).
Des enfants Ogier. 1
De la Penlhère (?) 1
De la Trinité.
Romans de la Rose. L’ Advocacie Nostre-Dame. La Penlhère (2e fois). La Bible en François (2 vol.). La Vie des Saints. De regimine principium (6). La Conqueste de Résilie (T). Casse Brulé. Les VU Sages et Ysopet. Institute, en français. Le reclus de Maliens. Un petit livret en français et en anglais. La Vie des Pères et de Ralaham et de Josaphat. Un Summate, code français. Un rouman de Chançons noté.
Si Marie de Brabant (8) était une lettrée — au dire des contemporains — il y a lieu de penser que sa bibliothèque était mieux garnie que celle de sa petite bellefdle.
1) Douet, articles 5 et G de l’inventaire (p. 39).
(2) Idem, p. 41. n° 20.
(3) Cf. Douet, Ouv. cité, pp. 63-64.
(4) Le mot « ramoié » n’existe ni dans Du Gange, ni dans la Curne de Sainte Palaye.
(5) Veuve (et 3e femme) de Charles IV le Bel.
(6) « Du gouvernement des princes », ouvrage célèbre à l'époque.
(7) La conquête de Sicile.
(8) Grand'mère de Philippe VI.
RÈGNE DE PHILIPPE VI, DE VALOIS
A la suite, vient la lingerie des chapelles: très riche en général. Puis, l'inventaire des Robes Madame. C’est la répétition en grand des luxueux accoutrements dont on a rappelé quelques traits au moment du sacre de Philippe V et Jeanne de Bourgogne, le 9 janvier 1317, à Reims.
La suite de l’inventaire se déroule sans interruption et sans en excepter le dernier des derniers objets ou ustensiles de ménage. Il y a là des documents de premier ordre pour une reconstitution d’un intérieur bourgeois peu cossu (1). Enfin, c’est l’inventaire annexe des propriétés de la campagne, fermes, etc., et l’on a peine à s’imaginer quelle pauvreté cela représente. Il est vrai que, au début du XIVe siècle, ferme royale, ferme bourgeoise ou paysanne devaient singulièrement se ressembler: l’outillage agricole était digne des ancêtres de l'âge du fer. Le mobilier d’habitation est lamentable et les exécuteurs testamentaires ne font pas grâce d’une botte de poireaux (v. art. 683), non plus que des créances de Madame sur un Pierre le Convers resté débiteur de 8 livres de noix et 1 livre de poivre, ci: 29 sols parisis.
Cela témoigne de la conscience apportée à bien faire le travail (2) qui, au total, accusait: 21.082 L. 14 s. 11 d. lesquels, au cours de 100 L. par. = 8.250 L. t., font en monnaie actuelle (pouvoir d’achat) 1.739.326 fcs 52 es.
On trouve deux autres mentions de Saint-Germain-en-Laye dans les comptes du tailleur de Philippe VI, un certain Lucas le Borgne (3). Il est question de robes pour la Reine et pour le Roi, portées à la Chandeleur et en Carême, à Saint-Germain, en 1341. Ici encore on acquiert la certitude que le tailleur du Roi ou de la Reine ne limitait pas 1 exercice de sa profession à être tailleur d’habits, mais qu’il faisait également olïice de tapissier à l’occasion; c’était en somme un façonnier d’étoffes. Un autre enseignement se dégage des libellés enfantins qui forment le fond de ces comptes. C’est une indication que les saisons étaient infiniment plus tranchées (4) que de nos jours, et les habitations nécessairement plus froides, car notre système de chauffage est tout moderne. Tous les vêtements sont fourrés de menu vair, même les brassières de nuit, dont le détail est donné dans les extraits des travaux de Lucas le Borgne ayant rapport à l’habillement des enfants « nos jeunes seigneurs » comme il les appelle.
(1) V. l’article 579, p. 95. « Un grant roumant vieil, de plusieurs ijstoires » non prisé, non vendu « quar il est moult gasté ». Qui sait s'il ne trône pas aujourd’hui comme objet d’art de haute valeur chez un François Gaboussat quelconque du théâtre du feu Labiche?
(2) On a même inventorié les poissons qui sont en l’es tan g de Mourcienl! Vendus au Roi, à forfait pour 800 L. p. Gela laisse à penser comment on traitait les mécréants, alors que le Roi n’échappait pas aux griffes aiguës et crochues du fisc.
(4) Sous Louis XIV encore on trouve, par exemple, et cela chaque année, des frais de cassage de la glace au pont du Pecq amont et aval, pour emplir les glacières du Boulingrin du château.
LE CHATEAU DES CAPÉTIENS
Les comptes de Draps d’or, et ceux d’Edouart Tadelin, de Lacques, pour 1342, font défiler devant nos yeux une richesse inouïe d’étoffes plus belles les unes que les autres et cela éveille une autre pensée plus triste au regard de l’insouciance de toute cette cour, viveuse au jour le jour, que l’invasion anglaise de 1346 va ramener aux réalités pressantes d’une défense opiniâtre, hélas inutile malgré l’héroïsme déployé en maintes circonstances.
Nous touchons, en effet, à ce moment tragique de l’histoire de notre ville.
Nous l’avons vue naître dans son modeste prieuré de Saint-Germain accolé d’une chapelle servant d’église, bien pauvre en revenus, alors que toute la contrée environnante est déjà occupée par des cultures diverses. Elle est seule sur les confins de la forêt de Leia. Les rois la protègent, un d’entre eux édifie le château féodal, Louis VI, et, après un siècle écoulé, saint Louis agrandit le château pour enchâsser sa chapelle ogivale. C’est dans cette demeure que ses lîls et petit-fils, jusqu a la quatrième génération, viendront s’abriter; mais, la fatalité pèsera sur les arrière-petitsfils, Louis X, Philippe V, Charles IV, à croire que les temps sont révolus où une nouvelle société doit apparaître. Elle débute mal cette société luxueuse et pervertie, objet d’envie pour ses voisins moins fortunés, et l’Anglais, toujours a 1 allât, se chargera d’arrêter cette joie scandaleuse, en mettant la main sur les richesses qui l’ont